Dossier L'histoire derrière 4 récents outils SEO français

Comment développe-t-on aujourd'hui un logiciel dédié au SEO en France ? Quelles sont les particularités du marché hexagonal ? Quels sont les défis auxquels sont confrontés les éditeurs ?

Le JDN est allé poser ces questions à 4 éditeurs qui ont lancé des outils SEO sur le marché français ces douze derniers mois : SEObserver, OnCrawl, Ozae, et Catalisio qui répond en premier.

 

Catalisio : "La première version a nécessité un an de R&D"

 

JDN. Quelles sont les particularités et les fonctionnalités de votre outil ?

Guillaume Cagnon est CEO & co-fondateur de Catalisio. Il était précédemment responsable Marketing Acquisition chez Sarenza. © G.C.

Guillaume Cagnon​. Catalisio est un logiciel Analytics en mode SaaS dédié au SEO. Il aide les annonceurs à découvrir des potentielles ventes additionnelles via le SEO, et à expliquer leurs performances, via la résolution du "not provided", en associant notamment des conversions à des mots-clés. Il se commercialise à partir de quelques centaines jusqu’à plusieurs milliers d’euros par mois, en fonction de la volumétrie de données collectée chez le marchand.

Qui sont ses utilisateurs ?

Catalisio est dédié aux e-commerçants, mais pas seulement. L'outil peut intéresser plus globalement tous les annonceurs qui recherchent des conversions. Des acteurs B2B ou du voyage haut de gamme font par exemple partie de nos clients, alors qu’ils sont, eux, plus intéressés par la demande de devis en ligne.

Même si nous avons déjà des clients de taille importante comme Sarenza, Vestiaire Collective, ou 1001pharmacies, nous en avons également de taille bien plus modeste. Nous ne travaillons néanmoins qu’avec des acteurs réalisant au moins une centaine de conversions depuis le SEO par mois.

Combien de temps avez-vous mis pour mettre au point votre outil ?

Un logiciel SaaS se doit d’avoir des cycles de développement courts pour s’adapter aux évolutions du marché et aux exigences des clients : nous n’aurons donc jamais fini de l’améliorer, et c’est tant mieux.

"Il a fallu sortir des sentiers battus pour imaginer nos algorithmes"

Il nous a fallu néanmoins une période de R&D d'un an pour construire les bases de notre première version commerciale. Période qui nous a valu le soutien de la BPI et un prix au concours national de création d’entreprises innovantes du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Quelles sont les plus grandes difficultés que vous avez rencontrées lors du développement, et après le lancement ?

La résolution automatisée et industrielle du "not provided" a été naturellement l’élément le plus problématique. De nombreuses pistes intéressantes existaient dans l’univers des consultants analytics, dont une excellente synthèse de Nicolas Malo mais aucun outil ne s’était emparé du sujet pour aller plus loin et rendre ces analyses à la portée de tous. Il a donc fallu sortir des sentiers battus pour imaginer des algorithmes qui soient adaptables à tout type de verticale (e-commerce, tourisme, B2B...).

Quelles sont à votre avis les particularités du marché français qu'adresse votre outil ?

"Les webmarketeurs anglo-saxons ont davantage conscience de l'importance du SEO"

A l’inverse d’autres pays peut-être plus avancés dans le web, comme les anglo-saxons, il n’y a pas une culture très forte du SEO en interne chez les annonceurs français. Nous avons donc dû faire un gros effort sur la qualité de nos interfaces pour faciliter la lecture de nos analyses au plus grand nombre, y compris au top management, peu rompu à la lecture de données SEO trop techniques.

Pensez-vous que le développement et la commercialisation de l'outil auraient été plus faciles dans un autre pays ?

Sur le développement, non. Nous avons eu la chance d’être soutenus très tôt par l’ensemble de l’écosystème local et national pour faciliter notre période de R&D, via l'incubateur de Telecom ParisTech, la BPI, Scientipole...

Quant à la commercialisation, c’est sûrement plus vrai. Les webmarketeurs anglo-saxons ont davantage conscience de l'importance du SEO parmi leurs autres canaux d’acquisition de conversion. Ils ont l’habitude d’y dépenser des budgets plus importants, et sont donc plus outillés. Mais cette tendance va également finir par arriver en France.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient développer et commercialiser un outil SEO en France ?

Ce n’est pas un conseil dédié au lancement d’un outil SEO en France, mais plus généralement à toute nouvelle société : cela prend du temps ! Il y a un excellent post de Xavier Zeitoun, de 1001menus, sur ce sujet. 

Autour du même sujet