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L'humain est désormais au coeur de
l'entreprise, entend-t-on. Utopie ? Le groupe Schneider
Electric semble pourtant bel et bien être passé à
la pratique. L'équipementier
en automates industriels a osé faire de ce qui n'est encore qu'un
voeu pieu pour beaucoup. En confiant à la SSII Coheris, spécialiste
de la gestion de la relation client, la mise en oeuvre de son intranet
RH (ressources humaines), Schneider s'est posé en héraut
de la transparence : avec son intranet baptisé He@rt, aucun
filtrage a priori n'entrave la communication entre les 40 000 utilisateurs
potentiels d'un réseau qui connecte cadres, employés et
ouvriers.
Des forums modérés
a posteriori
Le caractère "ouvert"
de cet intranet ne se limite pas à son nombre d'utilisateurs. Logique,
vu les objectifs : fédérer la fonction RH du groupe,
faciliter la mobilité et le recrutement
interne
et "développer une certaine proximité, une transparence,
pour en finir avec l'image opaque de la fonction RH", explique la
responsable du projet Danièle Nguyen. Une belle intention qui a
pris forme par le truchement de Coheris. La société a été
"choisie avec l'aide de la direction informatique parmi cinq prestataires
pour sa réactivité, le coût de la proposition et sa
compréhension du besoin", développe l'intéressée.
L'ensemble de la solution repose sur Lotus Notes et Domino. "La webmaster
et moi-même avons été formées pour rédiger
le contenu via Notes et administrer l'intranet", déclare la
responsable du projet.
Des forums sur un intranet ? Il fallait oser, admettront les nombreux
dirigeants qu'une frilosité bien légitime empêche
encore de passer le cap. D'autant que les forums de l'intranet He@rt ne
sont même pas filtrés. "Je les modère moi-même,
assure Danièle Nguyen, mais a posteriori". Parmi les 40 000
employés de Schneider qui ont accès à l'intranet
(sur plus de 72 000 au total) certains travaillent dans des bureaux
et d'autres en ateliers. Des bornes d'accès ont donc été
installées par la DRH espagnole de Schneider dans certains ateliers,
près des machines à café. Conclusion de Danièle
Nguyen : "Dès lors que vous valorisez la personne, cela
se passe très bien". Elle n'aura donc eu à intervenir,
en tout et pour tout, que deux ou trois fois, simplement pour rappeler
quelques préceptes de la Netiquette.
Quatre ans
pour faire accepter la technologie
Selon Danièle Nguyen, "c'est
une volonté de transformation qui a rendu possible cet intranet".
Comme le préconisent les spécialistes, la transformation
aura précédé chez
Schneider
l'e-transformation. "Nous avions une organisation RH très
décentralisée, à un niveau international, se souvient
Danièle Nguyen. Pour chacune de nos directions RH, le besoin consistait
à savoir ce qui se faisait chez les autres". Après
la finalisation d'un cahier des charges et une première maquette
en juin 1998, "le site intranet RH a ouvert en 1999 et il intégrait
déjà un forum", poursuit la respondable du projet,
récompensée d'un "Intranet d'Or" cette année
là. Un intranet déjà amorti : "les premiers
bénéfices proviennent de dépenses gelées en
publications et autres notes, services de concultants ou encore d'agence
de communication", souligne Danièle Nguyen. Mieux encore,
les salariés posent des questions et la DRH stocke leurs messages
pour y répondre ou modifier le site en conséquence. Résultat,
l'intranet en est déjà à sa quatrième version.
Cette petite révolution interne aura demandé à ses
instigateurs, et donc à Danièle Nguyen, un travail d'évangélisation
non négligeable en interne : "le décalage entre
le moment où la technologie était maîtrisée
et l'ouverture presque tardive de l'intranet, raconte-t-elle, correspond
à un enchaînement incessant de réunions pour convaincre
les RH". Reconnu comme assez en avance, Schneider a entamé
"une réflexion sur les nouvelles technologies dès 1996,
rappelle-t-elle. Et l'arrivée de Jean-François Pilliard
au poste de DRH en 1997 explique une volonté de repositionner les
RH". L'ensemble de la direction générale de Schneider
(DRH comprise) a donc été formée. Simultanément,
un grand projet d'entreprise baptisé Schneider 2000 prévoyait
-comme au sein de nombreuses autres entreprises- un vaste chantier destiné
notamment à "l'amélioration de la satisfaction des
clients et des collaborateurs". A l'heure actuelle, les résultats
semblent plutôt probants.
[Pascal Bories, JDNet] |