TRIBUNE 
PAR FRANCOIS SUTTER
Le modèle de la webagency n'est pas mort
Le modèle de la webagency n'est ni menacé, ni trop diversifié, ni trop conceptuel. Au contraire, la réalité saute aux yeux : le potentiel est énorme.  (07/09/2005)
 
Directeur département conseil et multimédia de Blue Acacia.
 
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Tout d'abord, deux constats : d'une part, la France comptait, en juillet 2004, 24 millions d'internautes (source JDN) et d'autre part, force est de constater l'insistance de certains à soutenir que le modèle de la webagency commercialisant des services Web n'a pas d'avenir !!!

Mais, le messager (celui qui construit et aide à diffuser le message) n'a-t-il pas autant d'importance que le message et son destinataire ?

En l'espèce, la presse se fait régulièrement l'écho des difficultés rencontrées par les fameuses agences Web. Mais qu'en est-il vraiment ? Pourquoi certaines se développent alors qu'on ne cesse de prophétiser la faillite du modèle des web agencies ?

Menacée par la crise bousière ?
Historiquement, tous les secteurs d'activité ont dû traverser une tempête boursière. Pourquoi la web agency devrait-elle échapper à cette règle ? Force est de constater, que certaines agences ont traversé la crise et subsistent toujours. L'explication peut-être simple : l'impact de la crise boursière, a vraisemblablement eu plus de conséquences sur les agences côtées que sur les agences dont le modèle ne repose pas sur l'appel public à l'épargne.

Les agences sont devenues plus fortes, plus méthodiques, plus expérimentées à l'instar des clients qui, forts de leurs expériences passées font désormais preuve de plus de discernement dans leur réflexion et leur prise de décision. Gageons que tous ceux qui ont assimilé la différence entre une levée de fonds ponctuelle et la conquête de clients pour proposer et vendre des services à valeur ajoutée ne seront jamais menacés. Il ne faut pas confondre levée de fonds et commerce.

Trop diversifiée ?
Commercialement, on a souvent reproché aux agences de regrouper des métiers différents. Pour écarter ce raisonnement, il suffit de constater les types de marché auxquels sont confrontées les agences.

Soit les appels d'offres révèlent des besoins en termes de communication (image, contenu, marketing interactif, création de trafic, fidélisation de clients, jeux concours pour capter des prospects,…). Soit les appels d'offres révèlent des besoins en termes de technologies (création de sites dynamiques complexes, administration d'infrastructure performantes, logiciels de business intelligence, progiciels et applicatifs sur mesure, sauvegarde, convergence voix-données-images, sécurité informatique anti intrusions …).

Or, il n'existe pas de communication sans nouvelles technologies. Donc, ces métiers sont inévitablement transversaux et les web agencies doivent impérativement, pour être logiques, regrouper ces compétences en interne. Dans le cas contraire, elles ne sont tout simplement pas adaptées aux besoins des clients.

Trop conceptuelle ?
Elle est loin d'être conceptuelle pour les personnes qui s'y épanouissent. Pourquoi tenter de définir de façon exhaustive le périmètre d'intervention de la web agency ? Autant reprocher au secteur automobile de s'intéresser, développer et commercialiser des systèmes de navigation embarqué, de mélanger la mécanique et la technologie !

Il faut raison garder ; tant que les services constituent une valeur ajoutée qui fait converger les intérêts des clients et de leurs prestataires alors, il n'y a pas de dérapage possible. J'irai même plus loin : conceptualiser c'est assouplir, être conceptuel c'est être simple. En un mot ne pas ressembler à ces grosses industries paquebots sclérosés qui rêvent de voir les concurrents faire naufrage.

En communication, tout est et doit être lié : le off line (télévision, papier) draine le trafic vers Internet (e-mailing, campagnes sms) où le consommateur est libre de s'affranchir des contraintes de temps. C'est ici le point essentiel. La mobilité, la souplesse, la rapidité, sont les raisons d'être du modèle Web.

La web agency : un acteur incontournable
Pour tous ceux qui prennent le temps de consulter les appels d'offres, la réalité saute aux yeux : le potentiel est énorme. Les besoins et attentes des clients soutiennent largement le marché.

Nul doute que la web agency constitue un modèle formidable pour un chef d'entreprise et ce pour plusieurs raisons : c'est un marché opportun, dynamique, puissant et efficace.

C'est un marché opportun puisqu'il donne sa chance à tous. La technologie est sans aucun doute un des rares secteurs qui autorise un jeune diplômé à se lancer à son compte. C'est un marché qui crédibilise les pionniers et ne décourage pas les nouveaux arrivants sur le marché du travail.

C'est un marché dynamique puisqu'en terme de communication les web agencies transforment les marques en "lovemarks". En terme de technologies, les web agencies sont des "early adopters" qui adhèrent au jeu des industriels qui rivalisent d'intelligence en soutenant un marché, où il devient un enjeu de trouver des applications. Plus il y a de technologies utiles, plus il y a de retombées potentielles.

C'est un marché puissant puisque le poids des nouvelles technologies dans l'économie ne cesse de grandir. En 1998, l'Insee situait à 4,4 % du PIB de la France le poids des NTIC dans l'économie française et toujours selon l'Insee, les NTIC auraient apporté un supplément de croissance de 0,4 point de PIB en 1998. En juin 2004, dans une étude réalisée pour le Ministère de l'Economie et des Finances et de l'Industrie le secteur des NTIC représenterait 5 % du PIB et constituerait 20 % des investissements des entreprises en France. (source Rexecode).

C'est un marché efficace puisqu'il constitue pour les bénéficiaires un tremplin vers de nouvelles perspectives de développement et une augmentation significative de la productivité. Efficace car il implique une convergence totale entre les intérêts de l'agence et ceux de ses clients. Efficace aussi, car il permet de valider ou sanctionner immédiatement les opérations de communications conseillées et appliquées. Efficace, car la communication sera amplifiée par le savoir faire technique de l'agence qui se servira de toute la panoplie des derniers outils pour diffuser le message du client immédiatement, sans contrainte et sans frontière. Efficace enfin, car la web agency devient le partenaire stratégique du client, tous les deux embarqués dans la même locomotive : celle du succès.

Autant de raisons qui impliquent de défendre la web agency de ses détracteurs… En conclusion, et contrairement à ce qu'on a pu lire, ce n'est évidemment pas le modèle qui est problématique, mais tout simplement la dénomination. Comment doit-on les appeler ? Web agency, agences interactives, agences multimédia, … Retroussons les manches et faisons preuve d'imagination en toute humilité…

 
 

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