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Créée en août 2000, la
société Amoweba
lancera en juin un nouvel outil de recherche sur Internet issu des sciences
cognitives, cette discipline qui étudie la connaissance. Co-fondée
par un docteur de cette discipline, la société exploite
des travaux réalisés depuis mars 2000 dans le but de cérer
une solution peer-to-peer fondée sur le modèle des réseaux
de neurones. A l'origine du projet, ses initiateurs placent la nécessité
de faire face à la surabondance croissante du nombre de documents
et d'informations disponibles sur le Net. A cette fin, l'outil s'inspire
du fonctionnement du cerveau humain pour reproduire son fonctionnement
à l'échelle d'une infrastructure informatique distribuée.
Baptisé à juste titre Human
Links, le produit final devrait ainsi offrir un niveau de pertinence
des réponses et des capacités de personnalisation inégalés
jusqu'à présent.
Organiser les informations
selon ses propres critères...
Yves Simon, l'un des deux
co-fondateurs d'Amoweba, explique qu'il va s'agir pour l'utilisateur de
"télécharger un logiciel sur son PC puis d'effectuer
l'indexation des pages qui l'intéressent, de ses favoris, selon
ses centres d'intérêt". Passé ce point de départ,
le logiciel commence d'opérer : "l'ordinateur propose
alors une classification automatique sur le modèle d'un réseau
de neurones". Dès lors, l'utilisateur peut intervenir à
tout moment pour exploiter et développer ce que le vice-président
d'Amoweba appelle sa "base de connaissances". Libre à
chacun, donc, de créer ses propres critères de pertinence...
et adieu les classements imposés par les moteurs et autres guides
traditionnels.
Parfaitement intégré à l'environnement web, le logiciel
prend la forme d'options ajoutées au navigateur et d'une interface
plus complète le cas échéant : "une carte
est représentée, sur laquelle il est possible d'intervenir".
Au fil de sa navigation, l'internaute peut donc ajouter un document à
sa propre base ou encore lancer une requête. Mais l'interface graphique
de Human Links permet surtout de visualiser les informations selon un
"regroupement graphique par pôles de centres d'intérêt",
indique Yves Simon. On imagine une ergonomie vraissemblablement proche
de celle du nouveau moteur graphique Kartoo.com,
bien qu'appuyée sur une technologie radicalement différente.
Car il s'agit ici pour l'utilisateur d'intervenir librement sur cette
organisation graphique des informations : rapprochement, éloignement,
ajout ou suppression d'éléments.
...et mutualiser l'indexation obtenue
Au-delà de l'interactivité
entre le logiciel client et son utilisateur, la magie de Human Links réside
peut-être avant tout dans sa fonction de partage des connaissances :
à la différence des moteurs classiques, "il n'y a pas
de serveur central ou de grosse base de données, souligne le co-fondateur
d'Amoweba. La requête en environnement distribué repose sur
des algorithmes qui nous sont propres". Le principe consiste donc
à envoyer des requêtes à l'ensemble des bases de connaissances
connectées. En fonction des centres d'intérêts individuels
de l'utilisateur à l'origine de cette requête, les bases
les plus pertinentes seront sollicitées. Et tout ou partie des
informations obtenues pourront alors être intégrées
par l'utilisateur à sa propre base.
Très attaché à "respecter l'anonymat des utilisateurs
suivant une éthique et une politique très stricte",
Yves Simon insiste néanmoins sur les enjeux commerciaux d'une telle
solution pour sa société. En tant qu'architecture peer-to-peer,
le vice président rappelle au sujet de Human Links que "plus
il y a de gens qui l'utilisent, plus c'est intéressant en termes
de pertinence". D'où l'idée de s'assurer dès
le lancement un nombre d'utilisateurs suffisant pour rendre l'outil efficace :
l'opération "100 000 beta-testeurs" a donc été
mise en place pour inciter les internautes à télécharger
la première version beta dès sa sortie en juin. A la clé :
des cadeaux pour les testeurs et l'objectif d'atteindre 5 000 pages
indexées par utilisateur comme base globale de départ. Le
"moteur de recherche de 3ème génération"
devrait ainsi pouvoir faire la preuve de ses capacités immédiatement.
Un modèle économique humanisé ?
Avec un effectif de 19 personnes,
Amoweba espère rapidement convaincre les investisseurs du potentiel
de sa solution pour s'attaquer au marché américain. Concernant
son modèle économique, un procédé original
a également prévalu aux chois stratégiques des fondateurs :
"une version gratuite permettra uniquement d'indexer des pages web
tandis que la version payante intègrera les documents PDF, Word,
etc.", résume Yves Simon. La première proposera simplement
à l'internaute de recevoir de la publicité, sans pour autant
l'y obliger. "Je ne vois pas à quoi cela servirait d'envoyer
de la publicité à quelqu'un qui n'en veut pas", poursuit
le vice-président. La version "expert" sera commercialisée
pour un prix situé entre 20 et 25 dollars par licence.
De plus, l'utilisateur souhaitant recevoir de la publicité pourra
indiquer l'importance qu'il accorde à diverses thématiques
et ainsi "doser" la publicité affichée en fonction
de ses centres d'intérêts. Et l'idée ne s'arrête
pas là : pour que l'utilisateur tolère les messages
publicitaires, Human Links ne se contente pas de cette fonction de personnalisation
mais s'engage à reverser 50% des revenus qui en découlent
à des organisations engagées dans le domaine concerné.
ONG ou autres institutions consacrées par exemple à l'enfance
bénéficieront ainsi de reversements "correspondant
à des causes liées aux centres d'intérêts des
utilisateurs". Etrange qu'Yves Simon paraisse défavorable
au qualificatif de "révolutionnaire" concernant sa solution...
[Pascal Bories, JDNet] |