Blacklistage : l'épée de Damoclès qui fait trembler les annonceurs

Chute de trafic, notoriété altérée, image brisée : le blacklistage sur les moteurs de recherche représente une menace permanente, pouvant provoquer de sérieux dégâts.

Difficile d'imaginer les conséquences d'un blacklistage par les moteurs de recherche. Robin Goad, directeur des recherches au sein de la société anglo-saxonne Hitwise, prouve par les chiffres la descente aux enfers d'un site de comparaison d'assurances.

Le site anglais, très bien placé sur Google - premier sur car insurance au 26 janvier 2008 - a dégringolé dans l'index, après que le moteur l'ait sanctionné pour avoir présenté des liens entrants considérés comme frauduleux. Une sanction qui a débuté dès le 2 février 2008.

Conséquences : sur le terme car insurance, qui cumulait 17,49 % du trafic le 26 janvier, le site a reçu moins de 2,31 % de visiteurs le 9 février. Une baisse qui a également permis à deux de ses concurrents directs de se partager le trafic perdu. "Les moteurs génèrent entre 50 et 75 % du trafic d'un site Web. Les conséquences d'un blacklistage peuvent être dramatiques, en particulier pour des sites marchands", souligne Elise Boubault, consultante référencement chez Acti.

"Autant une entreprise bien référencée bénéficie naturellement d'une bonne image, autant un blacklistage aura un impact négatif direct sur sa notoriété, surtout si l'affaire est médiatisée", explique la spécialiste en référencement. En effet, nombre d'internautes estiment que les sites présents en tête des moteurs sont ceux qui sont leaders dans leurs secteurs. Même si les sites allemands de BMW ou Ricoh n'ont pas eu trop à souffrir de leur disparition de l'index, d'autres acteurs gardent encore des cicatrices.

hitwise gocompare
Trafic obtenu sur 'car insurance' avant et après blacklistage © Hitwise

Pour une PME, une disparition de l'index peut avoir de lourdes conséquences sur son activité. Se passer d'une porte d'entrée - si difficile à trouver - pour attirer de nouveaux clients touche la fonction vitale de l'entreprise. La visibilité d'une PME sur les moteurs dépend en grande majorité du nom des produits qui constituent son activité. Et parmi les clients qui connaissent le nom de la société, une bonne partie cherche à accéder sur le site en tapant son nom commercial dans le moteur. Dans ces deux cas, le manque de visibilité dans les résultats de recherche entraîne une baisse de fréquentation et une diminution du chiffre d'affaires.

Certaines entreprises voient dans ces exclusions un abus de position des moteurs. Ainsi, en janvier 2006, le site américain KinderStart.com a porté plainte contre l'outil de recherche Google pour avoir fait disparaître son site des premières pages de résultats (lire l'article Le pagerank de Google devant les tribunaux du 10/07/2006). Le site a souffert d'une baisse approximative de 70 % de son trafic mensuel lors d'une période de bannissement. Le procès a été perdu depuis par KinderStart.com.

Il existe pourtant des histoires où le blacklistage se justifie et se termine bien, à l'exemple du site Webrankinfo.com, site de conseil spécialisé sur le référencement. Piraté il y a quelques jours, le site Webrankinfo a été mis en blacklist sur Google. Par cette mesure, le moteur a décidé d'éviter à ses utilisateurs de se rendre sur un site potentiellement dangereux. Une fois le site repris en main par son détenteur, il est remonté dans les résultats du moteur après trois jours.

Avant d'aller jusqu'à mettre en branle l'appareil judiciaire, avoir les bons réflexes peut s'avérer capital. Tout d'abord, il convient de contacter rapidement les moteurs ou des professionnels du référencement pour déterminer la marche à suivre, mais avant tout, il faut remettre au plus vite son site en conformité avec les règles dictées par les moteurs : "trouver les raisons d'un blacklistage n'est pas forcément évident mais il est important de le faire pour ne pas recommencer les mêmes erreurs", conclut Elise Boubault.

PME