Michel Grevillot (IUT de Mulhouse) "La Licence Pro Référenceur et rédacteur Web est unique"

Le responsable de la licence professionnelle dédiée au SEO et son univers détaille ce qu'y apprennent les élèves, et ce qui attend les diplômés, notamment en termes d'emploi ou de salaires.

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Michel Grevillot, responsable de la Licence professionnelle "Référenceur et Rédacteur Web" de IUT de Mulhouse.  © M.G.

JDN. Qui sont les étudiants de la Licence professionnelle "Référenceur et rédacteur Web" de l'IUT de Mulhouse ?

Michel Grevillot. L'effectif est composé d'une trentaine d'étudiants. La moitié est en formation initiale, l'autre en alternance. Pour être admis, il faut être au moins bac+2. Les candidats sont d'abord sélectionnés sur dossier, puis ceux qui sont retenus doivent passer une journée de tests et d'entretien.
L'année dernière, nous avons reçu 200 dossiers, et avons interrogé une centaine de candidats pour n'en retenir donc au final que 30. La promotion se divise ensuite, en général, en trois profils assez distincts. Il y a un tiers de "techniciens", issus de DUT SRC ou DUT informatique, un tiers de "communicants", c'est-à-dire issus d'un cursus en langues, d'un BTS de communication ou encore d'un DUT d'InfoCom. Enfin, un dernier tiers est plus orienté vers la gestion ou le marketing.

Que vont apprendre les étudiants de cette licence professionnelle ?

Six modules sont au programme, couvrant plusieurs thèmes. Par exemple, un des modules dédié au référencement et sa méthodologie, de 120 heures, abordera l'écriture pour le Wweb, l'audit et l'optimisation, les liens sponsorisés et la gestion de projet. 110 autres heures seront consacrées aux outils, qu'ils servent au tracking, au reporting, ou à la génération de mots clés. Le webmarketing, et l'ecommerce, ou la culture technique, font aussi l'objet d'autres modules. Depuis quelques années, le SMO, incluant veille, e-réputation et community management a aussi été ajouté au programme. En tout, la formation compte 450 heures de cours.
Il y a aussi en plus 150 heures de projets tuteurés, qui vont permettre aux étudiants de créer un site, via WordPress, et d'en auditer un, pour un commanditaire extérieur. Enfin, les étudiants de la formation initiale devront effectuer un stage de 80 jours. A noter que la formation repose aussi sur des intervenants extérieurs qui sont des professionnels du référencement. Lancée en 2008, cette licence est unique en France.

Quelles perspectives pour ses diplômés ?

Les diplômés pourront devenir freelance, ou travailler pour un annonceur ou une agence. Je leur conseille plutôt cette dernière voie, plus généraliste, qui leur permettra souvent de goûter à plus de choses. Des postes de référenceur, de rédacteur, ou encore notamment, entre autres, de community manager pourront leur être proposés. Il y a également des demandes pour le développement de sites. Mais je remarque que les employeurs demandent de plus en plus le couteau suisse, c'est-à-dire le profil polyvalent. Après la licence, 90% des diplômés travailleront, à peu près la moitié en CDD, l'autre en CDI. Quant au stage, pour la quinzaine d'élèves à placer, nous avons reçu cette année 120 offres. Et il faut ajouter les offres que les élèves trouvent par leurs propres moyens.
Du côté de la rémunération, les jeunes diplômés doivent s'attendre à un salaire net d'environ 1500 euros, qui peut cependant être plus élevé dans la capitale. Pour un poste de type couteau suisse, à Paris, le salaire peut monter à 2000 euros. La rémunération progressera ensuite généralement de 25 à 50% en trois ou quatre ans, même s'il est aussi possible qu'elle double ou triple dans le cas d'une solide expertise...

Quels conseils donnez-vous à vos élèves, ou à ceux qui souhaiteraient se lancer dans cette licence ?

Je pense qu'il faut avoir l'esprit de compétition et la mentalité des gagnants. Ensuite, cette voie leur demandera de grandes capacités d'écoute et de veille, car il s'agit d'un secteur qui évolue vite et beaucoup.

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