Directinet va diversifier ses activités sans ses fondateurs

Les cinq co-fondateurs de Directinet sont sur le départ. Son propriétaire, le britannique IPT, veut se focaliser sur la diversification des activités de la société de collecte et de location d'adresses e-mail.

Directinet continue sans ses cinq fondateurs. D'ici le mois de février 2009, Nicolas Klain (directeur administratif et financier), Patrick Mareuil (directeur études et statistiques), Jérémie Mani (directeur collecte et fidélisation) et Philippe Leclercq (directeur associé) quitteront la société spécialisée dans la collecte et la location d'adresses e-mail qu'ils ont fondé en 2000. Le cinquième co-fondateur, Jérôme Stioui, qui occupait jusqu'à présent le poste de PDG a déjà quitté l'entreprise depuis une quinzaine de jours.

Ces départs font suite à l'acquisition, en juin 2006, de Directinet par son homologue britannique Interactive Prospect Targeting (lire Directinet choisit IPT plutôt que de rentrer en Bourse, du 13/06/2006). "Une période contractuelle de deux ans et demi avait été définie lors de la cession de Directinet à IPT, pendant laquelle nous avons assuré la transition", explique Jérôme Stioui. Le directeur général du groupe IPT, Martin Kiersnowski, devient président du conseil d'administration de Directinet. John Lloyd est nommé directeur général de la société.

Outre les 25 millions d'euros versés par IPT, une somme d'environ 8 millions, définie en fonction des résultats de Directinet sur les trois années suivant la cession a été versée aux fondateurs. Il s'agit de la somme maximale prévue par la clause d'earn out définie lors de la cession. L'earn out a été versé pour moitié en numéraire et pour moitié en actions. Le montant final de la transaction avoisine donc les 33 millions d'euros. Les cinq co-fondateurs de la société resteront donc actionnaires d'IPT.

A travers ce changement de direction, IPT fait un nouveau pas vers le recentrage de ses activités en France. La holding vient en effet de céder sa filiale Interactive Prospect Targeting Limited (IPTL), homologue britannique de Directinet, pour 1,3 million de livres (environ 1,5 million d'euros) au fonds de capital-investissement britannique Volvere. "IPTL était déficitaire et nous empêchait de concentrer nos efforts sur le marché français", jugé plus intéressant, explique Martin Kiersnowski. Au passage, IPT change de nom pour devenir Direct Excellence.

En 2007, la holding IPT a en effet affiché un déficit de 1,8 millions d'euros, plombée par ses filiales anglaises, malgré un chiffre d'affaires de 40 millions d'euros, en progression de 38 %. Les activités françaises du groupe avaient alors contribué à l'essentiel de la croissance, la part britannique connaissant un recul de ses ventes. Les filiales françaises avaient rapporté un chiffre d'affaires de 16,5 millions d'euros, assuré en grande partie par Directinet.

"Aujourd'hui, nous souhaitons donner les moyens à Directinet de poursuivre sa croissance sur le marché français de l'e-marketing", ajoute le nouveau président du conseil d'administration de la société. Une réflexion plus large sur les activités françaises du groupe (Direct Excellence possède également un concurrent de Directinet, NetCollections et le routeur multicanal NP6) est en cours et ne devrait pas être achevée avant le début de l'année 2009. Martin Kiersnowski ne cache pas cependant son désir de lancer de nouveaux produits, portant notamment sur d'autres leviers marketing que l'e-mail. Directinet devrait également mettre l'accent sur ses activités de fidélisation.
Les co-fondateurs de Directinet n'ont quant à eux pas terminé leur travail d'équipe. En attendant que ses associés terminent leur période de préavis, Jérôme Stioui indique déjà étudier quelques dossiers d'investissement en tant que business angels. "Nous avons également quelques idées de création d'entreprises qui ne concerneront pas le marketing direct", confie-t-il, ajoutant qu'aucun choix n'a encore été arrêté. Une chose est sûre : "nous avons envie de continuer à travailler ensemble".

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