Interview
 
17/04/2007

Jacques Névians (Agence de l'eau Loire Bretagne) : "Notre architecture s'appuie sur une bibliothèque de services"

L'établissement présente un métier particulier. Sa vocation : apporter une aide aux initiatives en faveur de l'eau sur le bassin Loire Bretagne. Une caractéristique qui explique une orientation vers le développement spécifique...
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En quoi consiste votre système d'information métier ?

Notre système métier mémorise un grand nombre de données financières et techniques liées au bassin Loire Bretagne. Il s'agit d'une base de connaissances en termes de réseau hydrographique, de qualité de l'eau (etc.), avec à la clé des fonctions de géolocalisation. Cette source contient les informations nécessaires à notre travail d'aide aux opérations d'intérêt général en faveur de l'eau et de sa protection [ndlr études, travaux, ouvrages], notamment au niveau des ressources de surface. Nous travaillons notamment avec de nombreux acteurs des collectivités locales, des entreprises, du monde agricole...

Cette base de données apporte un support à nos instructeurs qui gèrent les dossiers d'aide, ainsi qu'aux cellules techniques qui suivent les dossiers d'intervention. Evidemment, nous devons prendre en compte la réglementation, mais également intégrer des pratiques de bonne gestion.

Vous mettez en place un référentiel de données standard. En quoi consiste ce projet ?

Nous nous sommes récemment lancés dans une démarche d'urbanisation. Nous avons commencé par construire un référentiel de données pour l'ensemble de l'agence. Il décrit nos principaux champs d'action. Chaque domaine est porté par un axe. Ce système nous permet de bâtir nos applications de gestions puis grâce aux applications décisionnelles, il permet par exemple de croiser les éléments techniques et financières selon les axes du référentiel tel le fait d'être présent dans une zone à risque, de suivre nos d'interventions par critères géographiques ou thématiques et de fournir des informations de synthèse ou détaillées pour nos instructeurs sur le terrain.

Cette base répertorie également l'ensemble des interlocuteurs avec lesquels nous travaillons : les entreprises, le monde agricole, les collectivités locales, les associations, nos fournisseurs, nos partenaires….. Ces acteurs sont immatriculés et qualifiés sur le plan administratif en fonction de leur niveau de relation avec l'Agence de l'eau. Le référentiel nous permet aussi de regrouper des informations techniques sur les infrastructures : stations d'épuration, usines, etc. Enfin le référentiel comprend le réseau hydrographique que l'Agence a en charge. Pour chacun des axes du référentiel est constituée une équipe de maîtrise d'ouvrage animée par la DSI qui joue ici un rôle important dans le partage de l'information, la cohérence de celle-ci, et le pilotage des projets informatiques associés.

Quels sont vos principaux choix d'infrastructure logicielle ?

"Nous passons à un environnement multi-niveaux J2EE"

Nous avons évolué d'une technologie de site central vers le client / serveur. Aujourd'hui, nous passons à un environnement multi-niveaux. Ce choix a été réalisé dans notre schéma directeur informatique 2003-2007. Pour ce nouveau virage, nous avons retenu J2EE. Nous avons sélectionné le serveur d'applications Open Source JBoss. En lien avec Valtech et Borland, nous avons réalisé une étude d'architecture, et défini un cadre méthodologique et d'architecture, réalisé un FrameWork.

Dans la mesure où nous sous-traitons la mise en œuvre de nos développements à des SSII, l'idée était de se donner les moyens de maîtriser ces travaux'. Dans tous les cas nous réalisons nous mêmes l'intégration et le recettage, et exigeons des documents sur les procédures d'exploitation. L'idée est de garantir la cohérence de notre urbanisation et de notre infrastructure matérielle et logicielle, jusqu'aux règles de gestion définies. En tant qu'organisme public, nous nous devons également de fournir un cadre assurant l'égalité de traitement des acteurs lors des appels d'offres, et donc de faciliter le passage d'un projet d'un prestataire à l'autre au sein d'un cadre clair.

Quelles sont les méthodes de travail que vous avez retenues ?

Nous avons défini une démarche basée sur l'UML combinée à une méthode itérative. Nous nous appuyons sur l'outil CaliberRM de Borland pour définir notre référentiel d'exigences, à la fois d'un point de vue fonctionnel et technique. Le logiciel Together du même éditeur nous permet de tracer les exigences vers les cas d'utilisation. Nous utilisons Mega pour la modélisation merisienne. Enfin, l'outil Open Source Maven nous sert à compiler, tester et déployer nos applications, et des procédures de contrôle de la qualité du code ont été définies.

En termes d'architecture...

Notre architecture J2EE est basée sur un ensemble de services sous forme de composants Java, réutilisables d'application en application. L'idée est d'obtenir un retour sur investissement. Nous élaborons deux grands types de service : des services d'accès à notre référentiel de données d'une part, des services d'appel d'écran de gestion d'autre part.

Quels ont été les principaux enjeux de cette migration vers J2EE ?

"L'ensemble des applications relevant de notre coeur de métier est développée de façon spécifique"

Le premier enjeu était de bien comprendre les plates-formes de développement et de production. Ce point était important dans la mesure où nous devions réaliser des spécifications à la fois techniques et fonctionnelles. Nous avons investi une vingtaine de jours de formation par ingénieur. Ensuite, nous avons commencé par réaliser un prototype simple, avant de nous attaquer à des projets plus complexes.

La période d'apprentissage a duré environ un an et demi. Aujourd'hui, en fin de réalisation importante, nous sommes entrés dans une phase de consolidation, d'optimisation avec notamment la mise en place d'outils de supervision, de la gestion de la performance d'exécution à celle des éventuelles erreurs.

Dans quels cas optez-vous pour le développement spécifique ?

Globalement, l'ensemble des applications relevant de notre coeur de métier est développée de façon spécifique. C'est le cas par exemple de notre système de gestion des aides, des redevances, de nos référentiels. Pour le reste, nous optons pour des solutions du marché. Tout comme les développements maison, nous passons petit à petit nos progiciels dans la nouvelle architecture J2EE. Le système d'information RH et le système comptable devraient basculer dans l'environnement J2EE d'ici l'année prochaine.

Quels sont vos projets sur le Web ?

L'une de nos prérogatives est de porter un message de sensibilisation au grand public sur la question de l'eau. Dans cette optique, nous avons développé un nouveau site Internet pour la Direction de la communication que nous avons récemment refondu. Lui aussi s'appuie sur l'architecture J2EE. Nous nous préparons également à l'ouverture du système d'information vers l'extérieur, pour la télédéclaration des redevances, la mise à disposition des dossiers d'aides, la synthèse cartographique de données sur l'eau...

 

 
DSI de l'Agence de l'eau Loire Bretagne
 
  Effectif 20 personnes (auxquelles s'ajoutent environ 25 prestataires)  
  Serveurs 50 (Windows, Linux, Unix)  
  PC 430 (Windows)  

Jacques Névians est titulaire d'un Doctorat en électronique, traitement du signal à la faculté des sciences d'Orsay

1995 DSI à l'Agence de l'eau Loire Bretagne
1989 Directeur technique & consultant en SSII
1978 Responsable d'une équipe d'étude à la Caisse Nationale de Crédit Agricole
1975 Chef de projet en SSII

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