Michael Amar (Ifeelgoods) "Facebook ne cesse d'élargir le champ d'utilisation des Facebook Credits "

Après un an d'activité, le fournisseur de promotions sous forme de Facebook Credits compte 53 clients à travers le monde. Premier bilan avec son co-fondateur.

JDN. Quel bilan tirez-vous de cette première année d'activité ?

Michael Amar. Cette première année d'activité nous a permis de valider notre modèle de promotion digitale personnalisable et instantanée grâce aux Facebook Credits. Nous avons ainsi observé qu'à chaque fois qu'une campagne mettait en avant les Facebook Credits, le taux de clic était multiplié par deux. Nous avons également remarqué que 70 % des personnes ayant reçu des Facebook Credits, publiaient l'information sur leur mur. Ce phénomène viral représente autant de publicité gratuite pour la marque qui a donné les Facebook Credits. Enfin, alors que beaucoup pensaient que cette monnaie virtuelle était simplement utilisée par les "geeks", notre expérience démontre que le profil type du joueur en ligne est en fait une femme de 43 ans avec 2 enfants. Nous comptons aujourd'hui près de 71 % de femmes dans notre base.

Combien comptez-vous de clients aujourd'hui ?

Nous comptons aujourd'hui 53 clients dans le monde, dont une quinzaine en Europe. Nous sommes présents dans 7 pays (USA, France, Italie,Allemagne, UK, Turquie, Espagne, ndlr). Nous travaillons notamment avec Wallmart et  Universal Pictures aux Etats-Unis ou encore Auchan, Kiabi, GAP ou Debenhams en Europe. Nous avons également récemment lancé une opération avec Coca-Cola en Turquie où il est possible de changer ses points Coca-Cola en Facebook Credits.

Un mot sur votre retour d'expérience avec La Redoute (lire l'article : La Redoute offre des crédits Facebook à ses clients, du 14/01/2011) ?

Nous avions lancé une opération avec La Redoute lors de l'ouverture des soldes où le but était de gagner des Facebook Credits à l'achat d'un produit. Il se trouve que tout est parti en quelques heures. Depuis janvier, nous avons lancé une quinzaine d'opérations avec La Redoute avec des objectifs divers comme l'incitation à l'achat, l'acquisition d'adresses e-mails ou encore l'organisation de jeux-concours.

En basant votre business model sur les crédits Facebook, ne craignez vous pas d'être trop dépendant de Facebook ?

Pour tout vous dire, nous pensons que Facebook est à l'origine d'un phénomène viral exceptionnel. Nous les connaissons bien et nous sommes chez eux au moins une fois toutes les deux semaines. Nous sommes surtout confiants sur le potentiel des Facebook Credits et cela pour deux raisons. D'abord, c'est une offre qui marche. Tous nos clients ont renouvelé ou bien ont une campagne en cours. Ensuite, Facebook ne cesse d'élargir l'impact des Facebook Credits et offre  désormais la possibilité de louer des films ou de visionner  des concerts live. Autre exemple, au Royaume-Uni et en Allemagne, on peut désormais utiliser cette monnaie virtuelle pour voter lors d'émissions de télé-réalité. D'après les retours, près de 10 % des votes ont été réalisés avec des Facebook Credits. Enfin pour ce qui est de notre diversification, nous proposerons bientôt des minutes d'appels Skype à nos clients.

Vendre des biens virtuels est-il rentable ?

Nous ne communiquons pas sur nos résultats mais ce que je peux vous dire c'est que notre offre implique beaucoup de technologie et nous investissons en permanence en R&D pour l'améliorer. Nous avons mis presque un an pour développer notre plate-forme, notamment pour mettre en place plus de 220 filtres et des mesures de sécurité anti-fraude.

Quelles sont les prochaines grandes étapes de l'évolution d'Ifeelgoods ?

Nous allons continuer à améliorer notre plate-forme, et nous allons continuer de la rendre compatible avec des plates-formes e-commerce, comme nous l'avons fait avec Magento. Enfin, nous sommes en discussion pour étendre notre distribution au niveau mondial, notamment en Asie.

Comment expliquez-vous votre réussite aux Etats-Unis ?

Lorsque nous sommes partis aux USA, nous étions à la recherche des nouvelles tendances ou d'un concept à ramener en France. Nous avons alors observé sur place que peu de choses avaient été faites dans l'e-commerce. En fait, dans la Silicon Valley, on trouve beaucoup d'experts techniques mais peu d'expert en marketing. Ce n'est d'ailleurs, selon moi, pas une surprise si Groupon a été créé à Chicago et pas dans la Silicon Valley.

Entre les US et la France, comment est organisée Ifeelgoods ?

Nous comptons une quinzaine d'employés et nous serons une vingtaine dans les prochains mois. Notre pôle technique est partagé entre Menlo Park, dans la Silicon Valley et Paris, où sont gérés également nos activités européennes. Nous comptons aussi un bureau commercial à New-York.

Vous aviez annoncé une levée de fond en 2011, qu'en est-il ?

Nous avons en effet levé 8 millions de dollars supplémentaires en juin 2011, après une première levée de fond en 2010, ce qui porte le total des sommes que nous avons levées à 9,5 millions de dollars.

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