Le Cloud au présent et au futur

Les entreprises sont passées en peu d’années de quelques applications spécifiques exécutées dans le Cloud à une approche Cloud-first généralisée à l’ensemble de leurs nouvelles applications.

65% des entreprises utilisent le Cloud Computing, et 71% des entreprises envisagent d’adopter le Cloud pour leurs applications de production externes d’ici à 2017 (source : rapport « State of the Market: Enterprise Cloud 2014 »).

La maturité croissante des technologies sous-jacentes fait du Cloud une plateforme bien établie, au service de la distribution des charges de travail applicatives, du streaming vidéo ou encore de l’analyse Big Data. Elle amène à redéfinir la pertinence de l’IT aux yeux de l’entreprise en général. Cette maturité impacte la manière dont les DSI collaborent à présent avec les autres services et utilisateurs en interne, et la façon dont ils abordent les décisions d’achat de solutions Cloud. De plus en plus, l’approche du cycle de vie du Cloud devient structurée et planifiée, les entreprises prenant conscience que chaque application a ses propres spécificités et son chemin de migration vers le Cloud.

De plus en plus, les entreprises vont faire tourner leurs applications métier centrales dans le Cloud. Cette approche nécessite de concevoir des applications Cloud pour différents besoins, en tenant compte de la géographie, de la sécurité, des conditions du réseau, de la gestion des services et de la capacité à faire évoluer la solution en même temps que l’activité. En 2016, il va falloir se concentrer sur la création d’espaces Cloud individuels correspondant aux besoins spécifiques de chaque application.

Les bons services Cloud pour les bonnes applications

Cette volonté d’alignement amène le DSI à se muer en médiateur, spécialiste du courtage de services Cloud, voué à collaborer avec les autres services internes en faveur de la réussite globale de l’entreprise. Les entreprises adoptant une approche pragmatique, par exemple un tableau de bord permettant de faire correspondre les solutions Cloud aux besoins de chaque workload, seront mieux informées et davantage capables de tirer le meilleur de leurs applications dans le Cloud.

Voici, par exemple, trois recommandations pratiques :

1 - Consulter les services internes et évaluer les besoins des utilisateurs : les professionnels IT ont intérêt à solliciter et écouter les représentants des métiers au sein de leur organisation, de façon à identifier les besoins applicatifs réels pour concevoir la solution Cloud adéquate. Voici les questions à poser : 

  • Quelles sont les barrières à la migration réussie des applications ?
  • A quel point la disponibilité de l’application est-elle importante et quel est le coût d’un temps d’arrêt ?
  • Quelles sont les réglementations applicables auxquelles l’application et les données doivent se conformer ? 
  • Avec quelle régularité l’IT devra-t-il déployer des mises à niveau de l’application pour maintenir la compétitivité ?

2 - Evaluer le profil de risque des applications : l’analyse détaillée des dépendances techniques  des applications peut faire la différence et décider de la réussite ou de l’échec d’un projet de migration dans le Cloud. D’où la nécessité d’une checklist pour éviter les pièges. Il faut notamment y inclure :

  • L’estimation de la charge sur le réseau 
  • L’évaluation du temps de préparation de l’application en amont
  • Le détail des coûts de migration

Outre les considérations techniques, la DSI doit aussi évaluer le profil de risque des applications. Elle a intérêt à s’aider d’outils de découverte des données (Data Discovery) pour analyser les flux de données, détecter des failles et limiter leur impact.

3 - Aligner les besoins sur le modèle de service Cloud approprié : choisir le meilleur modèle Cloud suppose une compréhension fine du cahier des charges technique et des exigences spécifiques de chaque application. Voici quelques pistes à considérer pour aider les DSI et les responsables métier à définir ensemble les besoins de l’entreprise de façon à identifier le modèle Cloud correspondant :

  • Au vu du profil de risque de l’application, peut-on envisager de la faire tourner sur une infrastructure partagée ?
  • Quelle est la part de l’application et de ses données actuellement sur site en interne et la part hébergée par un fournisseur ?
  • Quelle charge d’administration du Cloud pensez-vous pouvoir assumer ?

Le Cloud donne l’occasion aux DSI d’assumer plus de responsabilités et de peser davantage sur les résultats de l’entreprise. En effet, le choix de l’environnement Cloud adéquat se traduit par des gains d’efficacité, des performances accrues, des mesures de sécurité plus strictes et une connectivité réseau plus robuste.

Le Cloud comme outil de transformation des entreprises

Les principaux avantages des solutions Cloud seront toujours les mêmes : plus grande agilité, réaffectation de dépenses d’investissement en dépenses opérationnelles et recentrage sur le cœur de compétences. C’est ce qu’attend légitimement toute organisation qui adopte le Cloud.

Mais alors que le Cloud a pu par le passé créer des silos de données, les entreprises s’en emparent désormais pour mieux collaborer et faciliter leur partage à l’échelle de l’organisation. L’objectif est d’instaurer davantage de transparence et d’avoir accès à une vue intelligente des données, qui aide l’entreprise à se focaliser réellement sur ses clients. Une étude intitulée « Cloud: Driving a Faster, More Connected Business », a révélé que pour 72% des sondés, la collaboration est bel et bien l’avantage numéro un.

Pouvoir partager l’information en toute sécurité avec les collaborateurs, les clients et les partenaires  conditionne l’efficacité des processus décisionnels sur les marchés ultra concurrentiels.

La sécurité sans compromis

Les préoccupations de sécurité qu’expriment les entreprises au sujet du Cloud concernent surtout le fait de déplacer des informations sensibles hors du périmètre de protection du pare-feu. Ce sont des craintes légitimes, que les fournisseurs de services doivent apaiser. Toutefois, dans son rapport Data Breach Investigations Report (DBIR), Verizon a démontré qu’il n’existe aucun lien entre la technologie de virtualisation et l’exposition d’une entreprise au risque de compromission. Le risque vient du choix du fournisseur Cloud auquel une entreprise décide de confier ses données sensibles sans avoir procédé aux vérifications d’usage. Avant de recourir au Cloud, il est impératif de s’assurer que le fournisseur sélectionné a bien mis en place les mesures de sécurité appropriées.

Une fois cette condition remplie, l’édition 2014 de l’étude “State of the Market: Enterprise Cloud 2014” montre que 65% des entreprises pensent que le Cloud ne compromet pas la sécurité IT. 36% des personnes interrogées par Harvard Business Review dans le cadre de cette étude pensent même que le Cloud a un effet positif sur la sécurité.

Que nous réserve le futur ?

Les technologies de mise en réseau et le Cloud sont au cœur de l’Internet des Objets (IoT) et représentent la moitié des ingrédients qui le rendent possible (les deux autres étant la sécurité et l’infrastructure). Les objets connectés ont en effet besoin de connexions réseau fiables et flexibles (filaires et sans fil) pour le transfert de l’information et des données collectées vers un hub central, naturellement sans intervention humaine. De même, le Cloud offre la flexibilité, l’évolutivité et la sécurité qui permettent d’héberger les applications et de stocker les données issues de l’IoT.

Mais migrer dans le Cloud n’est pas en soit un succès. Celui-ci se mesurera en appréciant les avantages économiques et l’impact sur l’utilisateur, bénéficiaire de meilleures conditions de collaboration et de gestion de l’information à l’échelle de tout un écosystème. Les DSI que l’on considérera dans les prochaines années comme des pionnières sont celles qui ont une véritable stratégie Cloud, incluant évaluation des pratiques et volonté forte de produire de meilleurs résultats.

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