L'appli de prêt de livres entre particuliers Booxup dans le viseur de la répression des fraudes

La DGCCRF, qui s'intéresse de près à toutes les start-up qui bouleversent les modèles traditionnels, d'Uber à Airbnb, parle d'une "enquête préventive".

Visite inhabituelle dans les locaux de la toute jeune pousse Booxup : un inspecteur de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes s'est présenté aux deux cofondateurs, David Mennesson et Robin Sappe, pour leur poser des questions sur leur business. Une "enquête préventive", selon lui, mais qui a semblé bien étrange à l'avocat de Booxup à ce stade de développement.

La start-up est en effet extrêmement jeune : Booxup est sorti en mars 2015 sur l'App Store. L'application gratuite permet à ses utilisateurs de référencer leur stock de livres puis de se contacter entre eux pour se les prêter, les échanger… Booxup, qui a levé 310 000 euros en juin auprès d'investisseurs privés, compte 10 000 utilisateurs et recense 30 000 livres. Pas de quoi, pour l'instant du moins, terrifier les vendeurs traditionnels.

Le même inspecteur qui a enquêté sur Uber

L'inspecteur de la Répression des fraudes –qui se trouve être celui-là même qui a représenté le ministère public dans le procès contre Uber- souhaitait s'enquérir des liens de Booxup avec les géants du Web comme Google et Amazon, et a aussi posé des questions plus globales aux cofondateurs sur leur vision ou leur business model.

Pour la monétisatisation, publicités et affiliation

Booxup ne se trouve pourtant pas vraiment dans le même cas de figure que le service de VTC accusé, entre autres, de complicité d'exercice illégal de la profession de taxi (Lire : "Quelle peine encourt Uber France ?", du 30/06/15). La start-up n'a pour l'instant mis en place aucun levier de monétisation. Une nouvelle version de l'application sortira en octobre et inclura des publicités et des fonctionnalités d'affiliation. "Quand vous chercherez un livre et qu'il n'est pas disponible ou trop loin pour que vous le récupériez, on vous proposera de l'acheter", explique Robin Sappe. La start-up est en train de discuter avec de potentiels partenaires : on pourrait y retrouver la Fnac, Amazon ou encore Placedeslibraires, qui recense les librairies françaises.

"Le marché est dominé par un système de distribution vertical. Nous cherchons à introduire un nouveau mode de consommation basé sur le partage, analyse Robin Sappe. Mais tous ces projets autour de l'économie collaborative entrent en collision avec l'économie traditionnelle." Booxup espère en tout cas que cette "enquête préventive" le restera...

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