Comment valorise-t-on une start-up ? Valoriser une start-up tout juste créée

Vous avez terminé votre business plan et souhaitez partir en "road show" devant une quinzaine d'investisseurs. Vous comptez non seulement réussir votre levée de fonds mais en tirer la meilleure valorisation pour votre start-up. S'il n'existe pas de méthode scientifique pour calculer cette valorisation, de nombreux éléments la conditionnent. Voici les principaux.


xavier lorphelin, associé chez serena capital
Xavier Lorphelin, associé chez Serena Capital © S. de P. Serena Capital

Les start-up en cours de création et ne générant pas de bénéfices ne sont pas valorisées comme les autres. Pour Xavier Lorphelin, Managing partner chez Serena Capital, la valorisation est avant tout une affaire de temps. "Attention à ne pas survaloriser une société lors de l'entrée de love money ou de business angels au capital. Elle pourrait se retrouver en difficulté lors de l'entrée de futurs investisseurs au capital, qui pourront vouloir revoir la valorisation à la baisse" précise-t-il. Une situation fortement délicate pour l'entrepreneur qui devra retourner voir ses premiers investisseurs et leur indiquer que la valeur qu'il leur a vendue n'est pas la bonne.


Pour Benoist Grossman, Managing director chez Idinvest Partners, l'étape de la valorisation est souvent "une négociation de marchands de tapis, mais dans la plupart des cas, une société présentant un power point et n'ayant pas engagé son développement sera valorisée autour de deux millions d'euros lors de sa première levée de fonds". Entrent alors dans l'évaluation de la valeur d'une société des critères très subjectifs, comme l'expérience d'un entrepreneur, la compétitivité des investisseurs sur un deal et, bien sûr, la valorisation des sociétés concurrentes. En finance, ces critères subjectifs sont désignés sous le terme de "goodwill", une valeur immatérielle, subjective. Pour Xavier Lorphelin, "le goodwill est en quelque sorte une anticipation de la valeur de marché d'une société".


Pour un investisseur, une société très jeune sera valorisée en fonction de son potentiel de valorisation à la sortie. Et plus le risque pris par un investisseur sera élevé, plus le multiple de valorisation souhaité sera grand. "Si par exemple j'estime qu'une société vaudra 50 millions d'euros dans cinq ans et que je souhaite réaliser cinq fois ma mise, la valorisation pre-money, c'est-à-dire avant mon investissement, ne devra pas être supérieure à 5 millions d'euros si je prends 50% du capital. Ainsi, sa valeur sera de 10 millions d'euros en post-money, c'est-à-dire deux fois ma mise" illustre Xavier Lorphelin.


Dans toute situation, une start-up doit intégrer les hypothèses de future dilution de son capital et donc ses besoins de refinancement. "Si l'on suit le même exemple et que la société a un besoin futur de refinancement et qu'il faudra rouvrir le capital à hauteur de 25%, je n'aurai plus que 50% x 75%, c'est-à-dire un peu plus de 37,5% du capital. Je récupèrerai donc moins à la sortie. Or si je veux maintenir mon multiple initial à la sortie, il faudra donc moins valoriser la société dès le départ" poursuit Xavier Lorphelin.

Capital risque / Goodwill