Uber débarque à Bordeaux, Nice et Toulouse

La société de VTC poursuit son expansion en France, alors que le texte régulant ce genre de services sera soumis au vote le 18 septembre à l'Assemblée Nationale.

 

Uber a annoncé, mardi 16 septembre, le lancement de son service de Voitures avec chauffeur (VTC) dans trois villes françaises supplémentaires : Bordeaux, Nice et Toulouse. Déjà présente à Paris, Lyon et Lille, la société met en marche sa stratégie d'expansion rapide alors que les sociétés concurrentes fleurissent à Paris. L'annonce n'intervient par ailleurs que quelques jours après l'adoption, par une commission de députés, de la loi censée répondre aux inquiétudes des taxis face à la concurrence des VTC. Le texte interdit aux VTC d'être repérés par les clients sur leur smartphone, par géolocalisation, mais les autorise finalement à ne pas retourner à leur base entre chaque course. Elle sera soumise au vote des députés en deuxième lecture demain, à l'Assemblée Nationale.

C'est le service UberPop qui sera disponible dans les trois nouvelles villes : les conducteurs seront des particuliers utilisant leurs propres voitures, pas des professionnels. "Parmi la trentaine de voitures recensées à Toulouse, on retrouve des étudiants qui veulent financer leurs études, des particuliers ou des retraités dont cette activité quelques heures par semaine leur permet d'amortir le coût de leur véhicule", explique Alexandre Molla, directeur général expansion France, à l'AFP.

Poursuites engagées par la DGCCRF

Uber fait face à de nombreux ennuis judiciaires, partout dans le monde. Ses activités UberPop ont été temporairement suspendues en Allemagne, puis de nouveau autorisées, le 16 septembre. En France, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a engagé des poursuites en avril contre Uber, l'accusant de "pratiques commerciales trompeuses" ne pouvant s'apparenter au covoiturage. Le procureur a requis 100 000 euros d'amende. Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre une décision le 16 octobre. "Malgré les recours, on n'a jamais été interdit dans aucun pays", assure Alexandre Molla, confiant.

A Toulouse, les taxis démentent s'inquiéter de l'arrivée du concurrent. "On le vit mal car c'est une concurrence déloyale, mais nous ne sommes pas inquiets car à Toulouse, contrairement à Paris, notre clientèle est satisfaite de nos services", analyse Didier Gouzot, membre du Syndicat des artisans taxis. Mais cela ne l'empêchera pas de saisir la Direction régionale de la concurrence pour vérifier la légalité de l'activité des VTC, explique-t-il.

Pratiques agressives de développement

Le déploiement dans plusieurs villes s'inscrit dans une stratégie plus vaste de développement de la start-up, qui a levé 1,5 milliard de dollars depuis sa création en 2009. Aux Etats-Unis, Uber est d'ailleurs accusée de pratiques très agressives d'expansion, notamment face à son principal concurrent Lyft. Après une guerre via publicités interposées, Uber a commencé à faire appel à des ambassadeurs, qui profitent de trajets avec des chauffeurs concurrents pour tenter de les recruter. (Lire : "Comment Uber s'y prend pour saboter la croissance de Lyft", du 27/08/14).

 

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