Comment Sport24
a diffusé la Coupe du Monde en Flash et... en XML
Par le JDNet
Solutions (Benchmark Group)
URL : http://www.journaldunet.com/solutions/0206/020610_sport24.shtml
Jeudi 13 juin 2002
Résumons les données
du problème : un site d'actualité sportive -
Sport24 -
souhaite couvrir la coupe du monde de Football en minimisant sa
consommation d'images et en faisant l'impasse sur la vidéo
et sur le son. Le but : éviter au maximum de s'acquitter
des coûteux droits de retransmission de l'évènement.
Mais pas à n'importe quel prix toutefois : l'internaute
doit pouvoir suivre les matches en direct sur Sport 24, et disposer
en permanence d'une représentation graphique des principales
actions du jeu. Il faut aussi que l'application en question consomme
peu de bande passante. Impossible ? Sport24 a assez bien relevé
le défi,
gràce à une solution technique qui marie le Flash
au XML.
L'arme fatale, c'est bien sûr
Flash : "Une application légère développée
dans ce format ouvre la voie à une grande richesses graphique",
indique Gaston Annebicque, directeur technique chez Sport24. Sur
la fameuse application Flash, le terrain est représenté
en mode graphique, des icônes viennent s'y placer à
chaque action notable, indiquant un but, un tir cadré, etc ...
Le tout est surplombé par des commentaires, et enrichi à
la demande par des statistiques et par la composition de l'équipe.
De quoi suivre sereinement le match depuis son poste au travail.
Surcharge
pondérale ?
A éviter : les excès de poids. Là encore,
le pari est réussi : "après 1h30 de match,
un internaute n'aura téléchargé que notre application
- 200 Ko -, et la
totalité des flux contenant
les
infos du match : une quarantaine de kilos au total". Une
économie en bande passante appréciable pour l'internaute,
mais surtout pour Sport24 : "Nous nous attendions à
une exposion de la consommation de la bande passante du site pour
la coupe du monde. Il fallait trouver une solution. La légèreté
du Flash nous a permis de garder la montée en charge dans
des proportions raisonnables. Mais nous avons tout de même
été obligés de faire héberger le tout
sur un serveur mutualisé de Colt, spécialement optimisé
pour ce type d'évènements".
Voilà pour la partie émergée
de l'iceberg. En dessous de la ligne de flottaison, la mécanique
est complexe. Mais les choses n'ont pas été si fastidieuses
à développer que celà, si l'on en croit
Gaston Annebicque : "L'essentiel était déjà
prêt. Nous avons développé il y a deux ans un
outil d'exportation de nos informations au format XML, c'était
la première condition pour pouvoir revendre notre contenu
à d'autres sites web. Depuis deux ans, nos données
voyagent donc en XML vers les bases de données de Wanadoo
et d'autres sites à contenu informatif". Ce qui, au
passage, génère 80 % du chiffre d'affaires de
Sport24, si on y ajoute les autres revenus du B to B.
Le
long cheminement des informations
Les informations suivent un long parcours avant de s'afficher dans
la fenêtre Flash. Deux journalistes saisissent les informations
et les principales actions du match sur leur interface en mode ASP
sur IIS. Le tout transite par un Intranet vers une base de données
SQL Server. Celle-ci est réveillée toutes les 30 secondes
par un service installé sur une machine, qui pousse les informations
vers un serveur non sans les avoir converties en XML. C'est là
que l'application en Flash vient les récupérer.
Un parcours assez fastidieux, nécessairement coûteux
en terme de temps. Et le temps est crucial quand on se targue de
faire un direct. C'est le principal écueil que Sport24 a
dû éviter. Le prestataire choisi Himalaya
pour réaliser une interface conviviale capable de recevoir
des informations en XML. La Web Agency a donc comme il se doit butté
se le problème : "Faire communiquer Flash 5 et
XML, nous en avons l'habitude. Réaliser une interface en
Flash, nous savons faire, surtout si l'on nous donne un cahier des
charges aussi complet et aussi bien pensé que celui que nous
a donné Sport24. Mais faire entrer du XML dans du Flash en
moins de cinq minutes, c'est beaucoup plus complexe. Nous avons
dû multiplier les tentatives avant de parvenir à un
résultat satisfaisant", confie Eric Magneron, responsable
de compte chez Himalaya.
La
récompense de son audace
Un résultat satisfaisant ? Il faut entendre par là
"un décalage de 2 à 4 minutes entre l'instant
précis où le but est marqué, et le moment où
il s'affiche sur l'écran" selon Gaston Annebicque. Une
performance qui a en tout cas permis à Sport24 de faire une
belle opération : "tous les encarts publicitaires
ont trouvé preneur à cet instant. Les audiences que
nous réalisons sont bien supérieures à nos
objectifs de 100 000 visiteurs par match". Et si les chiffres
avancés par Sport24 sont exacts, l'opération finacière
peut être qualifiée de juteuse : " nous avons
dépensé à peu près 25 000 euros,
tous frais compris. Nous avons réalisé 180 000
euros de recettes". Le patron de Sport24 est donc légitimement
satisfait son l'opération, d'autant plus qu'il se retrouve
propriétaire d'une solution technique qui intéresse
d'autres sites, et dont il pourrait bien céder la licence
moyennant finances. La récompense de son audace : sport
24 emploie à ce jour deux développeurs et un directeur
technique à temps plein.
[Nicolas Six, JDNet]
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