Tableur : Google Docs infiltre les données Web

Au croisement de la bureautique classique et des applications en ligne, la solution permet, par le biais de requêtes, de reprendre des contenus Web au sein de ses tables. Une possibilité qui ouvre de nombreuses perspectives.

Les outils bureautiques en ligne vont-ils révolutionner la manière dont les utilisateurs se servent des traitements de texte, des tableurs, des logiciels de présentation ?

Face aux suites bureautiques installées sur les ordinateurs, dont Microsoft et OpenOffice sont les deux représentants les plus connus, ces nouveaux outils misent avant tout sur le partage de l'information entre les différents utilisateurs des documents.

Une alternative plus qu'intéressante au couple email / pièce jointe qui s'est emparé de toutes les messageries professionnelles depuis plus de dix ans. En fait, au lieu de faire circuler les documents par le biais de l'email, dupliquant ainsi à chaque envoi le document, les spécialistes du document collaboratif misent sur l'existence d'un seul et unique document en ligne, que les auteurs et coauteurs améliorent sans utiliser de copie.

Ces derniers sont avertis des différentes modifications du document par des alertes emails, qui ne sont alors plus des supports de pièces jointes, mais bel et bien des incitations à se connecter au document en ligne pour constater l'avancée du travail collectif.

Mais les dernières évolutions du tableur de la suite bureautique Google Docs laissent entrapercevoir d'autres possibilités liées elles à l'utilisation de la connexion Internet. Ainsi, la capacité de mise à jour et de recherche d'informations procurée par la nature "en ligne" des Google Docs, AjaxOffice et autre Zoho permet de lier dans un tableur des informations entrées par l'utilisateur et des données en ligne, pour fournir des résultats de requête dans les cellules.

Ainsi, les fonctions du tableur de la suite Google Docs donnent une idée de la proximité très forte du principe de fonction mathématique (tel que le calcul de la moyenne ou de l'écart type) et des fonctions de requêtes sur le Web pour alimenter le tableur.

Ces fonctions Google permettent d'effectuer des requêtes dans les formules des fonctions et ce afin d'afficher un résultat dans la cellule cible.

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Sur cette feuille de calcul, toutes les colonnes affichent des résultats de requêtes tirées directement du Web, comme le montre la bulle qui affiche la source de donnée. © Google

La fonction GoogleFinance permet par exemple d'obtenir une mise à jour du cours des actions et d'autres données figurant dans une feuille de calcul à l'aide de la fonction. Pour l'heure uniquement disponible pour le marché boursier américain, cette fonction permet de mesurer toutefois l'intérêt de ce type de fonction. Les données sont mises à jour en temps réel, qu'il s'agisse du volume de stock, du montant des actions, ou encore de la capitalisation boursière. La syntaxe se présente sous la forme de =GoogleFinance ("symbole"; "attribut"). Si l'on place par exemple le symbole "MST" de Microsoft et l'attribut "Price", le résultat de la requête sera lisible en temps réel.

Certaines informations concernant les fonds de placement sont également disponibles selon les mêmes modalités. Comme sur un tableur classique, l'outil d'extension de fonction permet d'attribuer à différentes cellules des fonctions identiques. Il devient alors simplissime de comparer les performances boursières de concurrents d'un même secteur. Au final, il est possible de suivre 250 fonctions sur une seule et même feuille de calcul.

N'importe quelle donnée accessible sur Internet sous n'importe quel format Web devient affichable dans le tableur

La fonction GoogleLookup quant à elle permet sous la forme de la syntaxe " =GoogleLookup("entité"; "attribut") " d'afficher les résultats de requête concernant des informations statistiques sur des pays, des lieux géographiques, mais aussi des hommes politiques ou encore des composants chimiques. Par exemple, la requête =GoogleLookup("France"; "Capitale") affichera dans la cellule cible "Paris".

Par ailleurs, une bulle indique quand on passe la souris sur la cellule l'adresse URL utilisée pour trouver l'information. Attention tout de même à la qualité de l'information remontée par la requête. On apprend ainsi que le président de la république française se nomme encore Jacques Chirac et que son premier ministre n'est autre que Dominique de Villepin ! Ces informations sont tirées du site de la CIA par Google, site qui aurait besoin d'une véritable mise à jour !

Mais ce système de requête externe s'applique aussi pour des données accessibles sur des formats RSS et Atom, avec la fonction =ImportFeed(URL, [feedQuery | itemQuery], [headers], [numItems]) ou encore sur des formats tableurs avec =importData("URL") voire enfin HTML ou XML avec respectivement =ImportHtml(URL, "list" | "table", index) et =importXML("URL","query").

Ainsi, potentiellement, n'importe quelle donnée accessible sur Internet sous n'importe quel format Web devient affichable dans le tableur. Surtout, ces données peuvent être utilisées pour calculer de nouvelles informations au cœur même de la table. Un changement de taille comparativement aux usages des tableurs classiques, qui met en avant l'avantage de la connectivité de ces applications.

Ces nouvelles fonctions, qui seront gageons le dans un futur proche généralisées, rencontreront-elles leur public ? Elles symbolisent en tous cas l'intégration de plus en plus forte des ressources du Web, et des outils bureautiques.

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