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L'autorité de régulation des
télécommunications (ART) vient de publier la synthèse
de la consultation qu'elle a organisée à la mi-juin sur
la mise en oeuvre du protocole Enum.
Un texte qui souligne les dérives possibles et tente d'ordonner
les priorités.
Le protocole de la convergence
Elaboré
sous la tutelle de l'IETF,
le protocole Enum s'apparente à un mécanisme de conversion
afin d'associer des numéros de téléphones à
des services de communication (mail, fax, téléphonie sur
IP, etc...). Si un tel protocole était déployé, il
permettrait à un internaute de saisir un numéro de téléphone
dans son navigateur Web afin d'aboutir à son interlocuteur via
les procédés de communications que ce dernier a indiqué
par ordre de priorité. Bref, Enum entend faciliter la fameuse convergence
entre les technologies internet et la téléphonie. Une convergence
qui, inévitablement, implique à la fois des acteurs de l'internet
et de la téléphonie.
L'ART souffle le froid
Et c'est
bien le sens des remarques de l'ART qui souligne la nécessité
de "subordonner la gestion des noms de domaine Enum à celle
de la numérotation". Cela afin de ne pas perturber le système
en place pour la numérotation téléphonique. Assez
logiquement, l'ART préconise une entente internationale, notamment
entre des organismes tels que l'ICANN (Internet Corporation for Assigned
Names and Numbers) et l'UIT (Union internationale des télécommunications).
Aux yeux de l'ART, seule une discussion à ce niveau permettra de
poser les bases saines d'une exploitation d'Enum. Et pour souligner encore
son propos, l'ART mentionne à bon escient qu'une large adoption
d'Enum ne peut être envisagée si "la confidentialité
et la sécurité" des informations stockées dans
les bases Enum n'est pas garantie.
Manifestement soucieuse de désamorcer l'emballement commercial
et le chaos technico-juridique que pourrait susciter Enum, l'ART juge
"prématurée" toute considération sur le
marché potentiel des services Enum tant que ces derniers ne sont
pas "clairement identifiés". Bref, sur le dossier Enum,
l'ART choisit pour le moment de souffler le froid. Une prudence qui se
comprend au regard de l'imbroglio que représente la gestion des
noms de domaines Internet.
[Cyril Dhenin, JDNet] |