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Solutions Comment considérez-vous l'évolution
des standards entourant les Web Services ?
Henry Peyret. Déjà,
les briques de base d'un Web Service, le format de messages
SOAP (Simple Object Access Protocol) et le langage d'appel
de procédures distantes WSDL (Web Services Description
Language), ont été intégrées
en standard dans de nombreuses solutions. C'est notamment
le cas d'applications d'IBM et de Microsoft. En commençant
par prendre en compte ce premier socle, qui est aujourd'hui
largement stabilisé, ces deux éditeurs
ont opté pour une politique produit qui contribue
au final à rassurer les utilisateurs. De son
côté, la spécification d'annuaire
UDDI (Universal Description Discovery Integration) se
révèle encore légère, quant à la
description technique d'un Web Service notamment. [En
effet, UDDI n'impose pas l'utilisation de WSDL, ndlr].
Le
couple SOAP/WSDL demande néanmoins à être
complété ?
Certes, ces langages ne font pas tout.
Il sera notamment important de les compléter
de mécanismes de gestion transactionnelle. L'autre
grand manque concerne la sécurité. Ce
que nous appelons les quatre A : l'Audit, l'Administration,
l'Authentification et l'Autorisation. Récemment
standardisée par le consortium OASIS dans le
cadre du projet ebXML, la spécification DSML
(pour Directory Service Markup Langage) pourrait permettre
de faciliter la gestion de l'authentification des utilisateurs
de services Web (voir
notre récent article sur le sujet), et ainsi
de faire progresser l'initiative UDDI.
Toujours sur le terrain des annuaires, le protocole
LDAP couvre sans difficulté les profils utilisateur
ainsi que les rôles qui leur sont associés.
En revanche, il peine à prendre en charge les
liens entre les utilisateurs et les objets métier
dont ils sont responsables (clients, produits, etc.).
Un point qu'il sera également nécessaire
de couvrir...
Dans cette perspective, quelle est la politique des
organismes de standardisation ?
Les mouvements de standardisation autour des Web
Services se regroupent en deux approches. La première
consiste à ajouter à WSDL et SOAP des
standards additionnels couvrant chacun une dimension
particulière (sécurité, gestion
des transactions, orchestration, etc.). Une démarche
qui, même si elle permet de mettre en valeur les
possibilités offertes par les Web Services par
le biais de processus d'implémentations "pas
à pas", contribue au total à brouiller
les cartes dans les têtes des utilisateurs.
Quant au second...
La seconde méthode est particulièrement
bien illustrée par la philosophie du projet ebXML.
A travers cette initiative, le consortium OASIS compte
livrer un standard intégrant d'emblée
l'ensemble des couches nécessaires à la
gestion de processus BtoB. Ici, l'inconvéniant
réside dans la lenteur des travaux et la difficulté
de mettre en application les avancés d'un chantier
encore en cours. Cependant à la manière
des apports d'ISO au protocole IP il y a quelques années,
on peut penser que des chapitres de ebXML (comme DSML)
seront adoptés dans l'univers des Web Services.
Y a t-il un juste milieu entre
ces deux approches ?
Il pourrait être intéressant par exemple que les ajouts
s'effectuent par opérations de consolidation. Ainsi
au lieu de se voir adjoindre des langages complémentaires,
WSDL et SOAP devraient intégrer directement les éléments
qui leur font défaut. Ce point de vue est notamment
défendu par les membres du WS-I (Web Services
Interoperability Organisation). Cette stratégie implique
néanmoins de déployer des procédés de gestion
des versions. Une question qui recouvre le plus souvent
d'autres problématiques, tel que le choix entre compatibilité
ascendante et rupture de version.
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