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Christophe
Legrenzi
PDG
Acadys
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"Le
DSI du futur sera un manager et un leader, ou ne sera
pas !"
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Cabinet de conseil et d'audit, Acadys est spécialisé
en gestion du changement et en stratégie d'entreprise.
Son PDG place le DSI au coeur du dispositif managérial,
préconise la mise en place de véritables
outils de communication interne et recommande l'utilisation
de schémas directeurs pour planifier l'activité
de la Direction des Systèmes d'Information et en
faire un levier stratégique.
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Propos recueillis par Fabrice Deblock le 28
février 2003
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JDNet
Solutions. Comment percevez-vous le DSI dans l'organisation
?
Christophe Legrenzi.
La fonction de DSI - Directeur des Systèmes d'Information
- est récente, elle a moins de 15 ans, ce qui met
souvent à mal la légitimité de son
périmètre exact. Il ne faut pas la confondre
avec celle de DI - Directeur de l'Informatique -
dont le rôle est de concevoir et d'assembler les
différentes briques de l'architecture globale.
Le DSI dépasse ce stade de mise en place du système
pour se concentrer sur la manière d'influencer
la gestion de l'information dans l'entreprise.
Comment
devenir DSI quand on est DI ?
Il faut posséder des qualités
de leadership et des capacités à communiquer.
En un mot, être fédérateur plutôt
que monarque ou autocrate, et amener le progrès.
Le DSI du futur s'affranchit de l'opérationnel
en externalisant tout ou partie de ses activités.
Le cas échéant, il nomme un responsable
chargé de gérer les prestataires.
Avec le temps dégagé, il élabore
un véritable schéma directeur du système
d'information, anime des groupes de reenginering des processus
informationnels, calcule le coût de l'information
et de son traitement. Selon moi, la fonction de DSI n'est
pas une fin en soi. Le DSI est appelé à
occuper des fonctions de direction dans sa carrière,
il est voué à devenir Directeur Général
adjoint puis Directeur Général !
En
un mot, le DSI est avant tout charismatique et communicant...
Aujourd'hui, la complexité et les
enjeux des NTIC obligent les directions informatiques
à "sortir du bois" et à communiquer,
sous peine d'être marginalisées. La tâche
n'est pas aisée et les informaticiens n'ont pas
forcément été formés aux techniques
marketing et à la communication.
Ils doivent à mon avis commencer par identifier
leurs clients en interne, en les segmentant. Ensuite,
il leur faut rencontrer ces clients et recenser leurs
besoins en termes de produits et services, niveaux de
service, clarification organisationelle, formations, etc...
La phase suivante consiste à élaborer un
plan de communication. Ce dernier fait apparaître
tous les publics concernés, les cibles à
atteindre et les médias, les événements
et les messages adaptés à chaque cible.
Cela contribue à établir une "image",
favorablement renforcée par une charte graphique
et une identité visuelle propre au service. J'ajoute
que la création d'une cellule communication au
sein de la DSI est nécessaire pour gérer
tout cela !
Encore
faut-il que l'entreprise, de par son organisation, lui
permette de mettre en place tout ce que vous décrivez
!
C'est au
DSI de le faire, sans attendre qu'on le lui propose, sinon,
il est appelé à disparaître. Un DSI
possédant les qualités dont je parlais précédemment
et qui met en place les actions adéquates n'aura
aucun mal à intéresser sa direction générale.
Il deviendra de ce fait, à n'en pas douter, une
des trois personnes les plus importantes de l'entreprise
de demain. Le DSI du futur sera un manager et un leader
ou ne sera pas ! Si, en revanche, il est plutôt
attiré par la technologie et les services, il doit
au plus vite rejoindre l'industrie informatique et telecom.
Un changement de dimension en
somme...
Absolument, car les pratiques en oeuvre
dans l'entreprise ne sont pas toujours en phase avec cette
ambition. Pour des raisons éduco-psycho-technico-socio-anthropologiques,
les décideurs informatique rechignent à
utiliser des outils stratégiques adaptés
au projet de leur entreprise.
Pour moi, la définition et la mise en oeuvre d'une
démarche de planification à court et moyen
terme - autrement dit un schéma directeur -
est non seulement un garant contre les errements du présent
mais aussi un levier pour préparer l'avenir et
une formidable opportunité pour le DSI de se rapprocher
de la direction générale.
C'est bien d'être convaincu
de l'énorme potentiel des systèmes d'information,
mais c'est encore mieux, voire vital, de faire en sorte
que l'informatique devienne totalement stratégique.
Ce sera possible quand nos décideurs utiliseront
ces nouvelles méthodes, à même de
générer innovation, croissance et performance.
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Christophe Legrenzi a débuté sa carrière
au siège de BASF, en Allemange, où il a
passé 18 mois en tant que chef de projet. Il a
ensuite collaboré chez Hoffmann-La Roche à
la Direction de l'Etat-Major informatique. Chez Acadys,
il a tout d'abord créé le centre de R&D
qu'il a par la suite dirigé, avant de devenir PDG
de la société.
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