Jet.com : qui est ce mystérieux e-commerçant qui veut s'attaquer à Amazon ?

Jet.com contre Amazon 0215 Jet.com vient de lever 140 millions de dollars pour une valorisation de 600 millions, avant même son lancement. Son CEO, un ex salarié d'Amazon, veut concurrencer son ancien employeur.

L'e-commerçant Jet.com n'a pas encore enregistré une seule vente. Pourtant, cela n'a pas empêché la start-up de lever 140 millions de dollars au cours d'un tour de table mené par Bain Capital... Une somme qui s'ajoute aux 55 millions de dollars levés en juillet, et aux 25 millions de dette levés en septembre. Selon le Wall Street Journal, le dernier tour de table a valorisé Jet.com autour de 600 millions de dollars, alors même que le site n'est pas encore lancé.

Amazon lui livre une guerre des prix

Il faut dire que son CEO, Marc Lore, n'est est pas à son premier essai. Il a créé Quidsi en 2005, société à l'origine de Diapers.com –site e-commerce spécialisé dans les produits pour bébés- mais aussi de Soap.com et BeautyBar.com. Quidsi enregistrait en 2010 300 millions de dollars de chiffre d'affaires... Ce que n'a pas manqué de remarquer Amazon, qui s'est engagé dans une guerre des prix et a divisé d'un tiers le coût des couches sur son site.

Quidsi racheté par Amazon pour 550 millions de dollars

Coût dur pour Quidsi qui, étouffé par la guerre livrée par Amazon, a été obligé d'accepter son rachat par le géant fin 2010 pour 550 millions de dollars. Marc Lore a ensuite travaillé chez Amazon pendant un peu plus de deux ans, avant de s'en aller. Avec Jet.com, il compte désormais s'attaquer à l'e-commerçant qui a gobé sa société précédente. Pour parvenir à ses fins, le CEO promet de "réinventer le retail", rien de moins. Son objectif : créer une relation personnelle avec ses clients, selon lui négligée par Amazon.

Une carte de membre à 50 dollars par an

Jet.com emploie déjà 130 personnes et devrait être lancé le mois prochain, pour un petit groupe de testeurs, avant une ouverture grand public à la fin du printemps. Marc Lore n'a jusqu'ici distillé que peu d'informations à propos de son mystérieux site e-commerce. La marketplace devrait fonctionner avec un système de fidélité : les membres accèderont à des réductions grâce à des partenariats noués avec des retailers –parmi lesquels ceux, déjà signés, d'électronique grand public TigerDirect et Sony, mais aussi Sears Hometown et Outlet Stores, ainsi que des centaines d'autres petits retailers qui cherchent désespérément à lutter contre la concurrence d'Amazon. Jet devrait notamment offrir des réductions aux clients selon leur localisation, en calculant le coût d'envoi que devra prendre en charge le retailer local.

Des prix 10 à 15% plus bas que chez les concurrents

Le programme coûtera 50 dollars par an à ses membres et Marc Lore assure qu'ils bénéficieront de prix 10 à 15% plus bas que chez ses concurrents. Jet.com ne se rémunèrera pas sur les transactions, mais sur les adhésions de ses membres. L'inscription au programme a été ouverte pour en choisir ses premiers abonnés, et a recueilli 352 000 adhésions avant que Jet ne la clôture.

Le pari n'est cependant pas gagné : Jet.com devra débaucher des retailers qui sont déjà, pour certains, satisfaits de leur partenariats avec Amazon ou eBay. La start-up devra aussi faire face à la réponse de ses concurrents : une fois encore, Amazon pourrait choisir de casser ses prix pour tuer le nouvel arrivant avant qu'il n'ait le temps de s'installer. Avec 220 millions de dollars levés, Jet aura du mal à rivaliser avec le géant... A moins que ses investisseurs ne remettent rapidement la main à la poche.

Mais ces derniers ont des moyens. Parmi eux, on trouve ainsi Bain Capital Ventures, mais aussi by Accel Partners, Coatue, General Catalyst, Goldman Sachs, Google Ventures, MentorTech Ventures, NEA, Norwest Venture Partners, Silicon Valley Bank, Temasek et Thrive Capital... Rien de moins.

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