RIM entame l'année 2010 avec sérénité

Le constructeur de smartphones enregistre des revenus annuels en hausse de 35% comparé à l'année précédente. Comme Apple, il grignote des parts de marché à Nokia.

2009 n'a pas été une année noire pour RIM. Le constructeur américain de smartphones a réalisé un chiffre d'affaires de 14,95 milliards de dollars sur son année fiscal 2009-2010, en hausse de 35% sur un an. Le résultat net du groupe est en phase avec cette performance, en croissance de 30,2% - à 2,46 milliards de dollars. Seul bémol notable, le niveau de la marge opérationnelle a glissé de 2,1 points, passant de 46,1% à 44%.

Les indicateurs sont également au vert en ce qui concerne la croissance du nombre de smartphones écoulés sur l'année, les bonnes ventes des modèles Bold 9700 et Storm 2 n'y étant pas étrangères. Au total, plus de 37 millions de terminaux RIM ont été mis sur le marché, soit un nombre en hausse de 40% sur un  an (10,5 millions rien que sur le dernier trimestre).

Le nombre d'abonnés a bondi de son côté à 41 millions, en hausse de 65% sur un an. Des abonnés loin d'être uniquement recrutés sur le territoire national, bien au contraire, dans la mesure où 38% d'entre eux le sont à l'international, contre 35% il y a un an.

 

Les bons résultats enregistrés sur l'année se retrouvent en grande partie dans le dernier trimestre de RIM. Alors que la hausse du chiffre d'affaires a été de 17,9% (à 4,08 milliards de dollars) sur cette période, les analystes tablaient plutôt sur des revenus de l'ordre de 4,3 milliards de dollars. Un différentiel léger mais suffisant pour agacer les investisseurs qui ont boudé le titre au Nasdaq, lui faisant même perdre 1,29% en clôture mercredi (à 73,97 dollars).

Les résultats du quatrième trimestre ont fâché Goldman Sachs qui a passé sa recommandation sur le titre de neutre à vendre

Au point même de fâcher carrément certains analystes dont Goldman Sachs qui a revu sa position de neutre à vendre sur le titre, estimant que le constructeur risque de voir ses produits perdre en différenciation du fait de la montée en puissance des plates-formes de téléchargement d'applications en ligne de type App Store ou Android Market, jugées plus dynamiques que l'App Word de RIM.

 

Si le chiffre d'affaires du dernier trimestre a pu décevoir certains analystes, la croissance du résultat net a en revanche été à la hauteur des attentes (+37%), le propulsant à 710,12.

 

RIM croit plutôt à une prise de part de marché sur Nokia plutôt qu'à une canibalisation de ses ventes par Apple

 

Le constructeur de smartphones américain, qui creuse petit à petit l'écart qui le sépare de son compétiteur Nokia, entame donc son exercice fiscal 2010-2011 avec une bonne dose de sérénité. Et ce, d'autant que les derniers chiffres publiés par le cabinet d'études IDC ont certainement contribué à lui réchauffer un peu plus le cœur.

Sur l'année écoulée, RIM est ainsi crédité d'une part de marché de 19,8%, en progression de 4,2 points par rapport à l'année précédente. Si Nokia a de son côté enfoncé le plancher des 40% de part de marché (38,9%) réduisant ainsi l'écart avec RIM, il n'empêche que le constructeur américain doit plus que jamais compter sur un compétiteur de taille : Apple.

 

La firme à la pomme, dont les ventes ont explosé de près de 82% sur un an, a en effet réalisé la plus forte croissance en termes de part de marché : elle est en effet  passée dans le même temps de 9,1 à 14,4%.

RIM ne veut cependant pas croire à un fléchissement de ses ventes pour son année 2010-2011, et semble bien privilégier un scénario de prise de parts de marché sur Nokia plutôt qu'une canibalisation de ses revenus par Apple.

Au point d'envisager une chiffre d'affaires pour son premier trimestre fiscal 2010-2011 compris dans une fourchette de 4,25 à 4,45 milliards de dollars, et un nombre de nouveaux abonnés qui pourrait atteindre les 5,2 millions. Le groupe pourrait alors pulvériser au passage son record du dernier trimestre écoulé (4,9 millions nouveaux clients).

RIM / Mobilité