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Qu'est-ce que la
business intelligence ? Quelle différence avec le décisionnel
?
Terme anglais signifiant "intelligence d'affaires", la business
intelligence couvre l'ensemble des technologies permettant en bout de
chaîne d'apporter une aide à la décision. De fil en
aiguille, le mot "décisionnel" correspond simplement
à la traduction française du terme "business intelligence".
Pour être aidé dans ses choix, le décideur a besoin
d'une information exacte lui permettant de jauger son activité
à l'aide d'indicateurs de performance clefs. Sans cette démarche
critique, les décisions perdent de leur acuité ou prennent
beaucoup plus de temps. Or, le décideur de la nouvelle économie
dispose d'un temps de plus en plus réduit.
Quelles sont les quatre grandes étapes
de la chaîne, ou du processus décisionnel ?
Etape 1 : extraction des données. Pour produire les indicateurs
voulus, il convient d'aller chercher les données où elles
se trouvent. Connecté aux différentes applications et bases
de données, l'outil d'ETL se charge de récupérer
ces données et de les centraliser dans une base de données
particulière, l'entrepôt de données.
Etape 2 : consolidation. Une fois les données centralisées,
celles-ci doivent être structurées au sein de l'entrepôt
de données. Il s'agit d'un pré-traitement permettant aux
outils d'analyse d'y accéder plus facilement, sachant que ces entrepôts
ne sont pas nourris à la main.
Etape 3 : traitement. En fonction d'une question plus ou moins
complexe posée à l'aide d'un formulaire, l'outil d'analyse
recueille la requête et confronte les données correspondantes,
de façon à produire les indicateurs voulus.
Etape 4 : restitution. Egalement appelée reporting, cette
étape se charge de diffuser et de présenter les informations
à valeur ajoutée de telle sorte qu'elles apparaîssent
de la façon la plus lisible possible pour le décideur.
Qu'est ce qu'un ETL ? Et quelle différence
avec l'EAI ?
Pour en extraire les données utiles, l'outil d'ETL (Extraction
transfer loading) doit pouvoir se connecter aux sources, qu'il s'agisse
des applications ou des bases en production. En ce sens, il joue un rôle
d'intégration au niveau des données. De son côté,
l'EAI (Enterprise application integration) est un domaine général
qui regroupe toutes les formes d'intégration entre des applications,
des processus ou/et des interfaces. Par voie de conséquence, l'ETL
est donc un sous-ensemble de l'EAI positionné sur l'intégration
des données.
(Voir aussi notre questions
- réponses sur l'EAI)
Pourquoi choisir un datawarehouse plutôt
qu'un datamart, et vice-versa ? Quelles sont les principales différences
entre les deux ?
D'un point de vue technologique, il
n'y a a priori que très peu de différences entre
les deux, qui sont des entrepôts de données à part
entière. Mais sur son utilisation, le datawarehouse s'avère
complètement centralisé, et regroupe des informations en
provenance d'applications transversales ou disséminées à
travers l'entreprise, en vue de produire une vision plus globale lors
de l'étape de restitution. De l'autre côté, le datamart
est plus spécialisé suivant une fonction ou un domaine vertical
de l'entreprise. Et l'on trouve, par exemple, des datamarts spécifiques
reliés aux centres d'appels afin d'analyser le service client.
Pourquoi parle-t-on d'analyse multi-dimensionnelle
?
Pour pouvoir analyser des données
représentant l'activité d'une entreprise, il faut pouvoir
les modéliser suivant des axes. Ainsi, pour prendre l'exemple le
plus courant, le chiffre d'affaires par catégorie de client sur
un produit donné se décline en trois axes au minimum : chiffre
d'affaires, catégorie de clients, et produit. De nombreux autres
axes peuvent être définis, notamment en fonction de la zone
géographique, du prix, ou d'un commercial de l'équipe en
charge des opérations.
A quoi sert un cube Olap ?
Ici, le cube est une vue de l'esprit
car il comporte en général plus de trois dimensions. Le
"cube" en question représente les axes de l'entreprise
évoqués dans la question précédente. Ensuite,
Olap (Online analytical processing) qualifie la méthode analytique
en tant que telle, qui s'applique à ce modèle multi-dimensionnel.
Existe-t-il d'autres formes d'analyse, comme
le data mining ? Quel est son usage ?
En général plus anciens
que les algorithmes d'analyse multi-dimensionnelle, ceux de data mining
emploient une approche statistique pour dessiner des courbes dans le temps.
A partir d'un certains nombre d'événements observés
et historisés, il est parfois possible de prévoir selon
les critères entrés au préalable comment la courbe
va évoluer. Par exemple, le data mining est souvent utilisé
par les opérateurs pour prévenir le "churn", c'est
à dire le moment même où les abonnés d'un réseau
de télécommunication vont devenir infidèles. Dans
ce cadre, seule une historisation du comportement de l'utilisateur (achat
de services, degré d'utilisation...) permet de définir des
probabilités en fonction de critères tirés d'observations
préalables.
A quel besoin
répondent les applications analytiques ? Permettent-elles
d'effectuer du reporting de masse ?
Parmi les outils d'analyse et de restitution,
certains s'adressent à un petit nombre d'utilisateurs, qui sont
des décideurs à haut niveau. Leur besoin se tourne vers
une analyse poussée, qu'il est possible d'affiner en reformulant
différemment la requête. Ces logiciels, qui constituent la
spécialité d'éditeurs comme Business Objects, sont
regroupés derrière le vocable "applications analytiques".
A l'inverse, ceux qui permettent de diffuser les indicateurs vers un périmètre
très large d'utilisateurs dans l'entreprise entrent dans le cadre
du reporting de masse. Le plus souvent, les requêtes sont pré-paramétrées
et ne peuvent pas être affinées, l'objectif étant
de réduire au maximum la charge.
Pourquoi la gestion de la relation client est-elle
le premier domaine d'application des technologies décisionnelles
?
Tout d'abord, la gestion de la relation
client (CRM) constitue depuis l'an 2000 l'un des budgets les plus importants
consacrés aux systèmes d'informations. Une fois ces progiciels
installés, les données clients sont stockées dans
des bases relationnelles. Mais pour piloter les forces de vente ainsi
que les campagnes marketing, il faut transformer les données brutes
en indicateurs. En plus de se situer dans la mouvance actuelle, la gestion
de la relation client se prête donc très bien à des
applications de business intelligence.
Mais le CRM n'est pas le seul domaine concerné. Parmi les principales
cibles des technologies décisionnelles, l'on trouve également
la gestion financière et le contrôle de gestion, les ressources
humaines, l'optimisation de la production et des applications à
caractère scientifique. Enfin, de nouvelles aires apparaîssent
de plus en plus concernées, comme l'optimisation de la chaîne
logistique et le contrôle qualité.
[François Morel, JDNet] |