Après avoir longtemps freiné des quatre fers, Boucheron, Givenchy, Cartier, Hermès et d'autres marques du luxe accélèrent leur développement sur Internet. Mais pensez-vous que le luxe puisse se vendre sur Internet ?
Y a-t-il un marché pour le luxe sur Internet, qui est par ailleurs le lieu de prédilection de la consommation à bas prix ?
La question était encore valable il y a quelques années, mais maintenant on peut considérer que les marques de luxe ont déjà pris le virage de l'Internet : Louis Vuitton, Dior ou dernièrement Boucheron y sont déjà présents avec des sites de e-commerce.
Les marques risquent-elles de concurrencer leur réseau de distribution classique, une crainte qui jusque-là les avait peu encouragées à être distribuées sur Internet ?
La problématique de l'absence des marques de luxe sur Internet n'était pas liée au risque de "cannibalisation" du réseau physique, puisque le e-commerce n'est qu'un canal de distribution supplémentaire et complémentaire du réseau de points de vente existant.
Si elles ont tardés à investir le net, c'est davantage qu'elles n'avaient pas encore trouvé, d'une part, leur modèle économique (politique de pricing au niveau mondial) et que, d'autre part, elles avaient peur de ne pouvoir retranscrire en ligne une "expérience client" unique, qui fait partie intégrante de l'achat de tout produit de luxe.
Pensez-vous qu'un produit de créateurs coûtant plusieurs milliers d'euros puisse être vendu sur Internet, ou faut-il nécessairement le voir ou l'essayer pour réaliser un achat de cette ampleur ?
Le montant de l'achat n'est pas forcément, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le frein principal de l'achat en ligne.
En effet, les barrières à l'achat peuvent également être d'ordre "affectif" (un cadeau de mariage par exemple), "statutaires" (le fait de bénéficier d'un service d'exception en magasin...), dans le sens où tout dépend du rituel que le client lie à son acte d'achat.