Supercalculateurs : le Jaguar a sorti ses griffes

Le classement Top500 des supercalculateurs les plus puissants du monde a connu un petit séisme en novembre. Le constructeur Cray et principal challenger d'IBM a en effet volé la vedette à Roadrunner.

Les classements semestriels du Top500 des supercalculateurs se suivent mais ne se ressemblent pas toujours. Pour cette 34e édition, une nouvelle de taille est venue chambouler le précédent podium.

Alors que le Roadrunner d'IBM décrochait du haut de son 1,11 pétaflop par seconde (Pflop/s) la première place de ce classement en juin dernier, il a été cette fois largement devancé par son principal concurrent, le Jaguar, conçu par Cray. Alors que ce dernier plafonnait en juin 2009 à 1,06 Pflop/s, son géniteur est parvenu à le faire grimper à 1,76 Pflop/s.

Une performance qui déteint également sur l'ensemble du classement avec une puissance brute cumulée des 500 plus grands supercalculateurs qui atteint aujourd'hui les 27,6 Pflops/s contre 16,9 Pflops/s l'année dernière.

Big Blue a beau avoir été évincé de la première place du présent classement, il n'en demeure pas moins en haut de l'affiche lorsque l'on prend en compte les 10 plus grands supercalculateurs. Ainsi, IBM arrive quand même à placer Roadrunner, (2e), Jugene (4e), BlueGene/L (7e) et BlueGene/P (8e) parmi les plus puissants au monde.

Sur les 10 plus grands supercalculateurs mondiaux, 8 sont installés aux Etats-Unis

Le Top500 est également porteur d'une bonne nouvelle concernant la représentation des supercalculateurs français. Alors qu'en juin leur proportion, rapportée à l'ensemble du classement, était de 4,6%, elle revient à son niveau de novembre 2008, à savoir 5,2%.

Bien qu'encore à des années-lumière de celle des Etats-Unis (55,4%), cette proportion est tout de même meilleure que celle affichée par la Chine (4,2%) ou encore le Japon (3,2%) mais en-deçà de celle de la Grande-Bretagne (9%). Sur les 10 premiers supercalculateurs mondiaux, les Etats-Unis en placent pas moins de 8. Le 4e (Jugene) étant localisé en Allemagne tandis que le 5e (Tianhe-1) se trouve en Chine.

Parmi les autres statistiques intéressantes de ce 34e classement Top500, on notera également la percée continue du système d'exploitation Linux. Alors que ce dernier équipait 87,8% des 500 plus grands supercalculateurs mondiaux en novembre 2008 et 88,6% en juin 2009, la part de Linux frise aujourd'hui la barre des 90% (89,2%).

Les architectures processeurs des supercalculateurs font également toujours la part belle à Intel (EM64 T) qui est au cœur de 79,2% des plus grands supercalculateurs contre seulement 8,4% pour l'architecture AMD x86-64. Décidément, il n'y a pas que sur le terrain des serveurs et des postes de travail que l'éternel challenger d'Intel a du mal à s'imposer.

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