Attentats du 13 novembre : Google Maps montre à nouveau ses limites

Google Maps faisait remonter le Bataclan pour la requête "Daesh". Ce n'est pas la première fois que des référenceurs pointent les failles de l'algorithme du célèbre service.

[mise à jour le 17/11 : Google est visiblement intervenu, la requête "daesh" ne fait plus rien remonter dans Google Maps. Ci-dessous, l'article original publié le 16/11]

 Google Maps a une nouvelle fois montré les faiblesses de son algorithme, en faisant remonter le Bataclan et la Tour Eiffel pour la requête "Daesh". Ce n'est pas la première fois.

Quand Google Maps fait remonter le Bataclan et la Tour Eiffel sur la requête "Daesh"... © Google Maps

En mai dernier, des termes très racistes en anglais ("nigga house") saisis dans Google Maps faisaient en effet remonter la Maison Blanche. Quelques semaines auparavant, un petit malin avait réussi à exploiter une vulnérabilité du service de Google pour situer un magasin du nom d'"Edward Swow Den" à cette même Maison Blanche. Peu après, une adresse écrite dans Google Maps faisait apparaître le robot du système Android en train d'uriner sur la pomme d'Apple. Ce dysfonctionnement avait d'ailleurs poussé Google à revoir le fonctionnement de Map Maker, l'outil qui avait permis ce petit hack.

Des failles qui peuvent nuire

Habitués à la grande pertinence des résultats classiques, les référenceurs s'étonnent et dénoncent régulièrement les limites du système de Google Maps. Certaines failles peuvent d'ailleurs être exploitées pour nuire. Il y a quelques jours, le SEO français Kevin Richard expliquait avoir réussi à supprimer un restaurant des résultats remontés sur Google Maps : il n'avait aucun lien avec ce lieu, mais à cause d'un simple clic sur un bouton "définitivement fermé", il avait pu faire disparaître la fiche du lieu une semaine après. Google n'avait rien vérifié. Il a également pu annuler la suppression, et faire réapparaitre la fiche en une journée.

Ce que cela révèle sur l'algorithme de Google Maps

Lors de l'affaire de l'insulte qui faisait remonter la Maison Blanche, Google avait expliqué que ce résultat inapproprié avait pu apparaître "notamment car des internautes ont employé ces termes insultants dans une discussion au sujet de ce lieu". Il est fort possible qu'il se soit passé exactement la même chose aujourd'hui avec le Bataclan qui remonte sur la requête Daesh. L'algorithme de Google Maps semble fonctionner ainsi.

Toujours lors de cette affaire de la Maison Blanche, des SEO pensaient que les termes insultants avaient pu être associés  à ce bâtiment dans des forums, ou bien même être l'ancre de lien(s) pointant vers le site de la Maison Blanche, ou vers son adresse sur Google Maps. Une théorie d'autant plus séduisante que le nouvel algorithme du SEO Local, Google Pigeon, est censé rapprocher les critères utilisés par Google dans Google Maps de ceux utilisés par le moteur dans les résultats classiques. Le "Google bombing" sur Google Maps devrait donc encore avoir de beaux jours devant lui.

Après s'être excusé, le moteur avait empêché de faire remonter la Maison Blanche en réponse à l'insulte. Aujourd'hui, des internautes ont bien pu signaler le phénomène à Google, qui leur a répondu de manière automatique, mais plusieurs heures après, les résultats demeuraient inchangés.

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