Le Platform as a Service : une nouvelle façon d'externaliser

A travers le PaaS, les acteurs informatiques promettent une puissance IT à la demande avec garantie de performance. Un service associé à une myriade de prestations à valeur ajoutée : outils de développement, infogérance...

Après l'entrée, le plat de résistance ? A peine familiarisées avec le concept de SaaS (Software as a Service), les entreprises sont aujourd'hui incitées par un nombre grandissant de fournisseurs (Google, Salesforce.com, Microsoft...) à rentrer dans une nouvelle ère de distribution de leurs ressources informatiques : le PaaS (Platform as a Service).

Réelle innovation pour certains, écran de fumée marketing pour d'autres, ce nouveau concept ne manque en tous cas pas d'aiguiser la curiosité. D'autant qu'à la clé, il fait miroiter des bénéfices qui - a priori - ne se refusent pas. Notamment en matière de réduction des coûts IT, en évitant par exemple l'acquisition de matériels.

Mais le PaaS permettrait aussi de disposer d'une capacité informatique en constante adéquation avec ses besoins (serveurs, stockage, mémoire...), ou encore d'applications personnalisables à la demande.

"Le concept de PaaS recouvre aussi bien la fourniture d'une puissance informatique à la demande au travers d'infrastructures matérielles et réseaux que la mise à disposition d'un environnement de développement distribué et des services de partage de code source permettant aux entreprises de personnaliser leurs applications", souligne Didier Chritin, directeur de l'activité infogérance de la SSII Acti.

"Les premières entreprises intéressées par le PaaS sont les établissements bancaires" (Didier Chritin - directeur de l'activité infogérance d'Acti)

Loin d'être assimilé à une prestation d'hébergement mutualisé, le concept de PaaS proposerait en fait rien de moins - selon ses promoteurs - qu'un changement de paradigme dans la façon de fournir du service informatique aux entreprises.

Notamment par le fait que les ressources informatiques sur lesquelles il s'appuie sont désormais disséminées dans une kyrielle de centres de données, répartis aux 4 coins du globe, et non plus seulement regroupés dans un seul et unique endroit.

Un concept finalement peu éloigné du cloud computing, avec lequel il partage manifestement plus de ressemblance que de points de divergence. "Le PaaS est une dimension à part entière de la notion de cloud computing, avec cet avantage d'avoir une garantie sur la qualité des serveurs utilisés dans les datacenters, mais aussi sur le suivi de leur mise à jour", précise Matthieu Demoor, directeur marketing de l'hébergeur Linkbynet.

Aujourd'hui, on trouve plusieurs catégories d'acteurs du PaaS aussi bien émergents qu'historiques, tous ayant pour point commun de fournir aux entreprises un service clé en main, tant en matière de développement applicatif que d'infrastructures techniques et matérielles à la demande.

Parmi les principaux, on retrouve d'ailleurs les incontournables Google et Salesforce.com (avec respectivement Google App Engine et Force.com), et également Microsoft (Titan), ou encore Amazon (Elastic Computing Cloud). Mais aussi une nouvelle génération d'acteurs comme Heroku, 10Gen, Bungee Labs, Aptana Cloud, Coghead, Qrimp et Morph Labs.

Bien qu'encore loin d'être aussi investies que leurs homologues américaines, les entreprises françaises commencent toutefois à évaluer les atouts du PaaS, certaines étant même déjà parvenues à briser la glace. 

"Les entreprises intéressées par le PaaS sont essentiellement des établissements bancaires qui commencent aujourd'hui à ébaucher des projets concrets. Mais le problème c'est qu'en France, le changement passera nécessairement par un effet boule de neige qui nécessite que plusieurs entreprises se lancent avant que d'autres ne les suivent à leur tour", analyse Didier Chritin chez Acti.

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