Linux a-t-il un avenir sur les PC portables à bas coût ?

Microsoft entre sur le marché en proposant une version bradée de Windows XP. L'arrivée de la concurrence sur ce segment risque donc de reléguer Linux au second plan.

Linux sur le poste client reste encore aujourd'hui un marché de niche, malgré la rapide évolution des distributions et du noyau Linux ces dernières années. Et pourtant, l'initiative des PC portables à bas coût, semblait un bon cheval de Troie pour promouvoir d'une nouvelle manière l'usage de Linux auprès du grand public. L'essai semble aujourd'hui très loin d'être transformé.

En effet, le premier PC portable disponible en France à bas coût est l'eeePC d'Asus. Ce dernier, embarque un Linux personnalisé à partir d'une distribution Xandros. Mais faute d'une grande campagne de communication et aussi d'une disponibilité qui reste au compte goutte, l'outil ne s'est pas vraiment distingué par des ventes élevées en France.

Le contrat d'exclusivité temporaire signé avec SFR a également conduit le produit à un demi-échec. N'étant pas un distributeur, SFR avait pour seul intérêt de livrer des modèles eeePC avec sa clé Internet 3G+, pour remporter de nouveaux clients sur ses réseaux haut débit payants. La situation actuelle ne devrait toutefois pas durer car appâter par ce nouveau segment, les constructeurs ont emboîté le pas en masse à Asus.

MSI, Gigabyte, Intel, Packard Bell, Medion, HP, Acer ou même Dell veulent également répondre présent. Mais à la différence de ce premier jet, la plupart entreprennent désormais de signer un PC portable à bas coût équipé de Windows. Si la logique commerciale est évidente, les utilisateurs étant plus enclins à choisir un PC dont ils connaissent l'environnement système, ce choix s'explique aussi par le fait que Microsoft a baissé ces prix pour venir s'imposer aussi sur ce segment.

Un Windows XP à 26 dollars pour contrer Linux sur les PC portables à bas coûts

Ainsi, depuis peu, Microsoft permet au fabricants d'obtenir la version familiale allégée de Windows XP pour seulement 32 dollars, et même 26 dollars sur les marché chinois et indiens. Sous certaines conditions, les fabricants peuvent obtenir une réduction de 10 dollars sur le prix. Cette offre reste toutefois limitée aux PC portables dont l'écran n'excède pas 10,2 pouces, d'une mémoire RAM d'1 Go maximum et d'un disque dur de 80 Go maximum.

A ce prix, le choix de Windows n'impacte plus réellement le tarif définitif du produit pour le constructeur. Du coup, les modèles Medion, le nouvel eeePC 900, l'ordinateur XO du projet One Laptop Per Child ou le MSI Wind PC intègreront en standard Windows. Linux, quant à lui, sera dans le meilleur des cas proposé en dual boot comme dans le cas de l'eeePC, dans le pire absent totalement comme chez MSI.

Et cette concurrence risque fortement d'éteindre rapidement les dernières velléités Linux de certains constructeurs. Face à une multitude de PC portables Windows à bas coût, choisir Linux risque comme le PC de marginaliser l'offre. Pourtant, c'est bien sur ce type de plate-forme, où l'usage s'avère limité à Internet et la bureautique, que Linux peut aisément couvrir tous les besoins d'un utilisateurs sans montrer ses faiblesses (pilotes matériels et applications non disponibles).

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