Désormais 100% coréen, Systran prend une dimension mondiale

Systran : la nouvelle stratégie Le spécialiste français de la traduction est désormais propriété à 100% de CSLI. Alors que la R&D de Systran reste en France, ses perspectives de développement sont décuplées.

Systran est désormais passé à 100% sous la coupe de l'éditeur coréen CSLI. L'histoire remonte en 2012 quand CSLI signe un contrat un peu particulier avec le spécialiste français de la traduction automatique. L'enjeu pour le coréen est d'étendre sa propre technologie de traduction aux langages non-asiatiques. Son objectif est alors de répondre à une mission que lui a confiée son compatriote Samsung. Cette mission ? Développer le S Translator : l'app de traduction vocale embarquée dans les Galaxy (S3, S4, et S5) qui doit permettre à Samsung de se positionner face à Apple. Du fait de l'importance du projet et ses enjeux financiers, CSLI se devait de contrôler la technologie Systran. C'est désormais chose faite. Après l'acquisition de 38% du capital du français, puis une OPA en bonne et due forme, le coréen a finalisé le processus en août par une offre de retrait obligatoire. 

La R&D de Systran reste en France

Depuis, une réorganisation a été lancée, ainsi qu'un travail visant à intégrer la technologie CSLI à celle de Systran. Car c'est effectivement ce choix qui a été réalisé, et par l'inverse. Pourquoi ? Du fait sans doute du caractère plus mûr de la solution Systran, sans compter sa couverture d'un nombre nettement plus important de langues. L'éditeur était déjà capable de traiter 48 paires de langues, alors que CSLI se concentrait avant tout sur les couples chinois-japonais, coréen-chinois, et japonais-coréen. Et dans sa nouvelle version (la 8) présentée ce jeudi, Systran va même livrer une offre capable de traiter jusqu'à 130 configurations de traduction. "Et grâce aux synergies avec CSLI, nous ajoutons le coréen en option à notre catalogue", souligne Guillaume Naigeon, directeur général de Systran.

Systran 8 : une version également taillée pour l'Asie

Quant à la R&D de Systran, qui compte 55 personnes, elle reste en France. "La technologie Systran va surtout pouvoir désormais bénéficier de la force de frappe commerciale de CSLI en Asie", insiste Guillaume Naigeon. "C'est une région que nous couvrions assez peu. Nous avions pourtant déjà travaillé sur un certain nombre de langues asiatiques. Avec la version 8, nous avons par conséquent décidé de les sortir des cartons." Parmi elles, le vietnamien, le thaïlandais ou encore l'indonésien. 

Un partenariat avec NTT, et les JO de Tokyo en ligne de mire

Pour assoir leur offre conjointe en Asie, CSLI et Systran ont aussi déniché un allier de poids : NTT Docomo. "Début octobre, CSLI a signé un accord avec la branche de services de l'opérateur télécoms japonais qui, dans ce cadre, devient intégrateur de nos technologies", rappelle Guillaume Naigeon. Au-delà de la force de frappe apportée par le groupe NTT, ce partenariat recouvrirait un autre enjeu : les Jeux Olympiques d'été de 2020, décrochés par la ville de Tokyo. Pour l'occasion, le numéro un des télécoms nippon aurait en ligne de mire un projet d'app mobile, dans lequel la technologie Systran/CSLI pourrait trouver sa place. 

Mais ce n'est pas tout. Car Systran compte aussi capitaliser sur son travail de R&D pour commercialiser une nouvelle offre, des bibliothèques de composants et de librairies cette fois. Objectif : faire bénéficier à d'autres éditeurs ses capacités d'analyse syntaxique ainsi que d'identification d'entités nommées ou de langues. "Les domaines que nous pouvons cibler sont très nombreux. Il peut s'agir de la gestion documentaire, de la veille, ou encore du web ou social analytics", précise pour finir Guillaume Naigeon.

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