Stéphane Jauffret (Sellermania) "Sellermania lance le Mappeur, une multiprise entre marchands et marketplaces"

Grâce à ce nouvel outil, Sellermania s'ouvre aussi aux comparateurs et à l'affiliation, mais prépare également l'accélération de son expansion européenne.

JDN. Vous ajoutez un nouvel outil à l'interface de Sellermania : le Mappeur. En quoi consiste-t-il ?

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Stéphane Jauffret, fondateur et PDG de Sellermania © S. de P. Sellermania

Stéphane Jauffret. Toutes les marketplaces ont des catégorisations produits, des arborescences, des taxonomies différentes. Par exemple, Amazon compte 700 rubriques dans la catégorie Maison, contre 1 300 chez RueduCommerce. Pour un marchand, rentrer son catalogue dans ces cases est un vrai casse-tête. Le Mappeur, sur lequel nous avons travaillé 18 mois, répond à ce besoin. Le marchand nous fournit son catalogue sous le format qu'il souhaite, notre outil permet très visuellement d'organiser tous les éléments et de choisir le format de sortie pour produire le flux qui correspond à chaque marketplace.

Il sait également gérer celles comme Amazon ou Priceminister, qui requièrent de se conformer à des fiches produits existantes. Il vérifie si les fiches existent déjà, leur fait correspondre les références du marchand et crée de nouvelles fiches pour les autres.

Jusqu'ici Sellermania s'est spécialisé dans les places de marché. Le Mappeur permet-il aux marchands d'envoyer leur catalogue sur d'autres diffuseurs de flux ?

Absolument. Comparateurs, plateformes d'affiliation, outils de retargeting... tous les diffuseurs qui utilisent des flux produits. Les caractéristiques produits qu'ils demandent sont bien plus simples que les marketplaces. Par exemple, la taxonomie des comparateurs est nettement moins complexe, voire inexistante. Le flux Téléphonie compte ainsi 15 colonnes sur Kelkoo mais 150 sur Amazon. Il a donc été facile de les ajouter à l'outil.

Nous avons en outre conclu des partenariats avec Mirakl et MarketPlace Factory afin que toutes les places de marché qu'ils construisent soient compatibles avec notre solution. Nous avons également signé avec Discounteo. Certains marchands ne peuvent pas intégrer sa marketplace s'ils ne passent pas par nous. Le Mappeur de Sellermania sert donc de multiprise.

Sellermania entre par conséquent en concurrence plus frontale avec Lengow, ShoppingFlux, Iziflux... Quel est votre atout ?

Ces acteurs viennent plutôt du monde des comparateurs. Leurs outils sont donc moins poussés en termes de catégorisation pour les marketplaces. En outre, le Mappeur permet au marchand de mesurer et donc de maximiser son taux de référencement, c'est-à-dire la proportion des références que la place de marché accepte de commercialiser, sur la totalité qu'il a envoyée. C'est une problématique typique des marketplaces, que nous sommes les seuls à traiter.

Car vendre sur les places de marché ne se limite pas à envoyer des flux. Il faut aussi pousser le référencement, gérer les commandes, s'assurer que le stock est décrémenté en temps réel... Raison pour laquelle nous ne nous considérons pas comme des gestionnaires de flux.

Commercialiserez-vous aussi votre Mappeur seul ?

Il est effectivement "privatisable". Il peut servir à de grands groupes qui souhaitent que plusieurs de leurs entités puissent se parler, en rendant compatibles leurs attributs, champs, formats de sortie... Par exemple afin d'intégrer à La Redoute une partie du catalogue Daxon. Ou d'intégrer toutes les enseignes du groupe auprès d'un partenaire extérieur.

Nous pourrons également distribuer notre Mappeur en marque blanche. Par exemple à des marketplaces qui retravaillent aujourd'hui les fichiers marchands de façon assez manuelle. L'outil pourrait être mis à leurs couleurs et présenté comme un outil d'import. Notre Mappeur peut aussi être utile aux comparateurs, ou encore à des agences Web. Plus largement, nous comptons d'ailleurs mettre en place un réseau de distribution sous forme d'agences qui deviendront nos distributeurs agréés.

Sellermania est présent en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Allez-vous prochainement attaquer d'autres pays?

Nous allons en effet pouvoir nous appuyer sur la flexibilité de ce nouvel outil pour le porter à l'international plus vite que nous n'avons jusqu'ici développé Sellermania à l'étranger. Nous ouvrirons l'Espagne et l'Italie d'ici l'automne, puis d'autres pays encore d'ici un an.

Ceci nécessitera sans doute de nouveaux financements. Pour l'instant, nous avons levé trois fois 500 000 euros auprès de business angels. Dans les douze mois qui viennent, nous devrons probablement aller chercher un montant plus important, sans doute auprès de fonds d'investissement.

Comment se porte le marché français des marketplaces ?

Sur les 130 000 sites marchands actifs que dénombre la Fevad dans l'Hexagone, environ 20% ont déjà ouvert un compte sur une ou plusieurs places de marché. Mais moins de 5%, soit 5000 sites environ, vendent vraiment, c'est-à-dire tirent des marketplaces plus de 100 commandes par mois. En Allemagne, ils sont quatre fois plus nombreux. De ce point de vue-là, la France est en retard. Sauf qu'aujourd'hui, tous les e-commerçants qui ne vendent pas encore sur les marketplaces envisagent de le faire.

De plus, les places de marché se mettent en ordre de marché pour combler ce retard. RueduCommerce et Priceminister étoffent leurs équipes commerciales. Amazon aussi, qui devrait passer de 40 à 60 commerciaux sur sa marketplace d'ici la fin de l'année. Comme c'est déjà le cas en Allemagne, Amazon France transfère de plus en plus son activité sur sa marketplace.

Quel est votre chiffre d'affaires ?

En 2012 les marchands utilisant Sellermania ont enregistré 90 millions d'euros de ventes sur les places de marché. Nous nous rémunérons par une commission comprise entre 2% et 3% de ce volume d'affaires. Nous avons lancé il y a un an une offre à prix fixe à 99 euros par mois, mais elle reste minime dans notre chiffre d'affaires.

Quel est votre marché adressable et quelles sont vos ambitions ?

Actuellement, le volume d'affaires total des grandes places de marché françaises - RueduCommerce, Fnac, Amazon, eBay, Priceminister, Cdiscount - atteint peut-être 1,2 milliard d'euros. C'est beaucoup moins qu'au Royaume-Uni ou qu'en Allemagne. Et évidemment, les intégrateurs qui se rémunèrent sur cette base-là, dont nous faisons partie, sont encore petits. Au total, le volume d'affaires que nous générons doit approcher 300 millions d'euros. Mais les marketplaces tirent la croissance de l'e-commerce et nos croissances sont élevées.

Sur le marché américain, nos homologues enregistrent chacun des volumes d'affaires compris entre 1 et 4 milliards de dollars, Channel Advisor étant le plus gros. Nous pourrions faire aussi bien sur le marché européen, qui est de la même taille que le marché américain.

Stéphane Jauffret est le fondateur et PDG de Sellermania. Diplômé de l'Inseec et titulaire d'un MBA de Cornell University, il débute sa carrière chez Paribas Capital Markets. Il Amazon en 1999 à Seattle, puis à Paris en 2001 pour le lancement de la filiale française. Il y occupe des fonctions de direction de plusieurs gammes de produits, notamment celle de directeur général des activités Livres, Logiciels, Jeux Vidéos, et celle de directeur de la marketplace pour son lancement en 2003. En 2004 il rejoint ChateauOnline en tant que directeur marketing. Il crée Sellermania en 2005.

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