Où en est le secteur de la vente en ligne de vin ? L'avenir incertain de 1855

Parmi les sites de vente de vin, 1855 a incontestablement un statut particulier, en raison des difficultés que le doyen du secteur connaît depuis des années. "Combien de temps le site va-t-il tenir ?", s'interroge Grégory Bressolles... En effet, l'action 1855 a perdu 95 % de sa valeur en un an et ne vaut plus aujourd'hui que 0,04 euro.

 

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"Les difficultés de 1855 remontent à avant la crise, souligne-t-il. Sur les forums s'exprimaient déjà des clients insatisfaits qui expliquaient ne pas avoir été livrés." 1855 possède certes le catalogue le plus étendu du marché - 25 000 références contre 5 000 chez Wineandco et 1 500 chez ChateauOnline - mais disposerait de peu de stocks, selon le spécialiste. "Wineandco, Millesima ou encore Rouge-blanc connaissent les quantités qu'ils peuvent vendre, même si les stocks sont chez leurs fournisseurs. Tandis que 1855 va essayer de se procurer ce qu'ils vous ont vendu", ajoute Grégory Bressolles. 

 

Si pour Emeric Sauty de Chalon "moins de 3 % des ventes posent problème", le président de 1855 reconnaît qu'en raison de soucis bancaires (les banquiers ont brusquement privé le site de ses lignes de crédit), la qualité de service était jusqu'en décembre 2008 en dessous de ce qu'elle aurait dû être, notamment en matière de retard de livraison. Le président de la société assure aujourd'hui que la mise à jour de son catalogue est désormais très automatisée et qu'il concentre désormais ses efforts sur l'amélioration de la logistique et du système d'information. C'est d'ailleurs à cet usage que vont être dédiés les 2,05 millions d'euros qui viennent d'être réunis lors d'une levée de fonds auprès d'Aphrodite, la holding récemment créée par les actionnaires et chapeautant 1855.

 

"Amazon n'a pas été rentable pendant des années et est très rentable aujourd'hui"

Une injection d'argent supplémentaire pour un site que Grégory Bressolles décrit comme depuis longtemps dans une situation critique  : le résultat net de la société restait en effet déficitaire de 2 millions d'euros en 2008. Ce qui constitue malgré tout un net progrès par rapport aux 8 millions d'euros de pertes de 2007.

 

"Amazon n'a pas été rentable pendant des années et est très rentable aujourd'hui, se défend pourtant Emeric Sauty de Chalon. Pour développer une clientèle, tous les frais sont comptabilisés dans les pertes, tandis qu'une société qui fait de la R&D la compte dans l'actif. Ce sont uniquement les investissements qui font que nous ne sommes pas rentables." Fuite en avant ? Dernier coup de pouce nécessaire ? Le président de 1855 estime qu'il pourra dorénavant diminuer ses investissements marketing et profiter de sa croissance (+18 % au premier trimestre 2009) et la diminution de ses coûts. "Nous atteindrons le point mort avant la fin de l'année, c'est une certitude", conclut-il. 

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