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ACTUALITE 18/10/2007 Le géant Wal-Mart se prend les pieds dans la RFID
Si cela fait 4 ans que la technologie RFID est déclarée source d'intérêt stratégique pour Wal-Mart, il faut bien avouer que les bénéfices de son implémentation tardent, eux, à montrer le bout de leur nez. Pis encore, la technologie RFID se serait montrée bien impuissante à juguler - voire réduire - la hausse constante des coûts d'exploitation du géant de Bentonville qui ont atteint en 2006 pas moins de 18,6% des ventes globales du distributeur, alors qu'ils étaient "seulement" de 17,9% en 2005. Censée réduire les coûts des stocks par une meilleure efficacité de la gestion des entrepôts, la RFID chez Wal-Mart prend d'ailleurs plutôt des allures de douche froide. Ainsi, Wal-Mart n'a pas pu atteindre ses objectifs de couverture RFID, ni pour ses centres de distribution, ni pour ses magasins. Alors qu'il prévoyait d'équiper 12 de ses centres de distribution (sur les 130 existants), il devra se contenter cette année de seulement cinq. Du côté des magasins, le bilan n'est guère plus reluisant. Sur ses 4 068 points de vente, le géant de la distribution (350 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2006) prévoyait de couvrir 1 000 magasins. Objectif encore manqué - de peu, il est vrai - avec 975 magasins. Mais le constat le plus alarmant pour Wal-Mart demeure la lente adoption par ses fournisseurs (au nombre de 60 000 à ce jour) des technologies RFID. Car mis à part les fidèles de la première heure - à l'image des Procter et Gamble, Johnson & Johnson, Unilever ou encore Kraft Foods - les prétendants pour adopter la RFID ne semblent pas se bousculer au portillon.
Ainsi, ce sont seulement 600 fournisseurs qui se sont mis à l'heure de la technologie de traçabilité et d'étiquettes sans contact. A leur décharge, le coût de ces étiquettes demeure globalement encore trop élevé et constitue certainement le principal frein à l'explosion de cette technologie. Une étiquette RFID coûtant aujourd'hui entre 10 et 15 centimes de dollars l'unité. Un investissement en or que nombre de fournisseurs n'ont pour le moment pas le luxe de se payer. Pour autant, il n'est pas question pour Wal-Mart de lâcher prise sur la RFID. Carolyn Walton, vice-présidente du département Systèmes d'information, lors de la conférence annuelle EPCglobal, évoquait à demi-mot la relance de sa stratégie RFID en tentant une opération séduction sur ses fournisseurs. Les initiatives annoncées portent sur trois axes majeurs : la généralisation des étiquettes EPC Gen2 sur chaque palette de produits - et non plus cartons qui les composent - et lecteurs RFID sur les monte-charge, le suivi spécifique en RFID - de l'entrepôt au magasin - des produits en promotion, et le classement RFID par catégorie de produits, testé actuellement sur les désodorisants. Mais pour l'heure, le retour sur investissement tarde à porter ses fruits. Bien que les ventes augmentent chaque année de 6% en moyenne, le coût de la gestion des stocks, lui aussi, ne fait que s'aggraver, entre 5% et 9% selon les trimestres. Or, ces coûts de gestion de stocks s'avèrent être la principale plaie de Wal-Mart. Au point que Ron Moser, l'un des protagonistes de la stratégie RFID chez Wal-Mart, estime que 41% des ventes non réalisées mettent en cause une gestion défaillante des entrepôts.
Et le responsable d'annoncer que la technologie RFID doit permettre à Wal-Mart de réduire de 10% ces coûts et générer au final quelques 287 millions de dollars d'économies. Plus ambitieuse encore est la prémonition du P-DG de la société, Rollin Ford. En mai dernier, le P-DG de la société annonçait avec tambours et trompettes que la RFID lui permettrait d'optimiser ses stocks de près de 30% pour un accroissement des ventes de 3,6 milliards par an. Un objectif qui paraît aujourd'hui encore tellement loin de la réalité.
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