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Qu'appelle-t-on
exactement un virus ?
Un virus est un programme malicieux
capable de se répliquer sur un ordinateur, et c'est tout. Pour
ce faire, il peut remplacer, se nicher à l'intérieur ou
se greffer à des portions de codes éxécutables. Depuis
le premier virus inventé par un étudiant californien pour
son compte dans les années 60, suivi du premier lâché
dans la nature au milieu des années 70 par deux programmeurs pakistanais,
des dizaines de milliers ont fait leur apparition (10 000 selon
certains, jusqu'à 50 000 selon d'autres).
Les vers
sont-ils des virus ?
A la différence des virus, les vers ne se répliquent
pas sur un même ordinateur. Leur caractéristique première
vise à se propager à travers un réseau (généralement
Internet), d'un ordinateur à l'autre. La catégorie la plus
dangereuse de vers reste aujourd'hui les "mass mailers", qui
s'auto-envoient au maximum de personnes possibles figurant dans le carnet
d'adresse du client de messagerie. Un ver comme SirCam
s'avère même capable de se servir des e-mails figurant dans
le fichier cache du naivgateur Internet Explorer, qui conserve les informations
de navigation de l'internaute sur les sites web qu'il a visités.
Certains vers peuvent aussi être des
virus, mais la plupart ne le sont pas même si la tendance est au
mélange des genres...
Comment différencier
les virus et les vers des chevaux de Troie (ou Trojans) ?
A l'époque de la guerre de Troie pendant l'antiquité,
les Achéens tentèrent de conquérir les Troyens en
entrant dans l'enceinte de la ville à l'aide d'un cheval en bois
offert comme cadeau, creux mais rempli de soldats. Une fois dans la place,
ceux-ci avaient franchi les barrières sans difficultés et
purent attaquer les habitants de la ville de Troie de l'intérieur.
C'est ainsi que procèdent les Trojans, ou chevaux de Troie, qui
à l'inverse des virus ne se répliquent pas d'eux-même.
Sous
forme de fichiers compilés mais aussi de scripts éxécutables
(VBScript, JavaScript...), les chevaux de Troie peuvent avoir plusieurs
fonctions plus ou moins destructrices. Celles-ci s'étendent de
l'ouverture d'une fenêtre avec un message, jusqu'au formatage du
disque dur, en passant par l'ouverture d'une porte de derrière,
ou "backdoor", qui donne le contrôle de la machine infectée
à un pirate situé n'importe où sur la planète.
Des outils de hackers comme BackOrifice et SubSeven sont caractéristiques
de cette dernière tendance, et permettent au pirate de télécharger
des fichiers sur le disque dur, de déplacer le pointeur de la souris,
d'éteindre l'écran ou même d'ouvrir le lecteur de
CD à distance. Ces symptômes représentent autant de
signes de sa présence, tout comme le fait de constater un flux
sortant disproportionné lors d'une connexion Internet en cas de
vol de fichiers. Une fois détecté,
un cheval de Troie devient le plus souvent inoffensif s'il ne combine
pas cette fonction avec celle d'un virus, puisqu'il suffit de supprimer
le fichier incriminé et de vider la corbeille. (lire
à ce sujet la chronique de Joël Rivière)
Qu'en est-il des macro-virus ?
Ils constituent la plus importante (à 80 %) des
quatre grandes catégories de virus, et sont apparus lors de l'introduction
des premières "macros-commandes" dans les logiciels de
bureautique de Microsoft (Word, Excel, Powerpoint...). Ces macros incluses
dans certains fichiers .doc, .xls etc. donnent la possibilité d'éxécuter
des traitements spécifiques sur le document qui les contient. Un
virus peut donc s'insérer sous forme de macro, et utiliser les
capacités du logiciel pour se copier à l'intérieur
des autres documents du même type, voire créés par
d'autres outils bureautiques avec lequel celui-ci peut communiquer.
Et les trois autres catégories de virus
?
La seconde concerne les virus de "boot", qui s'installent
sur le premier bloc d'une disquette ou d'un disque dur, c'est à
dire la séquence initiale de démarrage de l'unité
en question. La troisième n'infecte que les fichiers éxécutables
(extensions .COM, .EXE, .DAT, .LNK, .DRV, .DLL, .BIN, .SYS...). Et la
quatrième catégorie, celle des virus multi-formes, combine
les différentes méthodes d'infection ci-dessus.
Quelles sont les principales méthodes
de propagation employées par les vers ?
Les vers ont donc pour propriété de s'envoyer
tout seuls d'un ordinateur à l'autre sur Internet ou sur un réseau
local. Pour cela, la méthode la plus usitée reste la messagerie
avec l'expédition d'un email, infecté soit dans sa pièce
jointe, soit plus rarement, dans le code HTML du message, aux utilisateurs
du carnet d'adresse. Plus récemment, nous avons pu constater l'apparition
d'un second type de vers relativement préoccupants. Il s'agit de
la classe serveur intégrant CodeRed qui utilise les failles de
sécurité non éradiquées à l'aide des
correctifs en vigueur. D'autres vers, plus anciens mais encore peu répandus,
se transmettent à un internaute via une simple connexion à
une page web. Enfin, il en existe encore qui empruntent des chemins détournés,
comme les réseaux d'imprimantes partagés, certains ports
TCP/IP ouverts par exemple pour la messagerie instantanée (ICQ,
AOL, Messenger), et les canaux de discussion sur IRC.
Tous ces codes malicieux sont-ils dangereux ?
Non. Certains affichent des messages et ne font que prendre un peu de
mémoire pour cela. D'autres, qualifiés de virus antivirus,
servent même à éradiquer certains de leurs prédécesseurs
jugés dangereux, avant de se suicider en s'auto-effaçant.
Mais attention à ces derniers, car ils ne sont pas programmés
par des professionnels de l'antivirus et peuvent mal réparer les
infections en laissant les codes malicieux toujours actifs. Enfin, il
en existe qui font acte de charité, comme le ver VBS/Noped qui
dénonce après examen des fichiers sur le disque dur, les
pédophiles aux principales organisations chargées de les
débusquer.
Existe-t-il des virus qui entrent dans plusieurs
de ces catégories ?
Oui, comme vous l'aurez compris, un ver peut transporter et
installer un virus, et peut aussi être un cheval de Troie. Il existe
à l'heure actuelle plusieurs dizaines voire centaines de codes
malicieux combinés ou enchaînés, et leur nombre croît
très rapidement.
Pourquoi certains virus ou vers de conception
récente retardent-ils les éditeurs d'antivirus dans la mise
en place de correctifs ?
La dernière génération de codes malicieux
devient d'une complexité presque machiavélique. En effet,
certains spécialistes de la sécurité ont détourné
l'acronyme PE (Portable Executable, le mode d'éxécution
des applications sous Windows) pour qualifier ces virus et vers mutants.
"Polymorphic encrypted" signifie que :
1/ le virus est polymorphe et modifie tout seul certaines de ses portions
en vue d'empêcher une reconnaissance par les antivirus classiques.
2/ il chiffre les parties stratégiques de son code source afin
de les rendre illisibles par les techniciens des laboratoires de recherche.
Parfois, le programme dispose de plusieurs algorithmes et/ou modifie régulièrement
les clefs pour rendre encore plus difficile le déchiffrement.
Malgré tout, certains éditeurs ont mis en place des méthodes
qui leur permettent d'avancer beaucoup plus rapidement face à ces
menaces dont les premiers représentants virtuels datent de 1999.
La multiplication des virus polymorphiques réclamant un certain
savoir-faire chez leurs auteurs n'empêche pas leur éradication,
et ne justifie pas le refus d'installer un antivirus.
Rappelons également qu'un code malicieux peut exister en plusieurs
versions différentes, notamment si un second pirate a mis la main
sur le code source de la première version et a effectué
quelques petites modifications. Mais globalement, une fois que la méthode
employée par le ver pour se propager est identifiée et peut
être contrée, celui-ci devient beaucoup moins dangereux en
présence d'un antivirus mis à jour.
Tous les dégâts causés par
un virus peuvent-ils être réparés ? Que se passe-t-il
si un virus a "flashé" le BIOS ?
Certains dégâts ne peuvent être réparés,
comme la perte de fichiers si le virus a remplacé leurs contenus
par son propre code ou des chaînes de caractères. Mais s'ils
sont seulement supprimés, il est parfois possible de les récupérer.
Le formatage de certaines portions du disque dur peut lui aussi s'avérer
fatal.
Mais l'une des pires choses qui puisse arriver suite à une infection
est en effet le flashage du BIOS (Basic input/output system), provoqué
notamment par les très dangereux CIH/Tchernobyl et Magistr. Le
BIOS se trouve dans une puce réinscriptible sur la carte mère
du PC et est chargé en mémoire dès l'allumage de
l'ordinateur afin d'assurer sa mise en route, qui passe par la reconnaissance
des différents périphériques de base comme le lecteur
de disquettes et les disques durs. Une fois modifié par un virus
de façon pernicieuse à même la puce électronique,
il n'est plus possible de redémarrer l'ordinateur, même à
l'aide d'une disquette de boot. Seul le fait de changer la carte mère
permettra un redémarrage. Et il sera préférable d'isoler
le disque dur infecté afin d'éviter cela ne se reproduise.
Que signifie l'appellation "in the wild"
?
Elle qualifie les virus et les codes malicieux qui sont répandus
chez des utilisateurs et/ou dans des entreprises. Tous ne se sont pas
propagés car certains ne sont jamais sortis des machines de leurs
programmeurs qui ne souhaitaient pas les diffuser, voire même des
laboratoires des éditeurs d'antivirus qui adoptent souvent une
attitude proactive dans la détection des menaces.
Qu'est-ce qu'un "Hoax" ?
Un hoax est une fausse nouvelle, souvent reprise par un ou
plusieurs médias. Il y a quelques années, certains éditeurs
d'antivirus ont été accusés d'abuser de fausses annonces
de nouveaux virus. Aujourd'hui, la plupart d'entre eux sont sérieux,
et quelques-uns en dressent même une liste exhaustive (par exemple
Symantec
et Trend
Micro). Il peut aussi arriver qu'un e-mail s'annonce comme un code
malicieux, ou qu'un fichier éxécutable (.COM, .EXE, .SYS,
.PIF...) ouvre une fenêtre avec marqué dedans "je suis
un virus", mais qu'il n'en soit rien.
Pourquoi dans les encyclopédies de virus
des éditeurs spécialisés, les codes malicieux portent-ils
plusieurs noms ? Existe-t-il des initiatives de normalisation ?
Chaque éditeur travaille de son côté avec
ses laboratoires et emploie son propre vocabulaire pour qualifier les
codes malicieux qu'il identifie. Par exemple, le triste SirCam est nommé
W32.Sircam.Worm@mm, TROJ_SCAM.A, et SCAM.A selon différents éditeurs.
Selon ce que rappelle l'organisme américain indépendant
WildList Organisation,
dont l'un des rôles consiste justement à aboutir à
une normalisation
de la terminologie, cela peut s'avérer absurde. Car il se peut
qu'un jour, un virus dangereux soit pris pour un inoffensif portant un
nom identique ou suffisamment proche, et que les démarches pour
le contrer ne soient pas mises en oeuvre d'une manière efficace.
Si mon PC est équipé de Linux,
ou si je possède un Macintosh, suis-je à l'abri des virus
?
Non. Les systèmes Linux et les Macintosh ne peuvent
généralement pas être infectés par des programmes
conçus pour fonctionner sur Windows. Mais ces plates-formes ne
sont pas hors de portée de développeurs mal intentionnés.
Et il existerait à l'heure actuelle quelques milliers de virus
au moins spécialement conçus pour infecter les ordinateurs
de marque Apple. Sur Linux, moins d'une centaine sont recensés
à l'heure actuelle en raison du caractère récent
du système d'exploitation. D'autres comme certains Unix et l'ancien
OS/2 Warp d'IBM n'en connaîssent que quelques-uns. Enfin, des ancêtres
parmi les micro-ordinateurs comme l'Amiga de Commodore et l'Atari ST avaient
eux aussi rencontré leur lot de virus au tout début des
années 90, et plusieurs milliers voire dizaines de milliers ont
été répertoriés rien que sur le premier des
deux.
Que dois-je faire pour me protéger efficacement
contre les virus et les autres codes malicieux ?
La première des précautions
consiste à installer un logiciel antivirus. Au minimum, celui-ci
doit passer au crible les fichiers sur le disque dur de façon régulière,
et observer en permanence les mouvements de code suspects dans les zones
de la mémoire ciblées par les virus. C'est le cas d'Antivirus
Toolkit Pro de l'éditeur Kaspersky
Labs qui n'est pas très cher. Si vous souhaitez installer plusieurs
antivirus, choisissez-les de préférence complémentaires
chez le même éditeur, et non concurrents entre deux éditeurs.
Car ceux dont les objectifs sont les mêmes partagent certaines ressources
système et peuvent ainsi occasionner des plantages parfois sévères
(réinstallation de Windows...).
En terme de complémentarité, l'antivirus du poste client
peut se coupler avec un autre au niveau de la messagerie, et un troisième
pour surveiller les interactions avec les sites web. Dans une entreprise,
tous les points d'entrée peuvent être surveillés par
la plupart des gammes de produits (Trend
Micro, McAfee,
Sophos, Symantec).
Ou alors, vous pouvez aussi combiner un antivirus fonctionnant par mises
à jour d'une base de définitions de virus avec un analyseur
de type Orion (déjà combiné dans F-Secure)
ou Viguard (Tegam).
Ensuite, une bonne protection logicielle contre la plupart des chevaux
de Troie et certains vers consiste à installer un firewall (pare-feu
en bon français), qui va bloquer l'arrivage de fichiers intrusifs
sur les ports
TCP/IP écoutés par des applications. Vous pouvez au
minimum exploiter le pare-feu fourni en standard sur Windows XP. Ou sur
d'autres versions de cet OS, installer et configurer un firewall gratuit
comme ceux que nous proposons sur JDNet
Téléchargement (dont ZoneAlarm).
NeoTrace
Express et Sygate
Personal Firewall figurent aussi parmi d'autres alternatives pour
un coût nul.
Ces outils mis à part, n'existe-t-il pas
un comportement éthique qui puisse m'éviter, en tant qu'utilisateur,
de devenir un relais de propagation ?
En l'absence d'antivirus installé, vous pouvez toujours utiliser
régulièrement les systèmes de vérification
en ligne proposés gratuitement par certains éditeurs, comme
HouseCall
de Trend Micro, ou le
système de Symantec qui propose aussi une détection
de certaines failles réseaux. Mais cela ne compense évidemment
pas l'intallation d'un antivirus permanent sur le poste qui assure une
réelle protection efficace. Quant au comportement éthique,
en voici un condensé :
- ne pas lancer un fichier éxécutable sans être
assuré qu'il ne contienne un virus ou un cheval de Troie. Ceci
concerne aussi bien les logiciels téléchargés sur
des sites douteux, que les pièces jointes aux emails avec des extensions
éxécutables (voir plus haut) ou de langages de scripts (.VBS,
.JS, .PHP...). Dans ce dernier cas, si vous attendiez ce type de fichier,
passez le tout de même à l'antivirus, car l'on ne sait jamais
ce qui peut arriver en
cours de route. Si la formulation du message vous paraît inhabituelle,
un simple appel téléphonique à l'expéditeur
peut vous renseigner. Prévenez également, à chaque
fois que vous le pouvez, la personne qui vous a transmis un virus qu'elle
est infectée, afin qu'elle prenne les mesures nécessaires
le plus rapidement possible.
- Si vous possédez un système antivirus, assurez-vous de
le mettre à jour très régulièrement,
car les éditeurs publient une ou plusieurs fois par semaine des
mises à jour.
- Configurez proprement votre système d'exploitation pour
éviter l'infection par des codes malicieux non encore reconnus.
1.Installez les correctifs des éditeurs qui réparent les
failles d'applications parfois utilisées par de nouveaux codes
malicieux. 2.Paramétrez vos options pour afficher
tous les fichiers cachés et toutes les extensions. Vous verrez
ainsi les extensions doubles comme ".JPG.EXE". 3.Bloquez dans
Explorer ou Netscape l'éxécution des scripts, des contrôles
ActiveX et des cookies lorsque vous visitez un site en lequel vous n'avez
pas totalement confiance.
- Si vous êtes à peu près certains d'être tombé
sur un code malicieux dont les éditeurs ne parlent pas encore dans
leurs alertes (après l'avoir passé à l'antivirus,
utilisez les moteurs de recherche dans les encyclopédies), transmettez-leur
au plus vite le ou les fichiers suspects. Par ailleurs, ne paniquez pas
en cas d'infection. Outre le fait que cela ne sert à rien, la période
de soulagement qui s'ensuit peut amener à une baisse de la vigilance.
- Enfin, tenez-vous régulièrement informé,
par la presse au minimum, mais surtout les alertes antivirus et celles
des organismes de sécurité si vous voulez être considéré
comme professionnel, des nouvelles failles touchant vos applications.
Cet éveil peut vous permettre d'adopter un comportement proactif
dans l'installation des correctifs. Car de nombreux codes malicieux qualifiés
d'exploits (comme Code Red) emploient les vulnérabilités
récemment découvertes pour se propager en s'appuyant sur
la non-réactivité des utilisateurs.
[François Morel, JDNet] |