Après avoir longtemps freiné des quatre fers, Boucheron, Givenchy, Cartier, Hermès et d'autres marques du luxe accélèrent leur développement sur Internet. Mais pensez-vous que le luxe puisse se vendre sur Internet ?
Y a-t-il un marché pour le luxe sur Internet, qui est par ailleurs le lieu de prédilection de la consommation à bas prix ?
Le net est un booster (ou killer) de branding dans le domaine du luxe. Pour ce qui est de la vente, il doit y avoir une réflexion poussée et à mon avis elle n'est pas possible sans compenser l'acte par une user experience telle que celle qu'on peut rencontrer en boutique. Nous avons développé des stratégies e-commerce globales pour de grands groupes de luxe qui tiennent compte de la valeur de la marque et des nécessité de vendre en ligne.
Les marques risquent-elles de concurrencer leur réseau de distribution classique, une crainte qui jusque-là les avait peu encouragées à être distribuées sur Internet ?
Oui et c'est d'ailleurs pour cela que certaines marques de luxe qui n'avaient jamais voulu distribuer leurs produits dans leurs boutiques (p.ex. Rolex) y viennent peu à peu.
Pensez-vous qu'un produit de créateurs coûtant plusieurs milliers d'euros puisse être vendu sur Internet, ou faut-il nécessairement le voir ou l'essayer pour réaliser un achat de cette ampleur ?
Il faut mettre en avant l'expérience utilisateur. S'inscrire sur le net pour une visite de l'usine Ferrari et livraison de votre bolide à la clé serait une manière a la fois d'offrir une ambiance propice à l'achat sur le net et une expérience unique lors de la remise du produit. Internet comme carnet de commande mais pas de livraison en colissimo...
Steve Raffner est le CEO de Luxurich.com - premium consulting for outstanding brands (http://www.luxurich.com)