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Christophe Dandois (Niji) |
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Comment PME et grands comptes abordent-elles la migration
sur IP ?
Il est clair que, dans les deux cas, ce sont des opportunités
mais qui s'estiment différemment. Une PME a une perception plus rapide de la valeur
et du gain à passer à l'IP. Du fait de sa taille, il est plus simple d'aller
globalement vers la convergence fixe/mobile ou encore embarqué. En revanche, les
risques engendrés par la migration pour les PME seront souvent le manque d'accompagnement
et ce, pour des raisons financières. Et il faut dire que c'est un véritable risque
d'échec si la migration n'est pas accompagnée correctement.
Pour les grands comptes, c'est le point de vue du ROI qui va
faire que l'on va décider de migrer en IP. Car une migration va avoir des conséquences
positives sur le plan financier et sur la productivité des employés. A l'inverse
des PME, les grands comptes sont habitués au changement et ont aussi l'habitude
d'accompagner ce changement.
Côté risque, on pointe souvent la longueur des projets. Nous
avons d'ailleurs plusieurs exemples de projets arrêtés car la migration n'avait
pas été prise en compte dans la longueur. Cela remet à terme en question l'intérêt
du projet. Pour pallier ce problème, les grands comptes ont pris le parti de tester
la migration sur IP avec leurs filiales. Ils basculent ensuite au niveau groupe.
La Société Générale par exemple a fait des essais en filiale avant de basculer
cette année. Il est certain que quand on a 2 000 ou 3 000 point d'accès, il ne
faut pas migrer d'un clic.
Quels sont les services clés dont peut bénéficier une
entreprise qui décide de passer en ToIP ?
Il ne s'agit pas de fournir un terminal téléphonique différent
mais de bien comprendre que, grâce à l'IP, l'utilisateur devient unique. Avec
un seul profil, l'accès peut être transparent pour l'utilisateur. Au niveau de
la gestion des profils, il suffit de sélectionner des profils avec des usages
spécifiques. Surtout, les équipements ne sont pas hétérogènes et tous les terminaux
permettent d'avoir un seul service. Concrètement, je peux accéder aux informations
sur tous les supports.
| "La centralisation des données en un seul
point coûte moins cher à l'entreprise" |
Par ailleurs, la centralisation des données en un seul point
coûte moins cher à l'entreprise qui peut mettre à jour simplement le répertoire
de l'entreprise alors que la situation actuelle est souvent l'entretien de nombreux
annuaires d'entreprise. La centralisation des annuaires d'un seul coup permet
par exemple la mise à jour de la base de données annuaire par une modification
sur la feuille de paye.
Enfin, l'accès à la messagerie téléphonique est unifié,
avec un accès en un seul point. Cela permet d'éviter de perdre des appels
client ou fournisseur parce que l'on possède plusieurs numéros de téléphones
et plusieurs messageries.
Les opérateurs de téléphonie mobile se lancent dans des offres
IP. Quel peut être l'impact de ces annonces sur des intégrateurs comme vous ?
En quoi cela peut il modifier la donne ?
Les opérateurs de téléphonie mobile vont vers
l'IP car ils n'ont pas le choix. Ils font 30% de marge aujourd'hui et ils ne veulent
pas perdre ces marges avec l'arrivée de l'IP. Pour nous, cette arrivée est très
bénéfique. Cela va nous forcer à nous spécialiser dans tous les domaines : grand
public, professionnels…
Les intégrateurs classiques ne pensent pas comme moi mais,
pour Niji, cette arrivée est très positive. Les acteurs historiques de l'intégration
pensent en revanche ce peut être un vrai danger pour leur modèle économique.
Côté grands comptes, je crois que cette arrivée va modifier
l'aspect contractuel des relations avec les opérateurs et les intégrateurs.
L'IP a permis de contractualiser sur des blocs différents de manière très
précise. Par exemple, un grand compte peut faire jouer la concurrence sur
un réseau Wan et utiliser un autre prestataire pour d'autres blocs de son
réseau. En clair, des entreprises peuvent se passer des gros opérateurs et
prendre un acteur moins important sur un créneau particulier.