La Silicon Valley tente tout pour faire barrage à Trump

Si Peter Thiel, le cofondateur de Paypal, vient de faire un chèque de 1,25 million de dollars au candidat républicain, la grande majorité de la communauté tech américaine s'implique pour porter Hillary Clinton à la Maison Blanche.

Les notifications envoyée par Facebook, rappelant à ses utilisateurs américains de s’inscrire pour voter à la prochaine élection présidentielle, montrent comment la tech américaine a décidé de sortir de son habituelle réserve pour peser de tout son poids dans l’élection présidentielle. Samedi dernier, le New York Times révélait que Peter Thiel, le cofondateur de Paypal et membre du board de Facebook, avait fait un don de 1,25 million de dollars à Donald Trump, un chèque bien tardif pour le candidat mis en difficulté. Mais ce fervent républicain, qui avait déjà adoubé le milliardaire lors de la convention de juillet dernier, est un cas isolé au sein de la Silicon Valley. Effarée par la progression de Trump, celle-ci multiplie les initiatives pour soutenir son adversaire Hillary Clinton, à coups de millions de dollars. A titre d’exemple, le leader mondial de la musique en streaming Spotify a lancé un podcast intitulé « Clarify », et plusieurs CEO influents ont appelé à faire du 8 novembre une journée de congés obligatoire pour tous les employés.

Hillary Clinton aurait reçu 7,7 millions de dollars de donations de la part de la tech américaine, contre 300 000 dollars pour Donald Trump

Mais cela va désormais plus loin que le simple devoir civique du côté de la Silicon Valley, qui considérait traditionnellement que son rôle était de trouver de nouveaux produits et concepts pour changer le monde, plutôt que de passer par la politique. Effrayés par le sulfureux magnat à la Maison Blanche, ces derniers ont décidé de porter la main au carnet de chèques : pour le moment, Hillary Clinton aurait reçu 7,7 millions de dollars de donations de la part de la tech américaine, tandis que Donald Trump n’aurait jusqu’à présent collecté que 300 000 dollars selon Crowdpac. Mais l’ancienne secrétaire d’Etat est bien moins populaire que Barack Obama, qui avait amassé 21 millions de dollars des patrons de la tech à cette étape de la campagne. Ce dernier a été beaucoup plus favorable à cette communauté pendant son mandat, et aurait même envisagé de devenir un investisseur venture après la fin de celui-ci.

Si Hillary Clinton ne semble pas aussi proche de la Silicon Valley que de Wall Street, les grands patrons se mobilisent, déterminés à faire barrage à Donald Trump : le cofondateur de Facebook, Dustin Moskowitz, a déjà alloué 20 millions de dollars à Hillary Clinton et compte augmenter cette enveloppe. John Doer le patron du fonds de venture Kleiner Perkins a abondé 600 000 dollars dans un des super-PAC dédiés à la candidate démocrate, tandis que Sheryl Sandberg, la COO de Facebook, a déboursé 200 000 dollars. Les patrons de Salesforce, Airbnb, Netflix ou encore Elon Musk de Tesla sont eux aussi des mécènes officiels de l’ex-Première Dame.

Celle-ci prend une avance de plus en plus substantielle sur son adversaire, avec 47% de soutiens contre 39% pour Donald Trump, selon le dernier sondage CNN publié ce lundi. Ce dernier a choisi d’adopter une ligne dure ces derniers jours, remettant en cause le scrutin et les instituts de sondage, qui seraient manipulés par des médias aux mains des intérêts démocrates. Toujours plus provoquant, il a accusé Hillary Clinton de s’être dopée lors du dernier débat télévisé et a réclamé un test anti-dopage avant le prochain et dernier affrontement, mercredi prochain. Des propos qui sont de moins en moins du goût du camp républicain, qui se détachent de l’homme d’affaires et tentent de préserver la majorité républicaine au Congrès.

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