Imprimantes 3D : comment ça marche Imprimantes 3D : des solutions Open Source qui se ferment ?

Autre logiciel phare de pilotage dans l'impression 3D : Replicator G, qui peut lire et traiter les fichiers .GCode ou STL à partir d'un PC (Mac, Windows, Linux), envoyer les instructions aux imprimantes, charger les nouveaux firmwares ou contrôler les températures. Il peut diriger plusieurs modèles d'imprimantes, MakerBot Replicator, Thing-O-Matic, CupCake CNC ou RepRap. Ce logiciel est Open Source, totalement gratuit, et régulièrement mis à jour.

Craintes d'une fermeture des technologies

Bon nombre des solutions clé utilisées pour les impressions 3D sont donc Open Source. Le développement de l'imprimante 3D a très largement reposé sur les efforts d'une communauté. Or, aujourd'hui, l'un des piliers de cette communauté, le constructeur MakerBot, a décidé de fermer une partie de ses technologies. Contrairement aux versions précédentes, le code source de la dernière version de son logiciel de pilotage de machines, MakerWare, n'est plus disponible. Certains composants, plans et caractéristiques techniques des imprimantes de cette marque ont également disparu. Les modifications de certaines clauses des conditions d'utilisation ont également inquiété certains acteurs de l'Open Source.

louis montagne, ceo d'af83, et expert en open source et open hardware.
Louis Montagne, CEO d'af83, et expert en Open Source et Open Hardware. © Benjamin Boccas

L'un des principaux constructeurs tenté par le modèle propriétaire ?

Plus globalement, la communauté redoute surtout que la grande levée de fonds (10 millions de dollars) réalisée par MakerBot l'année dernière ne pousse cette entreprise à abandonner un modèle pleinement basé sur l'ouverture (Open Hardware et Open Source), pour fermer progressivement des technologies qui ont pourtant un socle bâti et partagé par la communauté. Cette dernière a "sans doute réagi avec un peu de démesure. Bon nombre des outils restent Open Source", défend Romain Pouzol, qui distribue cette marque en France

De son côté, Louis Montagne CEO d'af83, coorganisateur de l'Open World Forum, veut aussi tempérer, en faisant valoir que les codes, plans et solutions de MakerBot sont disponibles sur GitHub et ne sont donc pas aujourd'hui "si fermés", même s'il n'est pas impossible, reconnaît-il également, que l'entreprise, autrefois chantre de l'Open Source, "se prépare à potentiellement se tourner vers une démarche plus fermée qu'auparavant". Ce bon connaisseur de Open Hardware rappelle, en outre, que "dans  l'Open Source, il est toujours possible de créer un fork en réaction à ce genre de virage que la communauté Open Source ne veut pas assumer". L'histoire de l'Open Source en est en effet jalonnée.  

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