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Michel Savoie
Responsable
Europe de l'activité TI2
BearingPoint |
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Michel
Savoie
"Les entreprises françaises ont retrouvé de l'appétit pour de plus gros projets"
Relance des budgets, tension sur l'emploi, mutation du rôle des directeurs informatiques et réflexions autour de l'offshore : le point sur l'année 2005.
23/12/2005 |
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JDN
Solutions. Comment a évolué la dépense informatique en 2005 ?
Michel Savoie. Avant 2005, nous étions dans une
période de ralentissement des projets informatiques. L'idée
était alors de savoir comment faire plus avec l'existant. J'ai
l'impression que ce cap a été franchi en 2005, que les
entreprises françaises ont retrouvé de l'appétit pour
des projets plus gros.
Les directions informatiques recommencent
à dépenser de l'argent mais accordent beaucoup plus d'importance
au retour sur investissement. Jusqu'en 2000, des
projets d'envergure étaient encore lancés pour développer
la croissance de l'entreprise et la direction suivait,
même si le ROI n'avait pas toujours été mesuré. Désormais,
les décisions se font plus prudentes.
Y a-t-il des projets particuliers
qui en tirent profit ?
Les principaux secteurs où la reprise a lieu sont pour
nous le secteur public, les services financiers et les
télécommunications. En termes de technologie, l'Open Source
a franchi une nouvelle étape chez les grands comptes,
notamment dans les administrations publiques, qui réalisent
de plus en plus de pilotes dans le domaine.
Nous
aidons également de plus en plus d'entreprises sur des
projets d'IT Performance Management, c'est-à-dire d'organisation
et d'automatisation de la gestion de la fonction informatique,
grâce à des outils spécifiques.
Parallèlement, nous avons
vu éclore cette année les premiers projets de systèmes
d'information temps réel. Nous mettons par exemple en
place un système de tarification multicritère en temps
réel pour une grande entreprise française, processus qui
prenait auparavant jusqu'à une semaine. Le développement
des architectures Web a aussi été l'une des tendances remarquables
de l'année 2005.
La réglementation a-t-elle
joué un rôle moteur ?
Plusieurs de nos clients sont des entreprises internationales,
soumises aux contraintes réglementaires telles
que Sarbanes-Oxley, qui impliquent des investissements
importants en termes de technologies et de pilotage.
Dans le domaine des services financiers, Bâle II et les
directives européennes relatives à la lutte contre le
blanchiment d'argent nécessitent également la mise en
œuvre de projets d'envergure. Concernant les aspects réglementaires
en général, il reste encore beaucoup de travail.
Les directions informatiques
ont elles davantage recours à la prestation de services et, en particulier,
à l'offshore ?
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La
globalisation de l'informatique sera une réalité" |
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J'ai travaillé à Boston pendant plus de dix ans. Aux Etats-Unis,
la vague offshore est arrivée très vite. En 2005, en France,
les directions informatiques en ont parlé, ont réalisé
des pilotes mais la plupart du temps les projets d'offshoring
sont restés au stade de la réflexion.
Les DSI veulent
savoir si cela a du sens, quels seront les impacts… Aux
Etats-Unis, la vague offshore, un an après son arrivée,
s'est transformée en véritable déferlante. Cela pourrait
bien être le même phénomène en 2006 en France.
La globalisation de l'informatique sera une réalité. C'est
un avantage dont nos clients peuvent tirer parti. Nous
disposons de centres de développement offshore en Chine
et en Inde, et proposons aux entreprises qui le souhaitent
la possibilité d'avoir recours à du "nearshore" en Irlande
et en Espagne.
D'ailleurs, nous constatons l'émergence
de nouvelles fonctions, comme celles des experts ITIL ou CMM
dont le rôle est de préparer le terrain de la globalisation
de l'informatique au moyen de méthodologies spécifiques.
Je parle ici de globalisation et non d'externalisation
car nombre de nos clients ont déjà des implantations dans
les pays cités, la Chine et l'Inde par exemple.
Au niveau de l'emploi en
France, que constatez-vous ?
Le marché est définitivement plus tendu. Chez BearingPoint,
nous sommes aujourd'hui 700 en France et 4 000 en Europe.
Au cours de l'année 2005, nous avons effectué plus de
100 recrutements et nos compétiteurs ont également beaucoup
recruté.
De ce contexte, il ressort une demande de hausses
de salaires, ce que le marché avait anticipé. Tous les
acteurs cherchent donc à rester attractifs sur ce marché
par rapport à leurs compétiteurs.
Quels nouveaux besoins anticipez-vous
pour 2006 ?
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La
priorité de nos clients est aujourd'hui
la flexibilité" |
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Pour nos clients, la priorité est aujourd'hui à la flexibilité,
dans tous les domaines. L'environnement économique devient
de plus en plus compétitif et global. Les entreprises
cherchent à s'organiser pour être capables de s'adapter
aux changements du marché, ce qui a forcément
des impacts sur leurs infrastructures informatiques.
Ceci se traduit
par une demande de développement de systèmes d'information
temps réel, notamment dans les entreprises de services.
Ce nouveau besoin devrait nous amener l'année prochaine
à aider un grand nombre de nos clients sur des missions
d'adaptation de leurs infrastructures et au renforcement
des méthodes ITIL ou CMM.
Vers quoi doit tendre la fonction
de directeur informatique en 2006 ?
Cela fait déjà quelques années aux Etats-Unis que le DSI est membre du comité exécutif de l'entreprise et
prend part aux décisions stratégiques qui la concerne.
Nous avons pu observer ce virage dans le rôle de la
fonction chez certains de nos clients en France au cours
de l'année.
Les entreprises qui veulent se transformer
et développer leur capacité d'adaptation à l'environnement
auront besoin de l'expertise métier et de l'expertise
technologique. Le DSI doit faire partie du comité exécutif
car la technologie est un composant à part entière de
la compétitivité et de la performance des entreprises
et des administrations.
Le DSI devra peut-être s'entourer d'un directeur technologique,
le "Chief Technology Officer", ou d'un expert en méthodologie
de développement. Il devra de toutes les façons passer moins
de temps sur la technologie, ce qui ne veut pas dire qu'il
sera moins technique, et consacrer plus de temps aux activités
relatives à la gestion de l'entreprise. C'est une tendance
que les entreprises seront obligées de suivre pour rester
compétitives.
La consolidation des éditeurs
va-t-elle selon vous se poursuivre en 2006 ?
Je pense en effet qu'elle va se poursuivre, car le marché
est encore fragmenté. La logique d'ensemble consiste à
simplifier l'informatique pour les clients.
Une façon
de le faire passe par la consolidation du secteur pour
ne laisser que quelques grands acteurs se partager les
grands domaines de l'informatique, ceci afin que le client
n'ait pas besoin de passer des accords avec une multitude
de fournisseurs. Dans les entreprises, nous devrions assister
à une réduction des "shorts lists" d'éditeurs, à l'image
de ce qui s'est produit pour les intégrateurs.
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Propos recueillis par Yves DROTHIER, JDN Solutions |
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PARCOURS
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Michel Savoie est responsable EMEA de l'activité
Technology, Integration & Infrastructures chez
BearingPoint. Il est titulaire d'un Master en sciences à l'Université de Concordia et McGill.
2002 Arrivée chez BearingPoint
1995-2002 Andersen Business Consulting
1993-1995 Sapient
1989-1993 Silicon Graphics
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