Tablettes, hybrides, ultrabooks… Quelle plateforme pour l’entreprise de demain ?

Depuis un an, la tablette commence à se ménager une place en entreprise mais le mouvement reste encore timide en comparaison de l’adoption par le grand public.

La tablette est une plateforme essentiellement destinée à la consultation et la consommation de données. Les employés produisent peu avec ce terminal, sauf dans un cas précis, lorsqu’ils l’utilisent comme solution métier. Ce dispositif apporte alors 10 à 15 % de productivité en plus en comparaison d’un PC portable classique. En dehors de ce scénario, la tablette reste une plateforme de confort, un outil efficace de consultation de mails et un support idéal de présentation grâce à l’arrivée du Miracast (technologie permettant de projeter l’écran sur des télévisions, des projecteurs et des lecteurs multimédias). Néanmoins, ces utilisations ne suffisent pas pour rendre ce terminal indispensable en entreprise.

Or, le marché et ses décideurs sont tiraillés entre la promesse de modernité de la tablette (légèreté, compacité, connectivité, mobilité absolue) et la réalité du quotidien dans laquelle ce dispositif ne peut remplacer un PC portable mais au mieux le seconder. A l’évidence, un terminal de 10 pouces ne sera jamais aussi lisible et facile à utiliser que peut l’être un portable ultra léger de 12 ou 14 pouces. 

Le marché des terminaux mobiles se construira en deux temps

Encore peu répandues pour un usage professionnel, les tablettes ont été adoptées par seulement 1,2 % des salariés français, le but étant de s’équiper d’un matériel de pointe et de donner plus de liberté dans l’organisation du travail. Il n’en résulte au mieux qu’un élargissement des plages horaires de travail avec une légère augmentation de la productivité. Par ailleurs, il est évident que le coût moyen d’une tablette de 10 pouces ne permettra pas à toutes les structures de s’équiper avec de tels terminaux, ce d’autant plus qu’un besoin de nomadisme certain doit être identifié.

Par ailleurs, la tablette professionnelle, luttant avec des ultrabooks de plus en plus fins et depuis peu tactiles, va se heurter à une comparaison de spécifications. Il lui sera donc difficile de s'imposer partout. Il est possible par exemple de doter une tablette de 10 pouces d’un clavier mais la limite symbolique du kilogramme est alors irrémédiablement franchie. Or, juste au-dessus de cette limite, il existe sur le marché les premiers ultrabooks très performants dont les plus légers démarrent à 1100g. Écran plus grand, processeur plus puissant, plus de RAM et d’espace disque, difficile alors de justifier le choix d’une tablette à l’écran plus petit, surtout si l’on considère la vitesse des changements de tendances. En comparaison, un PC portable d’entreprise léger et performant semble immuable.

La place de la tablette en entreprise n’est donc toujours pas clairement désignée. D’une part ce terminal s’intègre beaucoup dans le cadre d’équipement en deuxième terminal auprès des cadres mobile et le management mais sans application spécifique. D’autre part, il sert de plateforme pour des usages combinés avec une application métier.  Il est important de rappeler que l’absence de « killer app », c’est-à-dire une application dédiée permettant de produire de la valeur, fait de la tablette un simple terminal de confort pour un usage mobile. Entre ces deux univers d’utilisation, il y a encore de la marge pour des évolutions de concepts produit importants avec de nouveaux terminaux qui vont apparaître.

La place de la tablette au sein de l’entreprise n’est donc pas définitive

A regarder les contraintes budgétaires ainsi que le retour sur investissement d’un parc de tablettes qui n’est pas utilisé en solution verticale, des changements importants sont à attendre de la part des acheteurs mais aussi des constructeurs.

D’une part, il est fort probable que l’émergence des nouvelles plateformes de 8 et de 11 pouces dotées d’un processeur 64 bits offrira toute la puissance requise et la compatibilité avec le master d’entreprise en 64 bits. Ces terminaux autoriseront voire inciteront les DSI à opter pour une nouvelle combinaison autorisant une flexibilité optimale : un deuxième terminal moins cher mais tout aussi performant compte tenu de l’usage retenu (consultation des mails, navigation Web, présentation). Cette combinaison pourrait inciter à proposer un PC portable peut-être moins mobile, donc moins cher, mais d’y adjoindre une tablette de 8 pouces donnant un attrait particulier à l’équipement du collaborateur. Avec plus de flexibilité mais aussi plus de confort, ce dispositif pousse à la rétention des collaborateurs au sein d’une entreprise.

L’évolution des processeurs et configurations

De l’autre côté, les nouveaux hybrides promettent de donner un renouveau à l’euphorie des tablettes de 2012 en proposant enfin des plateformes réellement conçues comme hybrides. IDC prévoit que la croissance des tablettes en entreprise se fera en grande partie sur des formats hybrides dans les 3 années à venir. Gartner à son tour évoque jusqu’à 25% des ventes de ce type de plateformes en 2015.
Le « toujours plus de puissance, plus de RAM et d’espace disque » n’est pas une solution. Une tablette est une tablette. Les salariés consomment des données 80 % du temps et produisent peu avec ce type de dispositif (sauf quand ils l’utilisent avec une application métier). Il ne faut donc pas beaucoup de puissance mais bien un terminal réactif, autonome et surtout capable de gérer ce que font la plupart des gens : utiliser la suite Microsoft Office et un navigateur web.

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