Un hacker recherche des OVNIS et risque l'extradition

Pour s'être infiltré dans des ordinateurs américains afin de découvrir des preuves de l'existence d'une vie extraterrestre, le hacker britannique Gary McKinnon est sous le coup d'une menace d'extradition et d'une lourde peine.

L'homme qui est en quête de preuves extraterrestres risque dans les prochaines semaines de voir confirmée son extradition vers les Etats-Unis. Le citoyen britannique n'est toutefois pas poursuivi pour sa conviction en matière de vie extraterrestre, mais pour ses intrusions informatiques dans des systèmes américains protégés - ou pas assez.

Il est en effet reproché à Gary McKinnon, aussi connu sous son pseudo de hacker Solo, de s'être introduit dans près d'une centaine ordinateurs aux Etats-Unis, dont certains appartenant à la NASA, la Navy, l'armée de l'air, le ministère de la défense, ainsi également que le Pentagone. Gary McKinnon a depuis justifié ses actions par son désir d'exhumer des preuves d'une vie extraterrestre.

Les autorités américaines jugent toutefois avec peu de clémence cette manifestation de curiosité et accuse le hacker d'avoir par ses intrusions informatiques causé plus de 700 000 dollars de dommages et rendu inopérable temporairement le système informatique d'une base navale armée, le tout en plein traumatisme post 11 septembre. En conséquence de quoi, les Etats-Unis avaient adressé à leur allié britannique une demande d'extradition afin de pouvoir juger Gary McKinnon.

Compte tenu de la qualification de ses actes, ce dernier encourait jusqu'à 70 ans de détention, voire même un séjour à Guantanamo. Le hacker britannique, particulièrement médiatisé, communique au compte-goutte les données dont il aurait eu connaissance en s'infiltrant dans les ordinateurs américains, dont des images se rapportant à des OVNIS, d'après Gary McKinnon des photos prises par des satellites.

Ses avocats reprochent des pressions déloyales sur le hacker

Probablement soucieux de ne pas attiser les velléités d'extradition à son encontre, le hacker semble moins disert sur ses découvertes. Après avoir été une première fois en 2006 condamné à être extradé, il s'efforce à présent d'obtenir en appel la fin des poursuites devant la plus haute cour de justice anglaise. Ses avocats se disent d'ores et déjà près, si l'appel n'aboutit pas, à se tourner vers la Cour Européenne des Droits de l'Homme.

La décision de justice devrait en principe être rendue d'ici deux semaines. La plaidoirie de la défense s'efforcera de démontrer les manoeuvres des autorités américaines pour contraindre Gary McKinnon à accepter son extradition et à plaider coupable. Des procureurs se seraient ainsi engagés à retirer toute menace d'empêcher un rapatriement permettant au hacker de purger la majeure partie de sa peine au Royaume-Uni.

Selon The Register, le marché proposé à Gary McKinnon prévoyait également de ramener sa peine de 8 à 10 ans de prison à un emprisonnement de 3 à 4 années. Pour bénéficier de cet arrangement, le hacker d'une quarantaine d'années devait plaider coupable des faits qui lui sont reprochés.

Selon ses avocats, la justice américaine aurait usé de pressions déloyales, les procureurs exagérant leur influence sur le processus de rapatriement. Mais McKinnon s'est toujours refusé à reconnaitre avoir causé pour plusieurs centaines de milliers de dollars de dommages.

Au Royaume-Uni, le hacker bénéficie d'un véritable fan-club. Son statut de traqueur d'extraterrestres lui vaut en effet une certaine popularité. Gary McKinnon avait également fait une apparition au salon consacré à la sécurité informatique : Infosec 2007.

Peut-être entreprendra-t-il lui aussi une reconversion en tant que consultant en sécurité, comme l'ancien pirate informatique Kevin Mitnick. Ce dernier toutefois était à ranger dans la catégorie des black hats, c'est-à-dire des pirates détournant des systèmes pour en retirer un profit, principalement financier.

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