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LA TRIBUNE DE PIERRE PEZZIARDI
L'AUTEUR
PIERRE PEZZIARDIDirecteur technique, Octo Technology MEME THEME
Offshore : attention à ne pas se couper des programmeurs
La tentation de ne garder que les fonctionnels et les architectes, au détriment des programmeurs, est grande. Mais le risque est alors élevé de se couper du code. Et sans base, pas d'élite, aussi douée soit-elle.
(29/05/2007)
Pour la DSI, l'offshore consiste à sous-traiter des activités de build dans des pays à plus faible coût. Il s'agit donc d'un modèle de faire-faire tout à fait identique au mode d'achat de prestations au forfait en France. Un pur réflexe sécuritaire nous défend encore de sous-traiter massivement les activités d'hébergement du run, a priori pourtant plus simple à contractualiser. Cependant, nombre d'entreprises d'ingénierie offshore ont acquis la certification CMM5. Par ailleurs, de brillants architectes techniques ont fertilisé ces entreprises avec les meilleures pratiques d'ingénierie logicielle, dont l'incrémental et le test. Certains prestataires offshore sont donc prêts à travailler en dehors de la cascade, mais les clients n'en achètent pas encore. Normal, on n'externalise que ce que l'on sait déjà faire. L'offshore représentait environ 2% du marché français en 2005 (10% aux Etats-Unis). Au rythme de croissance actuel, il s'agira probablement de 25% dans 5 ans... si cela ne s'accélère pas. Car le discours des organisations en faire-faire est à peu près le suivant : l'essentiel est de conserver le fonctionnel et l'architecture. C'est le danger d'une vision purement statique du phénomène qui voudrait que parce que nous possédons aujourd'hui de bons fonctionnels et de bons architectes, nous les conserverons demain en sous-traitant le reste. Mais sans base, pas d'élite. Sans programmeurs motivés, pas d'architectes géniaux capables de comprendre les effets non-linéaires, la complexité technique, l'entropie, les perversions du simplisme... Et petit à petit cette base disparaîtra, puisque nous n'en achèterons qu'en Inde. Ce phénomène accélèrera la possibilité de désintermédiation de la DSI par des forces capables de s'adresser à l'utilisateur final en direct, et qui ne se gêneront pas pour le faire.
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Etablir une vraie proximité avec le métier
(Geoffray Gruel)100% d'accord avec l'illusion de l'ouvrier du code car les projets réussis sont ceux qui savent s'adapter au changement en établissant une vraie proximité avec le métier. (29/05/2007)
Il ne faut pas oublier la sécurité et la sureté du code
(Jean-marc Seillon)D'accord avec l'auteur de l'article, mais il ne faut pas oublier la sécurité et la sureté du code. En développant en off-shore, vous n'avez aucune confidentialité sur la copie de votre code, et vous perdrez à long terme le savoir faire dans le développement. Faire de l'off-shore pour le développement n'est qu'un gain financier illusoire à cours terme et entrainera une démotivation pour les développeurs on-shore ainsi qu'une disparition des candidats aux études en informatique. (02/06/2007)