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Guy Mamou-Mani
Directeur
général
Groupe
Open |
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Guy
Mamou-Mani
"La distribution d'infrastructure exige d'avoir une taille européenne"
Le directeur général de la SSII dresse son bilan 2004 et évoque ses projets de rachats, de recrutement, ainsi que la place du nearshore et de l'Open Source.
17/01/2005 |
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JDN
Solutions : comment se porte Groupe Open ?
Guy Mamou-Mani. Avec l'acquisition récente
d'Obbisoft, de trois sociétés hors de l'Hexagone - notamment
en Hongrie et aux Pays-Bas -, et le rapprochement de
Teamlog - via une prise de participation de 12,5% -, le
chiffre d'affaires connaît une augmentation de 29,6%
sur les neuf premiers mois de l'année.
La croissance
organique se situe à 8,1% sur la même période. Nous
espérons atteindre les 10% de croissance organique au
dernier trimestre, afin d'atteindre notre objectif à
long terme, c'est à dire 500 millions d'euros de chiffres
d'affaires dans cinq ans, dont un tiers réalisé par notre
activité services.
Quels sont vos objectifs
pour 2005 ?
Nous anticipons encore une croissance importante en
2005, avec en ligne de mire un chiffre d'affaires de
370 millions d'euros sur l'année. Notre accord avec
Teamlog nous donne une option pour porter notre part
dans le groupe à 25%.
Nous sommes en train d'étudier
une accélération de ce processus pour parvenir rapidement
à une prise de contrôle de l'entreprise. Si celle-ci
se concrétise, alors ce sera certainement la seule acquisition
du groupe pour l'année. Sinon, nous allons rechercher
d'autres partenaires pour atteindre les 500 millions
d'euros d'ici cinq ans.
Pourquoi
cette stratégie de rachats ?
Cette volonté de croissance externe s'explique par nos
marchés, celui de la distribution d'infrastructure notamment
qui exige pour être concurrentiel d'avoir une taille
européenne. Au contraire, pour notre second métier,
l'intégration, l'objectif est d'arriver à une taille
critique en France, autour des 1 200 à 1 500 personnes
et ce, avant d'envisager un déploiement à l'international.
Certaines SSII ont essayé de dupliquer leur modèle français
à l'étranger mais sans résultat. Nous avançons donc
prudemment à ce niveau.
Comment la demande a-t-elle
évolué en 2004 ?
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Le choix entre .Net et J2EE est au cœur des préoccupations de nos clients" |
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Dans la promotion immobilière, les projets se développent.
Plus généralement, on assiste à une reprise globale
des secteurs qui avaient freiné leurs investissements
en 2002-2003, c'est-à-dire la banque, les assurances
et les télécoms. 2004 a été aussi l'année de la concrétisation
des technologies Internet.
Tout ce dont on parlait dans
les années 2000 et qui ne se faisait pas, se fait aujourd'hui
et on n'en parle plus. Le choix entre la plate-forme .Net
et J2EE est au cœur des préoccupations de nos clients,
il faut donc les accompagner. D'ailleurs trouver un
développeur J2EE est devenu très dur.
Dans ce contexte, comment
les SSII doivent-elles s'adapter ?
Le métier traditionnel de la SSII change. Dorénavant,
on amène plus des CV pour un client. Il faut s'adapter
à la demande qui attend désormais des partenariats,
des contrats de services à valeur ajoutée surtout auprès
des grands comptes.
Le rachat d'Obbisoft s'inscrit dans
ce cadre, car il s'agit d'un acteur très spécialisé.
L'autre élément marquant de 2004, c'est le développement
de contrats en profondeur avec les moyennes entreprises
où bien souvent il s'agit de refondre le système d'informations
puis ensuite de proposer des contrats d'infogérance.
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Etre intégrateur et distributeur d'infrastructure est une force et une faiblesse" |
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Les grandes entreprises ont la volonté de descendre
dans le marché qu'elles adressent aussi bien que les
grosses SSII mais elles sont confrontées à une inadéquation
de leurs offres vis-à-vis des besoins des PME. Il est
difficile de descendre sur un marché tout autant que
d'y monter d'ailleurs car ce n'est pas le même discours
que l'on mène auprès de ses clients.
Comment gérez vous la double
activité de Groupe Open ?
Dans ce contexte, notre modèle économique, à la fois intégrateur
et distributeur d'infrastructure, est une force et une
faiblesse. Une force d'abord puisque l'activité infrastructure
nous a protégé des fluctuations du marché et, lorsque
le secteur va mieux, nous pouvons nous concentrer
sur le marché de la prestation de services, davantage
contributeur au résultat du groupe. Mais c'est aussi
pénalisant en termes d'images car les entreprises ont
parfois du mal à nous positionner.
Quels ont été vos contrats
les plus marquants l'année dernière ?
Nous avons obtenu beaucoup de petits contrats, gagnés
notamment avec l'ERP Adonix mais aussi un contrat de
services majeur avec une grande banque qui prévoit la
reprise de l'exploitation de son activité par nos équipes.
Les gros contrats sont très limités pour nous, la majorité
des ceux-ci se situent entre 0,1 et 2 millions
d'euros.
Qu'en est il des projets
Open Source ?
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Il
y a eu une accélération de la
demande en matière d'Open Source" |
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Dans les besoins que nous avons ressentis, on peut dire
qu'il y a eu une accélération de la demande en matière
d'Open Source. Le système d'exploitation des projets est bien souvent de
l'Open Source, mais aussi l'administration de système.
Nous étudions d'ailleurs le rachat de SSLL pour renforcer
rapidement notre compétence. J'ai la conviction que
les logiciels libres et l'Open Source vont devenir cruciaux
au cours des prochaines années.
Les études de marché parlent
de l'augmentation des budgets sécurité, comment cela
se traduit-il pour vous ?
L'angle sécurité est toujours abordé dans les nouveaux
projets. Mais c'est un investissement plus centré sur
l'infrastructure, notamment logicielle, que dans les
services. Il y a quelques années, les logiciels étaient
moins matures donc intégration se révélait coûteuse. Maintenant que cette étape est automatisée, le coût
est moindre mais par contre on en a de plus en plus
besoin. Les missions de conseil se développent mais
pas aussi vite.
Quid de l'offshore ?
L'offshore, je n'y crois pas beaucoup. Aujourd'hui, les
grands donneurs d'ordres demandent de l'accompagnement
et tous les projets ne se prêtent pas à cette pratique.
Du coup, il reste environ 20% de projets réellement que
l'on peut externaliser mais il reste à intégrer les
coûts cachés qui font que le gain se situe plutôt entre
1 et 3%.
Finalement, avec les salaires qui montent en
Inde, d'autres délocalisations sont à prévoir et l'entreprise
sera obligée de changer de partenaire.
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L'offshore
est une grande peur non fondée, contrairement à la mondialisation" |
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C'est une grande peur mais qui n'est pas fondée. Par
contre, ce que l'on sous estime, ce sont les entreprises
indiennes qui, par leur modèle économique, sont en train
de s'introduire en Europe et aux Etats-Unis et
de gagner des parts de marché. Il s'agit d'une véritable
erreur d'appréciation. La délocalisation n'a pas de
réalité économique dans le secteur des services informatiques
alors que le vrai risque pour les SSII vient de la mondialisation.
A l'inverse de l'offshore, le nearshore est une réalité
et se justifie.
Allez vous embaucher en
2005 ? Quels types de postes ?
Nous sommes en déséquilibre, nous avons du mal à recruter.
Sur notre activité services, nous envisageons d'embaucher
une trentaine de personnes en 2005, principalement des
ingénieurs en développement sur les compétences .Net
et J2EE ou des administrateurs systèmes Unix. Teamlog
pour sa part devrait recruter une centaine de personnes.
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Groupe
Open - Les chiffres clés
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Date
de création
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1989
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Chiffre
d'affaires
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230
millions d'euros en 2003
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Effectif
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580
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Propos recueillis par Yves DROTHIER, JDN Solutions |
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PARCOURS
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Guy Mamou-Mani, 46 ans, est diplômé d'une licence de
mathématiques et ancien professeur.
Il a débuté sa
carrière chez CSC-GO International où sa dernière
fonction était Président-directeur général et directeur
du pôle solutions de CSC France.
En 1995, il crée
la filiale française de Manugistics, spécialiste de la gestion de la chaîne logistique, dont il prend la direction générale.
Il y exerce par ailleurs la fonction de directeur
européen des services et du marketing jusqu'en 1998.
À cette date, il rejoint Frédéric Sebag et Laurent
Sadoun à la direction de Groupe Open, où il prend
la présidence d'Innetis en janvier 2000.
En tant
que directeur général de Groupe Open, il
est par ailleurs chargé de la communication financière
et des relations investisseurs.
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