Les entreprises devraient-elles renoncer aux bandes ?

Souvenez-vous du début des années 2000 : si le serveur de messagerie tombait, il était possible de réaliser de nombreuses tâches métiers critiques en attendant la restauration du service. Aujourd’hui : l’absence d’accès au mail paralyserait la plupart des entreprises.

Les responsables informatiques d’aujourd’hui font l’objet d’une pression accrue pour fournir une qualité et une continuité de service totales et garantir que les employés ne vont pas tourner en rond parce que l’informatique est tombée et qu’ils ne peuvent plus accomplir leurs missions. L’exigence d’une disponibilité de service continue est maximale. Et cela n’a pas seulement ramené au premier plan le sujet de la sauvegarde et de la restauration ; cela a conduit à la transition des stratégies de protection des données des bandes aux disques.
Aujourd’hui, les organisations génèrent plus de données que jamais. Une part toujours plus importante de ces données est considérée comme critique – jusqu’à 50 % selon les analystes. Selon une récente étude du cabinet d’analystes ESG, 53 % des organisations ne peuvent pas tolérer plus d’une heure d’indisponibilité de leurs données critiques avant que leurs activités soient significativement pénalisées, y compris financièrement.
Alors que les organisations ont migré vers le numérique pour la conduite de leurs activités, beaucoup sont devenues plus dépendantes de leur capacité à accéder et à gérer leurs données. Les objectifs de délais de restauration des données n’en sont devenus que plus agressifs.
Le paradigme de la protection des données n’est plus la seule restauration des données, c’est le rétablissement des activités. Et si les bandes ont traditionnellement bien répondu au besoin de restauration des données, elles ne sont pas aussi efficaces lorsqu’il s’agit de restaurer les données, les applications critiques, les bases de données, et de redonner aux utilisateurs finaux les moyens de travailler.
Ces pressions sur les délais de restauration des données et sur l’efficacité de ces opérations ont conduit les directions informatiques à adopter de plus en plus des stratégies de sauvegarde sur disque, au détriment des bandes. Les disques ont montré qu’ils constituent des supports à haute accessibilité, contrairement aux bandes qui ne savent répondre qu’à une demande de restauration à la fois – ce qui ne correspond plus aux besoins des organisations fonctionnant au rythme d’une économie en temps réel.
Toutefois, nous avons récemment vu des organisations allant au-delà et complétant leurs stratégies de protection des données avec des technologies de snapshot et de réplication. Par exemple, certaines organisations multinationales utilisent désormais des protections de type disk-to-disk pour leurs applications, sur des réseaux étendus (WAN). Qui plus est, la prolifération des services Cloud a conduit à des stratégies de sauvegarde disk-to-disk-to-cloud. Celles-ci gagnent en popularité alors que les entreprises cherchent à assortir leurs programmes de protection des données sur site de protections délocalisées complémentaires.
Le besoin de capacités de rétablissement opérationnel est clairement évident. Et les organisations doivent commencer à envisager une approche non linéaire de la restauration de leurs applications et bases de données critiques. Le modèle traditionnel de sauvegarde/restauration a toujours imposé que les données soient restaurées dans un premier temps, puis que les applications soient relancées, et enfin que les utilisateurs finaux soient reconnectés. Les techniques modernes de protection continue des données permettent aux organisations de faire tout cela simultanément.
Malgré son histoire et ses limitations, la bande peut continuer de jouer un rôle important dans les stratégies de protection des données des entreprises. Car bien que 50 % des données soient critiques pour l’activité, il reste 50 % de données qui doivent tout de même être protégées et conservées – y compris dans les entreprises qui ne sont pas soumises à des contraintes réglementaires strictes.
La bande répond à ce besoin en proposant une option de sauvegarde à faible coût et haute capacité et permet aux entreprises d’adopter des approches disk-to-disk-to-tape. Celles-ci ont montré leur pertinence pour compléter les sauvegardes spécialisées telles que celles des environnements virtualisés en apportant une couche de protection supplémentaire dans le cas où les systèmes de stockage primaire et secondaire seraient indisponibles ou endommagés.
La bande a donc clairement encore un rôle à jouer. Ne serait-ce que parce que les entreprises ont besoin de capacités de restauration complètes. Mais elle ne constitue pas la panacée des stratégies de protection des données. Le besoin de protection continue des données a conduit à l’adoption des disques. Et aujourd’hui, les responsables informatiques peuvent, en étudiant les besoins réels de leur organisation, trouver rapidement la bonne stratégie de protection des données et le bon mélange de supports de stockage.

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