Comment évaluer le coût de mise en oeuvre d'une solution VDI ?

La virtualisation devenant de plus en plus pervasive, l'envie est forte de pousser ses postes dans les nuages et de choisir des solutions de type VDI. Comment évaluer l'étendue de ces projets, en intégrant les coûts initiaux et ceux liés à l’évolutivité des besoins des utilisateurs.

    

Une maquette ne permet pas toujours de déterminer avec précision le véritable coût  de l’introduction d’une nouvelle solution en environnement de production. Étant donnés les nombreux composants évolutifs et coûteux exigés par la mise en œuvre d’une solution VDI, il y a de fortes probabilités d’aboutir à une complexité importante et à des coûts d’infrastructure étonnamment élevés.
Lorsque vous choisissez une solution VDI, assurez-vous d‘avoir un entretien poussé avec votre fournisseur afin de comprendre parfaitement les coûts réels de mise en œuvre du produit proposé, lors de sa mise en place mais également dans la durée. Votre fournisseur devra être capable de vous fournir des données chiffrées précises, obtenues à partir d’un calculateur de coût total de possession et de retour sur investissement. Même si ces données demeureront toujours des estimations sans aucune garantie, elles vous fourniront une information précieuse qui vous aidera à comparer les différentes solutions envisagées et à faire le bon choix.

Le processus d’estimation des coûts devra intégrer les domaines suivants :

* Serveurs hôtes de postes virtuels Combien de serveurs seront nécessaires à l’exécution des postes virtuels destinés aux utilisateurs ? Ce calcul est très simple et se base sur le nombre de machines virtuelles pouvant être exécutées sur chaque hôte et sur le nombre total d'utilisateurs dans un environnement donné. Demandez à votre fournisseur un guide de dimensionnement comprenant des recommandations de densité en fonction des types de postes virtuels que vous prévoyez d’utiliser (postes destinés à des utilisateurs standards utilisant essentiellement des applications bureautiques de base, postes destinés à des utilisateurs expérimentés ayant besoin de capacités graphiques poussées, etc.).
* Stockage
. Si la solution en cours d’évaluation exige du stockage partagé (stockage SAN, par exemple), il sera nécessaire d’estimer le coût à la fois le coût de ce stockage SAN et des liaisons haut-débit généralement indispensables à l'utilisation de ces ressources en production. Ces solutions peuvent s’avérer relativement coûteuses et génèrent des implications en termes d’évolutivité. Lorsque le nombre et les besoins des utilisateurs évoluent, il faudra ajouter non seulement de nouvelles ressources de stockage, mais également augmenter le débit des liaisons afin de prendre en compte divers facteurs comme le risque de « boot storm ».  Au contraire, une solution s’appuyant sur un stockage DAS standard se révèlera bien moins coûteuse, à la fois à l’achat et dans la durée. Si vous optez pour ce dernier type de solution, assurez-vous qu’elle demeurera capable de garantir la haute disponibilité afin que vos utilisateurs bénéficient d’une continuité de service en cas de défaillance d’un serveur.
* Serveurs de gestion
. Les architectures VDI traditionnelles imposent à l’entreprise d’installer des gestionnaires de connexions, des serveurs de provisioning, des répartiteurs de charges et parfois même des serveurs SQL clusterisés. Déterminez avec votre fournisseur combien de serveurs seront nécessaires au fonctionnement de ces différents composants et intégrer leur coût à votre estimation. Vous devrez également prendre en compte le coût des licences logicielles Microsoft ou autres indispensables à l’utilisation de ces serveurs.

Une façon astucieuse d’éviter ces coûts consiste à baser votre environnement VDI sur une architecture « shared nothing », qui rend inutile l'emploi de serveurs de gestion (et de stockage SAN). Ainsi, par exemple, l’appliance logicielle Citrix VDI-in-a-Box intègre à la fois la gestion des connexions, le provisioning des postes, la répartition des charges et la gestion des profils utilisateur, et permet aux utilisateurs de se connecter à une grille hautement disponible de serveurs assurant automatiquement la répartition des charges. Les serveurs hôtes des postes virtuels sont l’unique chose dont vous avez besoin.
* Haute disponibilité
. Souvent oubliée dans les maquettes, la haute disponibilité est pourtant un élément critique de tout environnement VDI devant renforcer la disponibilité et s'assurer que les utilisateurs conservent en permanence l’accès à leurs postes virtuels. Comme précisé dans notre dernier article, une solution VDI qui ne garantit pas clés en main la haute disponibilité vous obligera tôt ou tard à reconcevoir l’architecture de votre environnement (lorsque vous souhaiterez le faire évoluer) pour disposer de gestionnaires de connexions, de serveurs de provisioning, de liaisons haut-débit et de répartiteurs de charges  redondants. L’architecture « shared nothing » mentionnée précédemment permet de maintenir la haute disponibilité au gré de l’évolution et du développement de votre environnement, sans qu’il ne soit besoin d’ajouter de nouveaux composants, ce qui réduit à la fois les coûts et la complexité.
* Coûts d’évolution
Faire évoluer une architecture VDI traditionnelle signifie tout simplement ajouter de nouveaux hôtes de postes virtuels. Et ajouter de façon proportionnelle les différents composants garantissant au déploiement un fonctionnement optimal. Si votre solution VDI s’appuie sur un stockage partagé, la faire évoluer pourra créer des goulots d’étranglement de type « boot storm », par exemple, qui ne pourront être supprimés que par l’emploi de surcapacités associées à des liaisons haut-débit et à des ressources SAN haut de gamme.

Privilégiez plutôt une solution capable d’évoluer de façon rentable étape par étape. Une solution s’appuyant sur une architecture tout-en-un rendant inutile l’emploi de composants distincts (serveurs de connexions, serveurs de gestion et groupes de ressources de stockage partagé) éliminera du même coup les goulots d’étranglement qui ralentissent les architectures VDI traditionnelles. De fait, l’environnement pourra évoluer par étape, de façon moins coûteuse, sans qu’il ne soit nécessaire de reconcevoir l’architecture de la solution pour garantir des performances optimales.
* Licences Microsoft
. Fournir aux utilisateurs des postes virtuels Windows implique l’utilisation de licences Microsoft VDA. Ces licences sont gratuites pour les clients Microsoft bénéficiant du programme Software Assurance. Pour les autres, il faudra donc inclure les coûts correspondants à l’estimation. Il n’est pas nécessaire de dissocier les licences Windows, les licences Microsoft VDA permettant l’accès à Windows. Avec une solution VDI traditionnelle, les utilisateurs auront parfois également besoin de licences Microsoft Windows Server pour les serveurs hébergeant les composants destinés à la gestion. Une solution intégrée à un boîtier unique rend ce besoin inutile.
* Périphériques de connexion
. Le coût des périphériques d’accès peut être nul dans votre estimation si vous réutilisez d’anciens PC ou si vous mettez en place un programme de type BYO. Le coût des périphériques de connexion à intégrer à votre estimation commencera à croître à partir du moment où vous souhaiterez fournir à chaque utilisateur un client léger, une tablette ou tout autre nouveau périphérique. Une stratégie couramment adoptée par les PME consiste à réutiliser les postes de travail existants et à les remplacer progressivement lorsqu’ils arrivent en fin de vie ou deviennent obsolètes. Privilégiez les logiciels permettant de transformer un PC existant en client léger verrouillé. Voila une façon rentable de débuter avec les postes virtuels. Quelle que soit l’approche que vous privilégierez, le coût des périphériques est un élément important que vous devrez impérativement intégrer à votre estimation et calculer soigneusement.
* Gestion
Outre les différents composants mentionnés précédemment, n’oubliez pas de prendre en compte le temps et les ressources qui seront nécessaires au déploiement des postes virtuels en environnement de production. Rappelez-vous que plus le nombre de composants de la solution sera élevé, plus la complexité de l’architecture, le nombre de points de défaillance potentiels et le temps de diagnostic et de dépannage seront importants. Afin d’installer et de gérer des architectures particulièrement complexes, il pourra s’avérer également nécessaire de recruter du personnel supplémentaire, bénéficiant de compétences spécialisées.

En conclusion, un environnement VDI présente des avantages énormes, mais il peut également générer des coûts considérables, à la fois lors de l’achat et dans la durée.  Pour vous garantir un solide retour sur investissement, procédez impérativement à une analyse poussée des coûts, posez les questions qui font mal à chacun de vos fournisseurs potentiels et privilégiez la solution la plus rentable.

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