Les fleuristes en ligne cherchent des relais de croissance Des enjeux propres au modèle économique de l'intermédiation

"Le marché arrivant à maturité, c'est avec nos innovations que nous allons désormais entretenir notre croissance", explique Fabrice Freixas. Florajet vient ainsi de lancer un service de message vocal. Pour accompagner un bouquet, le client peut enregistrer un message que le destinataire entendra en composant le numéro de téléphone et le code d'accès reçu avec le bouquet. Disponible uniquement avec les roses "déesse", qui ne fanent pas avant plusieurs mois, ainsi qu'avec les bouquets insolites, qui contiennent des objets, ce service de message vocal devrait être étendu prochainement aux autres gammes de fleurs de l'enseigne. La rose déesse, elle-même, devrait également trouver sa place dans des produits de décoration qui seront vendus par Florajet. Enfin, le spécialiste de la transmission florale travaille sur un service mobile.

 

Côté Interflora, le nombre d'ordres traités a peu évolué récemment, se situant aux alentours de 1,8 millions par an. En revanche, une proportion croissante provient désormais du Web. Le réseau de fleuristes a donc tendance à perdre, de plus en plus, la commission de prise d'ordres. A titre d'exemple, les commandes livrées par la boutique Aquarelle de la rue de Buci, à Paris, représentait il y a dix ans 28 % de son chiffre d'affaires. "Elles ne représentent plus aujourd'hui que 10 % du CA de ce magasin : pour faire livrer, les gens se tournent désormais sur Internet", souligne Henri de Maublanc. Ce dont pâtissent donc les adhérents des réseaux de transmission florale.

 

"Plus le marché sera difficile, plus la performance que nous apportons aux adhérents sera importante"

Mais pour Fabrice Freixas, ce modèle économique perdurera : "Parmi les 13 000 fleuristes de France, beaucoup arrivent à l'âge de la retraite. Toutefois, pour l'instant, les ouvertures compensent les fermetures. Et ensuite, les petits fermeront et le réseau gagnera en qualité."

 

De plus, la crise économique aura sans doute un impact important sur les acteurs du secteur. Avec la diminution de l'achat de fleurs, les adhérents auront tendance à se concentrer sur les réseaux qui leur apportent suffisamment de commandes et à se désabonner des autres, dont la cotisation ne sera pas rentabilisée. "Plus le marché sera difficile, plus la performance que nous apportons aux fleuristes adhérents sera importante", conclut donc Fabrice Freixas.

 

La taille des réseaux constituera donc plus que jamais un atout pour eux. En dehors d'Interflora et de Florajet, on peut ainsi s'attendre que les autres acteurs de l'intermédiation florale aient du mal à se développer.

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