Le growth hacker, un touche-à-tout du digital au service du ROI

Le growth hacker, un touche-à-tout du digital au service du ROI Ce pirate de la croissance est capable de faire du numérique un levier de développement de l'audience de la notoriété et du chiffre d'affaires de son entreprise.

Figurant parmi les profils recherchés par les cabinets de ressources humaines, le growth hacker analyse, teste et active tous les canaux pouvant susciter des actions en ligne au service de la croissance rapide des entreprises : inscriptions, demandes de devis, achats… Comme son nom l'indique – growth pour croissance, hacker pour bidouilleur de systèmes informatiques – ce fin connaisseur des plateformes et des outils de communication digitale est guidé par la volonté de doper le ROI de ses actions marketing.

Son esprit agile applique de manière transversale ses stratégies créatives et les adapte sur le tas en fonction des résultats. "Le growth hacker maîtrise les coûts, mesure l'impact et calcule la performance de chacune de ses actions, tout en anticipant la capacité de ses clients d'assumer la croissance qu'il va leur générer", explique Thibaut Trezières, growth hacker spécialiste de Facebook, fondateur de l'agence Tuala Web et de la plateforme d'influenceurs VerticalY.

"Nous sommes tout le contraire des vendeurs de rêves et nous portons une vision structurée de l'acquisition client"

Cette attitude pragmatique et mesurée vient démystifier une idée reçue, celle du magicien de la croissance, une image construite sur la manière dont ce métier s'est forgé, en propulsant de façon fulgurante et avec peu de moyens des start-up alors inconnues comme Uber ou Airbnb.

"Nous sommes tout le contraire des vendeurs de rêves, poursuit Thibaut Trezières, et nous portons une vision structurée de l'acquisition client, chose indispensable pour faire de la croissance sur le long terme." Pour lui, l'époque où l'on faisait beaucoup avec peu de moyens est d'ailleurs révolue : "Il n'est plus possible d'obtenir des résultats probants sur des plateformes matures, comme Facebook ou Google Adwords, sans disposer d'un budget minimal."

Le growth hacker doit connaître de façon empirique et pour chaque canal, le prix de chaque nouveau client ou prospect. Il s'emploie pour cela à tester les différentes sources de trafic gratuites et payantes et à en mesurer l'impact. Il donne alors la priorité à celles qui génèrent les utilisateurs les plus rentables sur le long terme. La fameuse lifetime-value du client.

Dans son bagage, on retrouve l'optimisation des sites et de leur référencement, l'acquisition de trafic sur les réseaux sociaux grâce à des contenus à forte viralité, l'achat de publicités, de campagnes de recommandation ou d'emailing, la récupération et l'activation des données.

Etre agile et multi-tâches

Mais quelle est différence entre le growth hacking et le web marketing ? Dans le premier, tous les moyens sont explorés par le même professionnel. "La différence se trouve dans l'agilité et les compétences multiples du growth hacker", explique Brice Maurin, fondateur de l'agence deux.io. Pour ce spécialiste du growth hacking, cette approche inspirée des méthodes agiles est aux antipodes des pratiques des grandes agences et des entreprises où prime encore la séparation entre équipes produit, data, marketing et média. "Le modèle à silos confère une lourdeur au processus opérationnel et à la prise de décision", analyse-t-il.

Brice Maurin fait partie de cette première génération de growth hackers autodidactes qui a vu naître et évoluer tout cet écosystème qui englobe le développement Web, le référencement, les réseaux sociaux et la data science appliquée au marketing online. Avec son équipe d'une dizaine personnes, il accompagne des start-up pour le compte d'investisseurs et d'accélérateurs. Il forme également les professionnels de grands groupes comme Natixis ou Total, preuve que ce métier ne reste plus cantonné aux jeunes pousses à fort potentiel. Pour lui, "tout professionnel ayant fait quelques années de marketing opérationnel dans une start-up peut prétendre à devenir un growth hacker s'il est curieux et qu'il se forme continuellement".

L'offre d'emploi que son agence a récemment publié indique que, s'il doit être familier avec la totalité des compétences de son futur poste (comme l'analyse statistique, l'automatisation d'outils, le référencement, l'emailing, l'animation de communautés ou l'AB testing), le candidat au poste de growth hacker doit d'abord en maîtriser trois au minimum.

Souvent touche-à-tout autodidacte, le growth hacker ne dispose pas nécessairement de diplôme d'études supérieures. C'est avant tout un passionné des mécaniques du marketing numérique à l'esprit créatif. Thibaut Trezières rappelle cependant que "la période d'apprentissage est très longue (de l'ordre de trois ans, ndlr) et qu'il faut tester énormément de choses." La rémunération brute annuelle d'un growth hacker peut varier de 33 000 euros pour un débutant, à 45 000 pour un confirmé. Elle peut atteindre 65 000 euros pour un senior en Île de France.

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Cette article provient du magazine trimestriel dédié au marché de la publicité online et du martech lancé par le JDN avec CB News. Au programme, une grande enquête sur la bataille des éditeurs pour récupérer leurs parts de marché mobile, un comparatif des solutions de mesure du trafic en magasin, un papier sur la  pub sur les assistants vocaux, une fiche de poste  du growth hacker et bien d'autres sujets...

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