Vidéosurveillance : analogique ou IP ? Et si la réponse était l’hybride

En France, la majorité des installations de caméras en point de vente reste analogique mais l’IP gagne du terrain dans les nouveaux magasins ou établissements publics ou financiers voire dans les grandes surfaces pour des usages ciblés.

La caméra reste une pierre angulaire du dispositif de surveillance et les usages évoluent pour mieux optimiser le matériel. Entre IP et analogique, la vidéosurveillance est un marché très dynamique (+12%) qui a généré 15,9 milliards de dollars en 2014. Dans ce secteur en pleine croissance, depuis deux décennies, la vidéosurveillance sur IP tend à s'imposer, au détriment de « sa rivale » analogique, qui fait de la résistance.

En France, la majorité des installations de caméras en point de vente reste analogique mais l’IP gagne du terrain dans les nouveaux magasins ou établissements publics ou financiers voire dans les grandes surfaces pour des usages ciblés.

Des usages de plus en plus diversifiés

Initialement, la vidéosurveillance avait une fonction de surveillance pour lutter contre le vol, les incidents ou les accidents via une exploitation des images a posteriori en cas de problème relevé (ce qui signifie que personne n'est derrière des écrans pour surveiller les lieux) ou une exploitation à chaud réalisée par des équipes spécialisées qui surveillent les écrans de contrôle pour orienter le travail des agents de sécurité sur le terrain.

Toutefois le champ d’action de la vidéosurveillance tend à s’étendre, porté par la tendance de l’analytique qui s’impose de plus en plus. Ses fonctionnalités poussées permettent une exploitation minutieuse des données filmées, de la reconnaissance des plaques d’immatriculation au décompte du nombre de personnes dans une zone déterminée en passant par le déclenchement d’alertes adaptées à certains indices.

Le secteur connaît de nombreuses évolutions technologiques parmi lesquelles la télé-exploitation qui permet de relier les caméras de plusieurs magasins à une plate-forme unique gérée par des agents en contact permanent avec les équipes sur sites. La tendance va aussi vers la rationalisation des installations, afin de mutualiser les ressources afin que la vidéo interagisse avec tous les éléments de la sûreté, qu'il s'agisse de la démarque, de la sécurité incendie ou des incidents clients.

Des technologies antagonistes ou complémentaires ?

La principale différence entre les deux systèmes est la façon dont le signal va être transmis. Les caméras analogiques délivrent des vidéos dans un format qui peut être visualisé sur un simple téléviseur, un enregistreur numérique ou même sur un ordinateur équipé d’une carte d’acquisition. Une caméra IP, quant à elle, numérise le signal en utilisant un encodeur spécialisé qui contient un serveur Web intégré. Elle agit comme un périphérique réseau, permettant ainsi de diffuser les images capturées non seulement sur un réseau existant, mais aussi par le biais d’un navigateur web et donc accessible via Internet.

Les caméras de vidéosurveillance analogiques sont généralement moins chères que les caméras IP et leur gamme reste beaucoup plus étendue. Mais elles manquent de capacités simples (le zoom ou l’audio), peuvent être sujettes à des interférences liées au développement des équipements WiFi et supportent mal les distances supérieures à 500M sans passer par des dispositifs de conversions de signal. Malgré tout leur réputation de fiabilité n’est plus à faire. Toutefois nombre d’experts estiment que la vidéosurveillance analogique est vouée à connaître un ralentissement sévère. Dans le retail particulièrement, la tendance est au tout numérique.

Les nombreux avantages qu’elle présente font de la vidéosurveillance sur IP un système de protection désormais incontournable. Elle fonctionne comme un simple périphérique réseau ce qui rend l’installation bien plus facile. Il est, par ailleurs, possible d’accéder aux caméras quel que soit le lieu où l’on se trouve, sans passer par le système de stockage.  Dotée de capteurs d’images de très grande qualité (2 à 3 méga pixels), de technologies permettant notamment de résoudre le problème du contre-jour et d’une capacité de rotation à 360°, les caméras IP peuvent avoir un meilleur angle de vue et des images nettes quelles que soient les conditions. Toutefois leur coût reste plus élevé et elles requièrent une bande passante allouée supérieure à un système de vidéosurveillance analogique.

La réponse serait-elle un système hybride alliant le meilleur des deux solutions en fonction des besoins de l’entreprise ? Des convertisseurs permettent d’ores et déjà de gérer aisément le mix entre caméras analogiques et IP. Les réseaux hybrides qui traitent à la fois les flux analogiques et numériques sont de plus en plus prisés par les entreprises équipées de vidéosurveillance analogique qui souhaitent profiter des nouvelles fonctionnalités de la vidéosurveillance tout en gardant leurs anciens équipements.

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