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LA TRIBUNE DE JEAN-NOEL DE GALZAIN
L'AUTEUR
JEAN-NOEL DE GALZAINPDG, Wallix MEME THEME
Le Davos des logiciels libres et de l'innovation ouverte planche cette année sur la relance numérique...
Le point sur les principaux enjeux de l'Open World Forum. Orchestrée par les pôles de compétitivité System@tic et Cap Digital, le consortium Qualipso et des associations du Libre, l'édition 2009 se tient les 1er et 2 octobre à l'Eurosites George V à Paris.
(30/09/2009)
Selon les principaux analystes, nous sommes 1,2 milliards d'internautes dans le monde. Ce chiffre devrait doubler d'ici 2015 et dépasser les 3 milliards en 2020. A cette échéance, le respect des données personnelles, l'identification numérique, la prolifération du spam ou les enjeux écologiques impacteront puissamment l'utilisation du Web.
Il reste donc de nombreuses créations à partager, de nombreux concitoyens à éduquer et d'importants marchés à conquérir. Ainsi Michel Serres, lors de l'université du SI organisée en Juillet 2008, interpellait-il les informaticiens avec cette injonction impérative : « Inventez ! »... En Juin 2009, et pour la première fois, Microsoft, l'emblématique éditeur leader du marché des logiciels, annonçait une seconde baisse consécutive de son chiffre d'affaires. Historique ! Dans le même temps, Redhat, le leader des entreprises Open Source affiche une croissance à deux chiffres, surperformant un marché informatique en crise. Jusqu'à présent la question prééminente dans l'informatique était : « que faut-il inventer ? ». Dorénavant la question qui se pose à nous est : « comment inventer ? » Cette année, plus de 90% des postes informatiques de bureau continuent à assurer des revenus confortables à Microsoft et plus de la moitié de ses profits. Le Libre, de son côté, est le moteur de la plupart des terminaux mobiles ainsi que celui des nouvelles technologies Internet. C'est ainsi que Linux, les serveurs web Apache, les langages Python, PHP et Java, et la base de données MySQL motorisent les plus grands sites Internet tels que Facebook, Google, Yahoo, Youtube, ou Twitter. En équipant les appareils mobiles (Chrome, Android, Symbian, ...), les systèmes embarqués, aussi bien que les cent plus gros calculateurs de la planète, les logiciels libres constituent la plus importante bibliothèque de logiciels du monde, de la simple API jusqu'aux applications les plus critiques des Systèmes d'information. De quoi témoigne cette évolution ? De l'émergence de nouveaux acteurs qui, s'appuyant sur l'écosystème le plus étendu et le plus prolifique, dépassent en puissance créative n'importe quel acteur industriel du marché. L'exigence de compétitivité mondiale conduit aussi à inventer de nouvelles méthodologies de développement collaboratif, assorties de nouveaux modèles économiques. Les logiciels libres ont entraîné dans leur sillage une multitude de contributeurs, constituant désormais la plus grande organisation fondée sur l'intelligence collective jamais mise en oeuvre à l'échelle industrielle. Cette force est devenue supérieure à n'importe quel modèle basé sur la brevetabilité des langages ou des logiciels car, en acceptant de publier leurs logiciels et leurs langages, les acteurs de l'Open Source les élèvent au rang de patrimoine de l'humanité. Ils contribuent ainsi à élever le niveau général de la science et à rendre l'accès à l'information et au savoir plus équitables. Au delà de la sphère technologique, le logiciel libre et son modèle d'innovation sociétal irriguent d'autres domaines tels que la bioéthique, l'écologie ou même plus récemment, la politique. Ainsi Jacques Attali, dans ses 316 propositions pour la relance, évoquait-il la nécessité de consacrer au moins 20% des dépenses logicielles du secteur public aux logiciels libres, afin de doper l'innovation, l'entrepreneuriat, et de préserver la concurrence avec les offres propriétaires. Daniel Cohn-Bendit quant à lui prône de faire de la politique un logiciel libre en rendant « les institutions transparentes, pour mieux transmettre volontés et désirs des individus et libérer l'avenir en le livrant à l'indéfini ». Depuis l'arrivée du Web, selon Researchoninnovation.org, le nombre de litiges liés à des brevets logiciels aux Etats-Unis a littéralement explosé, mettant en évidence un système de protection à bout de souffle et inapproprié aux nouveaux usages. N'y a-t-il pas là une chance historique de proposer un nouveau modèle d'innovation pour les européens et les pays émergents? Une étude Qualipso a relevé en 2008 que plus de 60% des contributeurs Open Source et des grandes communautés du Logiciel Libre sont Européens. Cet écosystème a fait le choix de préserver des structures et des systèmes transparents, permettant à l'intelligence et à la création humaine de se développer plus rapidement. Les logiciels libres, un modèle de gouvernance ? Alors que les Technologies de l'Information et de la Communication -les TICs- emplissent notre existence et s'introduisent dans les sciences de la vie, les nanotechnologies ou la robotique, n'est-il pas temps de s'interroger sur le contrôle des systèmes informatiques critiques et le moyen de les réguler ? Depuis plus de vingt ans, l'industrie logicielle européenne est exagérément dominée par des acteurs d'outre-Atlantique. A l'heure de l'adoption du cloud computing, de l'identité numérique, et de l'Internet du futur, les logiciels libres ouvrent de nouveaux marchés, offrent de nouvelles opportunités d'entreprendre en même temps qu'un moyen de réguler la concurrence par rapport à une techno-dépendance. N'est-il pas temps d'y investir massivement afin d'explorer ces nouveaux marchés ? Si l'intelligence collective et les TICs sont bien la source de notre futur, alors le logiciel libre est le seul modèle apte à préserver à la fois dynamique de l'innovation, la transparence et l'équité dans la transmission du savoir. Investir dans une informatique Open Source, publier des API ouvertes, former des utilisateurs à l'informatique libre, encourager la commande de logiciels ouverts, est le fondement d'une dynamique de la relance numérique. Pionnier en la matière, le Pôle de compétitivité System@tic Paris Region a par exemple investi cette voie en créant un Groupe Thématique Logiciel Libre fin 2007. Celui-ci a labellisé 14 projets de R&D, ce qui a permis de récolter plus de 12M€ de financements pour une vingtaine d'acteurs franciliens. Depuis, il a été suivi sur cette thématique par les Pôles Cap Digital et Minalogic. L'Open World Forum, carrefour des acteurs d'un monde ouvert pour la relance numérique C'est à travers les témoignages d'invités prestigieux du monde de l'innovation, des représentants des plus grandes communautés mondiales du logiciel libre, et en présence de décideurs économiques et politiques internationaux que les différents sujets des logiciels libres seront abordés selon l'angle technologique, communautaire, économique et politique. Jean-Noël de GALZAIN CEO d'IF Research & WALLIX Président de l'Open World Forum 2009 Vice président PME du Pôle System@tic VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES
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