Quand la logistique s’invite dans les centres hospitaliers

Le 1er janvier 2011, la législation française imposera à la chaîne du médicament de nouvelles normes en matière de traçabilité. Un bouleversement pour les professionnels de la santé, qui devront s’organiser et revoir leurs systèmes d’information.

Le 1er janvier 2011, la législation française imposera à la chaîne du médicament de nouvelles normes en matière de traçabilité. Un bouleversement pour les professionnels de la santé, qui devront s’organiser et revoir leurs systèmes d’information afin de répondre à cette obligation réglementaire. Une opportunité également pour les centres hospitaliers d’intégrer les bonnes pratiques logistiques qui ont fait leurs preuves dans d’autres secteurs, d’adopter les dernières avancées technologiques et de gagner ainsi en productivité et en qualité de soins pour leurs patients.

Un code CIP qui passe de 7 à 13 chiffres, l'intégration des données relatives aux numéros de lots et aux dates de péremption, l'adoption du marquage 2D Datamatrix et l'amélioration de la transmission des données : de l'industriel à l'officine, c'est la gestion de toute la chaîne logistique du médicament qui devra être modifiée dès janvier 2011, avec la nouvelle législation française sur la traçabilité des médicaments.
 
Garants de l'identification, de la capture, de la transmission et de l'archivage des données, le matériel informatique et les systèmes d'information des professionnels de la santé devront naturellement évoluer. Pour les centres hospitaliers, qui, au-delà des médicaments, gèrent également les flux physiques et associés de quantités d'autres produits (draps, couches, produits alimentaires, dispositifs médicaux, etc.), c'est une occasion de revoir l'organisation et les technologies de la chaîne logistique toute entière.
 
Certains centres, comme le CHU de Nantes ou celui de Strasbourg, ont d'ores et déjà entamé cette révolution. A l'image de ce que l'ont peut trouver dans les secteurs de l'industrie ou de la grande distribution, la fonction logistique y a été décloisonnée. Avec la création de pôles logistiques transversaux, il s'agit de mutualiser les moyens matériels et humains. Mais aussi de permettre aux unités de soins de se concentrer sur leur cœur de métier et de laisser les tâches logistiques qui ne devraient pas leur incomber, comme la gestion des stocks, des inventaires ou des commandes, à d'autres professionnels.
 
Cette refonte de la chaîne logistique peut et doit aller au-delà d'une simple réorganisation. Vocal, traçabilité, géolocalisation, RFID : les technologies appliquées à la logistique ont connu de réelles avancées ces dernières années et ont aussi toute leur place en milieu hospitalier. Les outils de traçabilité, par exemple, permettent de suivre le parcours d'un médicament jusqu'à son patient et de fiabiliser ainsi les prescriptions. Avec une meilleure gestion des flux propres/sales, c'est la sécurité sanitaire de l'hôpital qui est améliorée. Ou encore, grâce à la géolocalisation, il est plus facile de connaître l'emplacement exact de n'importe quel matériel hospitalier, comme le défibrillateur le plus proche en cas d'urgence, par exemple.
 
Les bonnes pratiques et technologies logistiques de l'industrie et de la grande distribution ne peuvent qu'être source de bénéfices lorsqu'appliquées dans les centres hospitaliers. En fiabilisant et en optimisant leurs réapprovisionnements, leurs stocks, la préparations de leurs commandes, leurs livraisons, etc., ils améliorent naturellement leur productivité et, de fait, font des économies financières substantielles. Mais là où l'enjeu devient vraiment de taille, c'est lorsque ces mêmes bonnes pratiques et technologies permettent d'accéder à une qualité de soins supérieure aux patients.
 
Si les solutions logistiques sont aujourd'hui matures, elles nécessitent des équipements, comme le Wi-fi, qui n'ont que récemment été installés dans les hôpitaux. C'est un marché nouveau, toutes les applications au service des patients restent à imaginer.

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