Entreprendre en 2017 : osons la croissance

Il subsiste un préjugé tenace sur l’entreprenariat en France : l’hexagone serait un pays difficile pour les chefs d'entreprise. Pourtant, le terreau de la création des jeunes pousses y est des plus fertiles.

La création d'entreprises est au plus haut depuis 6 ans, avec 554.000 entreprises créées en 2016, selon l'Insee, soit + 6 % par rapport à 2015. Mais comment pérenniser sa jeune entreprise française et la développer pour devenir une Entreprise de Taille Intermédiaire ? Là résident les véritables challenges abordés à l’occasion du Salon des Entrepreneurs 2017.

  Comment pérenniser sa jeune entreprise ?  

L’entreprise est un monde de collaboration et cinq facteurs clés jouent un rôle déterminant à mon sens :

 

1.    Garder le client au cœur de toutes ses préoccupations. Créer quelque chose de valeur, trouver son public cible et lui vendre ce produit ou service à sa juste valeur peut sembler un B.A-BA. Il est indispensable de s’en rappeler au quotidien pour gagner de l’argent et dégager des bénéfices permettant d’investir et d’améliorer son concept.

2.    Recruter la bonne équipe en interne comme en externe. En interne, cela consiste à déléguer en confiance pour prendre du recul de manière à se consacrer à la stratégie et au développement de son business. En externe, il est important de solliciter du conseil et de l’accompagnement. En cela, l’aide de son expert-comptable pour respecter l’équilibre financier (business plan, prévisions…) est essentiel. Les réseaux d’entrepreneurs comme Le Moovjee et son programme de mentorat, ou les incubateurs comme La French Tech apportent des éclairages précieux.

3.    Planifier. En particulier son « Go-to-Market », ses entrées et sorties financières ou encore la logistique et la production. Planifier et ajuster en permanence pour être en prise sur son activité.

4.    Se doter des bons outils informatiques. Les tableaux de bord permettent de contrôler les éléments essentiels de son activité - statut du carnet de commande et trésorerie - sans ne dépendre de personne.

5.    Evoluer dans un contexte politique porteur. C’est là le seul facteur que l’entrepreneur ne maîtrise pas et avec lequel il doit composer. Il ne peut que faire le vœu d’une fiscalité allégée et stable, de la réduction des délais de paiement et d’une simplification de l’ensemble de ses démarches administratives.

 

Une fois assurée la pérennité de sa jeune entreprise et passé le cap, souvent fatidique, des cinq ans d’existence, le défi suivant consiste à la faire grandir jusqu’à atteindre une entreprise de taille intermédiaire (ETI). La France souffre cruellement d’un manque d’ETI comparé à l’Allemagne qui en a 3 fois plus ou au Royaume-Uni qui en a 2 fois plus.

 

Comment développer son entreprise et en faire une ETI ?

 

Parmi toutes les voies envisageables pour passer de la PME à l’ETI, on peut distinguer cinq règles d’or à respecter :

 

1.    Agir avec audace : c’est avec sa passion, sa volonté et son audace mais aussi avec une vision et une capacité à prendre des risques et innover que le dirigeant peut faire bouger les lignes. Cela signifie qu’il faut oser se tromper pour rencontrer le succès. Et toujours garder le client comme principal focus.

2.    Innover de manière continue et itérative, en challengeant autour de son cœur de métier. Les nouvelles techniques rendues possibles par le numérique, comme l’open innovation ou les hackatons, permettent d’engager son écosystème dans cette démarche d’innovation...

3.    Démultiplier en accélérant le time-to-market, c’est à dire la rapidité de mise sur le marché.

4.    Se développer à l’international pour s’assurer de nouveaux potentiels de croissance.

5.    Tirer parti de la transformation digitale. Le digital n’est pas optionnel car il permet tout à la fois d’améliorer l’expérience client, d’offrir rapidement et au plus grand nombre ses produits et services mais aussi de transformer et adapter son modèle et sa structure de coût

 

Enfin, pour libérer les énergies de l’entreprenariat en France, il apparaît essentiel de faire travailler ensemble start-ups et grands groupes. d’incubation et l’accélération de start-ups. Si les structures établies ont des paradigmes de fonctionnement qui peuvent guider les start-ups, à l’inverse on a toujours besoin d’un plus petit que soi. Les grands groupes ont de l’expérience. Les start-ups comprennent plus vite les nouveaux usages. Cela peut donc passer par des ateliers de « Retours d’expérience contre Retours d’usage ».

 

En synthèse, la France est loin d’être un enfer pour les entreprises et nous vivons une phase de transition où les rapports entre les grandes entreprises et les petites sont en pleine évolution. Il faut s’en réjouir car elles ont toutes deux beaucoup à s’apporter mutuellement. Pour soutenir l’élan de la création d’entreprise, encourager l’innovation et la prise de risque, des mesures politiques sont encore nécessaires. C’est là un des grands enjeux du prochain Gouvernement et donc des élections à venir.

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