Uber et la Chine : un amour impossible ?

L’entreprise Uber continue de faire jazzer dans l’Empire du milieu, et multiplie les accros avec le gouvernement chinois et ses concurrents (Alibaba et Tencent).

L’Empire du milieu n’est pas le premier pays à mettre des bâtons dans les roues des taxis du géant californien.  En France, avec le lancement d’UberPop, la société a lancé une pierre dans la mare et a réussi a déclenché la colère des taxis et une levée de boucliers législatifs de la part du gouvernement ; le service ayant été même momentanément suspendu en attente d’une décision de justice. UberPop permet à un  particulier de devenir un taxi occasionnel en utilisant sa propre voiture. La société ne possède aucun véhicule en propre et se rémunère en ponctionnant une partie du prix de la course. En Espagne et en Belgique, où le système avait également été lancé, UberPop a tout bonnement été interdit suite aux nombreuses manifestations des chauffeurs de taxi professionnels. A New Delhi aussi, Uber est interdit, mais pour d’autres raisons.  Suite à l’arrestation d’un chauffeur d’Uber accusé de viol sur une passagère, la ville a en effet préféré mettre un terme à l’expérience. En 2015, Genève déclare le service UberX (Chauffeurs professionnels proposant des berlines standard) illégal.  

Tencent et Alibaba unis pour écraser Uber

Uber garde l’espoir de percer en Chine où ce marché est pourtant dominé à 99% par les deux frères ennemis, Kuaidi Dache et Didi Dache, respectivement détenus par Alibaba Group (56,5%) et Tencent Group (43,3%), deux géants du net chinois. Avril 2015. Rappelons que Didi-kuaidi est une des applications les plus populaires en Chine en 2015(source). Les deux groupes ont décidé de faire une fusion « stratégique » au début d'année (Uber dans le viseur ?) tandis que Baidu, le Google chinois,  investissait dans le service californien de voiture avec chauffeur,  permettant à ce dernier  l’utilisation de son système de cartographie. Pour le moment, la société n’opère que dans une dizaine de villes en Chine. Des rumeurs relatives à une possible fusion entre Uber et Yidao Yongche ont circulé dernièrement. Yidao Yongche, un service positionné plutôt haut de gamme, serait un allié de poids pour Uber et la nouvelle entité formerait alors une vraie menace.

Uber banni de Wechat

 L’application de messagerie instantanée (propriété de Tencent) a bloqué, au fur et à mesure, les comptes liés à Uber dans les différentes villes chinoises où le service était implanté. Selon Emil Mickaël, le vice-président senior de Uber : « Tencent a procédé à interdire ou supprimer tous les comptes Uber sur Wechat. Nos comptes se sont éteints en Mars ». Wechat avait également banni les comptes liés à Kuaidi mais fit volte-face après en avoir acquis une partie. (source). Selon les médias locaux, Tencent accuse Uber de violations politiques ; raison plus que douteuse.  Avec une telle interdiction, les perspectives d’Uber à la conquête de la Chine doivent être revues à la baisse car Wechat, c’est 650 millions d’utilisateurs actifs uniques et une telle manne qui vous échappe, ça peut faire mal, très mal.

Uber dans le viseur de l’État Chinois

Le bureau d’Uber dans la ville chinoise de Guangzhou a été perquisitionné par les autorités locales. Ses derniers accusent Uber de fonctionner sans permis et de permettre à des propriétaires de voitures privées d’offrir des services de taxi. La société californienne n’a jamais émis de commentaire suite à cet événement.

Didi Kuaidi a reçu le soutien de géants de la finance chinoise comme le fonds public China Investment Compagny, lui aussi contrôlé par l’État. Un lobby dans le gouvernement qui fait tout pour freiner la progression d’Uber et laisser le champs libre aux deux sociétés chinoises qui dominent actuellement le marché.  Récemment, le gouvernement a également interdit à Bejing l’interdiction des applications mobiles pour recruter des services VTC et voudrait étendre cette interdiction à tout le pays.  


Uber continue en attendant son développement en Chine avec un milliard de dollars pour son expansion en Chine. La société californienne, qui a été évaluée en août dernier à 50 milliards de dollars, espère trouver la faille qui lui permettra de devenir un acteur majeur en Chine. Uber est soutenu par Baidu et certains investisseurs chinois, et aurait conclu un partenariat avec Xiaomi. Si la rumeur d’une fusion avec Yidao Yongche se confirme, Uber aura encore quelques belles cartes à jouer. Gageons alors que le gouvernement chinois saura trouver de nouvelles parades et renverra alors le géant californien dans ses cordes. 

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