| |
 |
Yannick Gonneau
P-DG
Homsys Group |
|
Yannick Gonneau
"De plus en plus de contenus fonctionnels apparaissent dans nos offres"
Commentant les synergies issues du rapprochement avec Aston, le P-DG de la SSII analyse également les tendances actuelles de son marché.
28/02/2005 |
| |
|
 |
JDN
Solutions. Qu'est-ce qui a motivé votre rapprochement avec Aston ?
Yannick Gonneau. Le métier des services a connu ses heures de gloire et ses périodes difficiles. Au cours de la crise qu'il vient de connaître se sont mêlés des aspects conjoncturels mais aussi structurels. Après 30 ans d'existence, le marché rentre dans une ère industrielle, il faut donc vivre avec des conditions de marché plus difficiles, en apportant plus au marché pour moins cher.
A partir de ce constat, des phénomènes de concentration apparaissent, ainsi qu'une pression accrue sur le bas de gamme des services. Le marché va se structurer en trois grandes couches : de grosses sociétés internationales généralistes, des acteurs spécialisés de taille moyenne et, enfin, des experts très pointus.
Notre ambition est d'être dans la deuxième catégorie. Voilà le cadre et le contexte de ce rapprochement.
Nous avons cherché différentes sociétés, une personne à temps plein s'y est consacré. Nous recherchions une société qui nous renforce sur nos domaines de compétence, qui soit en retournement - Aston avait perdu de l'argent - avec de très fortes complémentarités géographiques et de clientèle, tout en générant des synergies économiques et administratives. Nous avons vu une trentaine de société en 2004.
Quelle nouvelle organisation en découle ?
La résultante de ce rapprochement comptera 520 collaborateurs et, si l'on additionne les chiffres d'affaires, aura généré 36 millions d'euros en 2004. Sur 2005, nous ambitionnons d'atteindre les 38 à 40 millions d'euros. De ce fait, nous rentrons dans le top 100 des SSII françaises, avec des domaines de compétence très clairs, et nous faisons partie des 4 principaux acteurs de la BI en France.
 |
 |
Aston nous apporte une offre formation qui pèse 2 millions d'euros par an" |
|
Nous sommes d'ailleurs devenus leader français sur les technologies Web et objet, devant des acteurs historiques tels que Valtech. Aston nous apporte en outre une offre formation qui pèse 2 millions d'euros par an ce qui, avec la nôtre, représente un total de 2,5 millions d'euros.
Enfin, outre Paris, nous disposons d'une implantation en régions, notamment en Rhône-Alpes et dans le Sud-Ouest.
Que deviennent les marques Homsys, Kedros et Objet Direct ?
Ces trois marques vont disparaître. Demain, il n'y aura plus qu'une seule structure : Homsys Aston. Nous disposerons d'une filiale spécialisée dans la formation - Aston Education - qui continuera de s'appeler comme auparavant.
Moins de deux mois après la fusion, toutes les équipes sont dans les mêmes locaux, tous les baux commerciaux se finissent entre janvier et mars, chaque collaborateur sait où il est et dans quelle structure.
Au total, et pour différentes raisons, seul 1% des effectifs a été licencié, car il existe d'énormes synergies entre les deux sociétés et Aston avait traité tout ce qui devait l'être avant. Notre taux d'activité est nettement au-delà des 90%. En 2004, le taux de croissance a été de 12% pour Aston, de 8% pour Homsys group, nous tablons sur 10% en 2005, cela fait des années que cela n'était pas arrivé. La
tendance des recrutements est de 80 à 100 personnes en 2005.
Quelles tendances se dégagent actuellement des demandes de vos clients ?
Sous la pression des clients, du marché et de nous-mêmes, de plus en plus de contenus fonctionnels apparaissent dans nos offres. Par exemple, nous avons signé un contrat avec la Française des Jeux pour l'accompagner sur son système d'élaboration budgétaire. Nous remontons donc de plus en plus vers le fonctionnel.
 |
 |
La tendance est à la consolidation des offres existantes" |
|
Le deuxième axe d'évolution est que les référencements deviennent de plus en stratégiques. Nous nous sommes par exemple fait référencer par La Poste récemment, nous sommes de loin le plus petit acteur référencé chez eux mais nous sommes référencés quand même. Des acteurs tel que Capgemini ou IBM Global Services sont référencés sur la partie générale et d'autres acteurs comme nous
sur des parties beaucoup plus spécifiques.
En termes technologiques, il n'y a pas de rupture majeure aujourd'hui, la tendance est à la consolidation des offres existantes, à leur pérennisation, les clients souhaitant des outils et des offres leur permettant d'être plus performants. Sinon, l'administration cherchant à être plus performante, nous envisageons de voir passer la part de ce secteur d'activités dans notre chiffre d'affaires de 2% à 10% en 2005.
Enfin, nous commençons à sentir - après ces 3 dernières années - certaines hausses de tarifs chez nos clients, dues à des effets purement psychologiques. Quand le marché repart, la loi de l'offre et de la demande reprend ses droits, nous vivons actuellement le point d'inflexion.
Côté embauches, quels profils recherchez-vous et comment recrutez-vous ?
Nous sommes assez sélectifs, très sélectifs même. Nous n'avons pas dans nos effectifs d'ingénieur qui n'aurait pas de formation informatique et que nous aurions formé. Nos recherches de candidats sont donc en général moins faciles que pour d'autres profils. Nous recherchons des doubles compétences mais nous allons néanmoins intégrer de jeunes ingénieurs. Nous n'avons pas le choix face aux très gros, il nous faut impérativement apporter de la différence. |
| |
Propos recueillis par Fabrice DEBLOCK, JDN Solutions |
|